Oui, Chouchou, je parle le grec ancien couramment. Si, si. Je ne l’ai pas appris à l’école puisque je n’ai fait que du latin, en langues mortes mais j’ai dû tomber dans le grec ancien un jour où je n’ai pas fait attention où je mettais les pieds car, soudainement, je me suis rendu compte que je parlais cette vieille langue de façon fluide. Par exemple, je peux te réciter un truc par cœur : Τὸ τετράγωνον τῆς ὑποτείνουσας ἑνὸς ὀρθογώνιου τριγώνου ἰσούται μὲ τὸ ἄθροισμα τῶν τετραγώνων τῶν δύο κάθετων πλευρῶν (ça se prononce Tò tetragônon tễs hypoteínousas henòs orthogốniou trigốnou isoútai mè tò áthroisma tỗn tetragốnôn tỗn dýo kátheton pleurỗn.) Quand tu écoutes bien ou si je te fais lire la phrase, tu as toutes les chances de pouvoir la comprendre. Je ne vais pas te faire un dessin, quand même. Allez, tu chercheras tout à l’heure, quand tu seras tout seul.

Comment cela a-t-il pu me tomber dessus ? Tu sais, il y a plein de choses inexplicables. Mes voies sont comme celles du Seigneur des Autres, elles sont parfois, souvent, tout le temps impénétrables. Ça dépend du contexte et de mon humeur réunis. C’est un peu comme quand on a découvert que j’avais un kyste hydatique à la rate. Je ne me la suis pas mise au court-bouillon car on peut très bien vivre avec, surtout qu’avec le temps, ça fait trente ans cette année, il a eu tendance à se dessécher un peu. C’est un truc qu’on attrape principalement en Afrique Sub-Saharienne. Et moi, le plus bas où je suis allé, en Afrique, c’est Ouarzazate, au Maroc, Abu Simbel, en Égypte et Tataouine en Tunisie, alors… Ça ne peut donc venir que d’un truc inexplicable. Voire surnaturel. Comme pour le grec ancien. Parfois, je crois que j’ai été habité. Et même pendant mes voyages à l’étranger.

J’aurais bien aimé pouvoir parler latin aussi bien que les autres langues que je maîtrise mais là, j’attends que ça vienne tout seul. Peut-être un jour… Je suis allé deux fois en Grèce, sur les sites antiques mais une seule fois à Rome et je n’y suis resté que 7 heures, comme le gigot du même nom. Peut-être devrais-je y retourner vraiment pour espérer être imprégné du latin ? Attends, chut !... Attends une seconde, je sens qu’il se passe quelque chose… Écoute voir… Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia ! Ce ne serait pas du latin, ça ? Et si j’essayais de voir si je peux passer du grec au latin ? Τὸ τετράγωνον τῆς ὑποτείνουσας ἑνὸς ὀρθογώνιου τριγώνου ἰσούται μὲ τὸ ἄθροισμα τῶν τετραγώνων τῶν δύο κάθετων πλευρῶν, ça donnerait « hypotenusae aequatur quadratis lateribus summam duorum quadratorum. » C’est ça, hein ? Tu vois, j’avais raison !