De χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, nos amitiés sont en partance ; de χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, la mort potence nos dulcinées…

C’est étrange comme tout le monde confond le 1er et le 2 novembre. Enfin non, personne ne se mélange les pinceaux au niveau des dates en elles-mêmes mais tout le monde se trompe quant à leur symbole. Le 1er, jour férié pour les autres (pas pour moi, j’ai travaillé cette nuit et ce matin), ce n’est pas la fête des morts mais la Toussaint, si je ne m’abuse. Bon, c’est vrai qu’en tant qu’apostat, la fête de tous les saints, quelque part, comment dire, eh bien, je m’en tamponne le coquillard. Oui, mais attention, juste un peu seulement. Parce que je respecte ceux qui sont croyants. Ce n’est pas parce que je n’aime pas ça que je dois (d’honneur ?) en dégoûter les autres.

De χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, les autres fleurs font ce qu’elles peuvent ; de χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, les hommes pleurent, les femmes pleuvent…

Oui, je disais donc, avant d’être interrompu par un représentant sournois de la classe religieuse et peut-être même intégriste, allez savoir, je disais donc, que d’aucuns se trompent en confondant le jour de la fête de tous les saints avec celui de la fête des morts. En même temps, comme disait Macron, les saints, normalement, ils sont tous morts, donc, c’est aussi leur fête. Et pour certains, ça a été vraiment leur fête car ils sont morts en martyrs. Alors pour ceux-là, d’accord, on peut confondre et les honorer trois fois : une aujourd’hui, une demain et une le jour où c’est leur fête officielle. Par exemple, les Daniel se fêtent le 1er et le 2 novembre ainsi que le 11 décembre.

De χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, à chaque fois plus solitaire ; de χρυσ-ανθεμον en χρυσ-ανθεμον, à chaque fois surnuméraire…

Et puis, et puis, et puis, le temps passe avec ses éternels retours des cimetières particulièrement fréquentés et fleuris et on y revient toujours à ce jour férié où on pense d’abord à la tristesse qu’on ressent vis-à-vis de nos chers disparus. On imagine toujours qu’il se doit de faire gris temps, ce jour-là. Imperméables et parapluies de rigueur. Ce sont les défunts qui doivent bien rigoler, de là-haut, en voyant tout ce tralala annuel. Oh pardon, j’avais oublié que j’étais apostat et que je ne croyais pas non plus en la vie éternelle, dans un quelconque au-delà, ni paradis, ni enfer. Ni fleurs, ni couronnes. Mais je suis un tout jeune apostat, j’ai des circonstances atténuantes, ça fait presque 59 ans que je suis dans le moule de ma religion de naissance.

De chrysanthèmes  en chrysanthèmes… chantait le grand Jacques Brel. Le nom de ces magnifiques fleurs vient du grec, χρυσ-ανθεμον, qui signifie : fleur d’or.