C'est écrit

21 mars 2019

un pas en arrière, deux pas en avant

Alors, Chouchou, tu viens m’aider à calculer le nombre de jours qui me restent ? Parce que là, je ne m’en sors plus. Oui, tiens, regarde, là, c’est la date officielle, le 31 mars mais comme ça tombe un dimanche, j’aurai dû partir la veille, le samedi 30. Mais comme j’ai pris une semaine de vacances, du 24 au 31, histoire de partir un peu plus tôt, là, regarde, ça a été validé et signé par mon patron, donc, normalement, dans deux jours, c’est la quille. Sauf que… Entre temps, la femme qui a été prise pour me remplacer s’est fracturé le poignet (quelle branleuse, quand on y pense !) et se trouve en arrêt de travail jusqu’au 21 avril et moi, le 21 avril, je serai loin. Oui, je serai parti loin et tout le monde me regrettera. Oui, tout le monde se dira que c’était une grosse bêtise que me faire partir. Mais bon…

Donc, comme Martine est en arrêt, c’est Virginie qui va la remplacer pour me remplacer, a décidé mon patron qui est en convalescence pour encore au moins un mois. Mais Virginie, on venait juste de lui demander de faire de la prospection de clients et alors, elle n’a pas dit non mais elle sera en vacances à partir du 22 avril et l’autre, là, avec son poignet sous attelle, va se retrouver toute  seule pour son premier jour de reprise. Toute seule sans trop savoir quoi ni comment faire. Alors, hier, mon patron qui est toujours alité et perfusé a demandé au nouveau responsable de nuit de venir avec moi pour que je lui apprenne mon boulot d’ici demain matin, soit pour deux jours. Oui, peut-être qu’il est très doué, le mec en question mais moi, j’ai, comme qui dirait, quelques doutes…

Alors, ce matin, je lui ai montré une partie de mon boulot mais bon, il ne faut pas se leurrer, pour une fois, je vais me sentir irremplaçable. Ça va cafouiller, forcément mais ça ne sera plus mon problème. En tout cas, jusqu’à ce matin, je pensais que j’allais devoir faire une semaine de plus, soit annuler mes vacances mais non, comme je n’ai aucun écho, je considère que je pars bien après-demain, samedi, aux alentours de 9h30 à tout casser, comme diraient les black-blocs. À moins que d’ici là, mon patron se réveille en sursaut et dans un moment de réelle lucidité, ne me demande de faire cette foutue semaine en plus. Voire un mois en plus. Voire un an en plus. Et puis quoi, encore ? Non, c’est décidé, cette fois, c’est sûr, je m’arrête samedi qui vient. Ou alors, le prochain. Qui sait ?

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20 mars 2019

un printemps de fleurs

Il est en avec les choses comme avec les êtres humains voire les animaux. Pourquoi en aime-t-on certaines et d’autres pas ? Et pourquoi certaines particulièrement plus que les autres ? Ce postulat vaut pour les fruits, les légumes et, ce dont je vais parler aujourd’hui, des fleurs. En ce jour de printemps, ça m’a semblé normal de les mettre en valeur.

Celles que j’aime ? Ma préférence va aux tulipes depuis que je suis tout petit, j’ai déjà raconté ce souvenir d’une seule fleur, dans la lumière d’une fin d’hiver, chez nous, majestueuse, tellement éclose qu’elle s’est fanée très vite, ensuite et ça m’est resté comme une madeleine de Proust. Et chaque année, j’en plante à l’automne pour les voir sortir de terre et fleurir à partir du mois de mars, signe du retour des beaux jours (a priori).

Ensuite, j’aime beaucoup les renoncules et les bégonias retombants. J’aime la touffe parfois volumineuse de ces derniers et j’aime les variétés de couleurs et la forme des premières. En revanche, des renoncules, je n’ai jamais pu en planter, ni en graines, ni en bulbes, ni en godets. Je n’ai toujours pas compris à quelle époque ça devait vraiment se faire. Mais je sais qu’un jour, j’en aurai sur ma terrasse, ça ne peut pas être autrement.

Sinon, les fleurs que j’aime, ce sont celles qui ne viennent pas de chez les fleuristes, qui sont sauvages, qui poussent où elles veulent, dans les bois, les sous-bois ou les champs ou encore sur les bas-côtés des chemins et des routes. En cela, j’ai une tendresse spéciale pour les coquelicots et je suis ravi de voir et savoir qu’ils sont revenus après une période où ils avaient tendance à avoir un peu disparu. Et j’espère qu’ils vont rester malgré l’état de la planète.

Et il reste des fleurs que j’aime bien, plein, plein, plein mais je ne peux pas toutes les citer car elles sont trop nombreuses, d’une part et parce qu’elles ne sont pas mes préférées, d’autre part. Et, pardon si je reviens sur elles, mais les renoncules, vraiment… En plus, ça rime avec tentacules et tu recules… Comme quoi, les fleurs, c’est bien de la poésie à l’état pur.

19 mars 2019

est-ce que c’est ça, devenir vieux ?

Je me demande si c’est ça, commencer à devenir vieux : ne plus être en phase avec ses congénères et principalement avec ceux qu’on trouve plus cons que génères. Parce que, hier, par exemple, dans le tram, j’ai été empêché de lire par ce que j’ai entendu de la bouche d’un jeune couple (de deux jeunes que j’ai supposés être en couple mais je peux me tromper) surtout quand le mec a dit à sa nana : « Tu vois, Machine, ce qui manque à Bordeaux, c’est un centre commercial comme celui des Rives d’Arcins (1) mais en plein centre-ville. » J’avoue que ça m’a littéralement stoppé dans ma lecture car j’ai trouvé ça un peu étrange, de sortir une telle ânerie. Parce qu’on a un centre commercial en plein centre-ville, c’est celui de Mériadeck avec l’hypermarché Auchan et plusieurs dizaines de boutiques toutes aussi peu originales que les autres vu qu’on les trouve dans tous les autres centres commerciaux et dans les rues de chaque centre-ville de chaque ville de partout.

« Mais il y a Mériadeck, en plein centre ! » a dit la nana au mec et là, je l’ai trouvée fort sympathique car elle a dit tout haut ce que j’avais pensé et comme j’ai jugé que ma réflexion était fort pertinente et intelligente, cette jeune femme a eu toute ma gratitude virtuelle. À part que je ne m’attendais pas à ce que son mec réplique aussi sottement (pour ne pas dire connement !) : « Oui mais non, à Mériadeck, oui, il y a le grand centre commercial mais si on ne trouve pas ce qu’on veut là-bas, il faut venir en ville et ça fait long pour marcher ! » Comment ça, long pour marcher ? En moins de dix minutes on arrive rue Ste Catherine, la plus grande rue commerçante d’Europe avec ses boutiques pas plus originales que dans n’importe quel contre commercial de n’importe quelle grande ville de n’importe où ailleurs. Et là, je me suis attendu à ce que la nana ressorte l’argument qu’il fallait à son mec, un truc pertinent et intelligent comme je l’avais pensé tout bas. J’ai un peu attendu.

J’ai un peu attendu mais pas si longtemps que ça, elle a fini par acquiescer en disant à son mec « C’est pas faux mais on peut prendre le tram pour revenir en ville, quand même ! » Bien sûr, si on part de ce principe-là, il n’y a plus aucun argument à opposer. Je suis sûr que ces deux-là doivent être du genre à prendre toujours les escalators côte-à-côte et ne surtout pas ni monter ni descendre car pourquoi se fatiguer quand une machine fait tout à votre place. Et là, je me suis dit que non, décidément, le fossé entre les jeunes générations et moi était en train de se creuser de plus en plus. Et là, soudain, je me suis senti vachement plus vieux que ce que j’avais toujours cru. J’ai dû prendre dix ans en les entendant dire leurs bêtises à ces deux jeunots. Oui, même elle. Car je l’ai trouvée alors nettement moins sympathique qu’auparavant. Et ce n’est pas (seulement) parce qu’elle n’était pas d’accord avec moi. Non, j’ai d’autres raisons de croire qu’elle n’était pas mieux que son mec.

(1) À Bègles, note du traducteur

18 mars 2019

mais oui, c'est d'une telle évidence !

Tout ne peut pas s’expliquer, dans la vie. Et encore moins quand il s’agit de sentiments. On aime ou on n’aime pas. On ressent des choses positives ou ce qu’on essaie de ne pas retenir, ce n’est que du négatif. On parle de réaction épidermique surtout quand on n’est dans l’antipathie : lui, je ne l’aime pas, dès que je le vois, je ne peux pas, je n’ai pas envie d’aller vers lui, j’ai juste envie qu’on s’ignore, qu’on échange rien pas même une poignée de mains. C’est ainsi et bien costauds sont ceux qui tenteront de faire revenir sur cette mauvaise impression première. C’est une espèce de loi de la nature humaine. Ce qui prouve bien que contrairement à ce que la religion catholique prône, tout n’est pas qu’amour, loin de là.

Et parfois, ça vous tombe dessus comme une évidence. C’est exactement la même chose, le même choc heureux que quand on tombe amoureux, que quand on a un coup de foudre sauf que là, on ne parle pas d’une relation amoureuse qui mène au sexe, la plupart du temps, non, on parle, je parle d’amitié. Ce sentiment tout aussi fort et toujours unique quand on découvre quelqu’un et que tout est implacablement logique (comme si les sentiments pouvaient entrer dans une quelconque logique !...) : parce que c’est toi et parce que c’est moi. Nous étions faits pour nous rencontrer, manifestement. Et, j’en ai eu la confirmation hier midi, chez ma cousine alors que nous étions douze à table. Et nous étions côte à côte.

J’en ai été ravi. Deux ou trois jours avant, j’ai appris qu’elle serait là et en venant, dans la voiture, avec le patron et le président, je leur en ai touché un mot : ça me ferait plaisir d’être à côté d’elle à table. Les autres, je m’en moque un peu. Mon vœu a été exaucé et c’était parfait comme ça. Nous avons pu parler un peu, nous avons ri et nous avons partagé un peu plus qu’un simple déjeuner entre amis et cousins-cousines. J’ai juste découvert que je faisais une faute en écrivant son prénom, depuis le 25 novembre (je me souviens de la date comme si c’était hier) alors, je vais faire amende honorable, avec un H, et me corriger immédiatement. Parce que cette amitié naissante compte déjà beaucoup pour moi. Et elle ne souffrira d’aucune erreur.

17 mars 2019

je n'ai pas une vie facile

Je n’ai pas une vie facile pour ne pas dire que j’ai une vie difficile. On est dimanche matin et à 6h30, j’ai déjà fait plusieurs choses (j’ai fait deux pipis, couler le café, mangé un morceau, écrit deux mails, parcouru une revue que j’avais presque terminée hier soir et pris un comprimé contre le mal de tête) et maintenant, je dois faire ma liste des menus jusqu’à jeudi prochain et, par voie de conséquence, ma liste de courses ad hoc (sauf que je ne prévois pas d’acheter du haddock, hein, qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions, s’il vous plaît, merci !)

Ensuite, je partirai faire mes courses en fonction de la liste que j’aurai établie et j’essaierai de me dépêcher car exceptionnellement, le patron m’attend à 9h30 pour la promenade dominicale des chiens, amen (et si je lance la baballe, ramène !) au lieu de 10h, je vais donc être chronométré plus que d’habitude, ce matin. Là, nous aurons un temps imparti de quarante-cinq minutes pour aller nous balader avec les deux en laisse mais pas tout le temps car nous les lâchons pour qu’ils puissent courir un peu, eux aussi, il n’y a pas de raison que ça ne soit que moi.

Après ça, je reviendrai chez moi avec le patron, une fois n’est pas coutume et là, je me changerai (parce que je me serai déjà rasé et douché après avoir écrit ce billet, juste avant ou juste après avoir établi mes listes de menus et de courses) pour que nous puissions prendre la route pour nous rendre chez ma cousine, tous les trois (le président en est, lui aussi) où là, un déjeuner d’une dizaine de personnes (voire d’amis mais pas forcément tous) nous attend et nous allons manger, boire, parler parfois fort, rire, critiquer, bâiller, faire d’autres pipis…

Vers 16h, il faudra penser à revenir car nous avons une bonne heure de route et surtout pour le patron qui se sera inquiété pour Claude, resté tout seul chez eux et moi, je me serai inquiété pour le patron qui se sera inquiété pour Claude et nous essaierons de rentrer de bonne heure pour que Claude puisse sortir accompagné. Les chiens nous feront la fête et moi, je serai content, ensuite, de rentrer chez moi et de me poser un peu et de respirer un peu moins vite. Voire plus lentement. C’est pour ça que je dis que je n’ai pas une vie facile. Objectivement.  

Comment vais-je gérer ça, une fois que j’aurai terminé mon CDI là où je suis embauché depuis 14 ans pile poil, demain, le 18 mars ? En effet, là, je suis toujours un peu à la course mais après, dans une semaine ou quinze jours peut-être dans un mois (non, je plaisante, pas dans un mois, surtout pas), serai-je toujours en train de courir après la montre ? J’espère que non mais m’empêcher d’être toujours à faire plusieurs choses à la fois, c’est comme demander à un chien de ne pas remuer la queue, quand il est content, je sens que je vais avoir du mal.


16 mars 2019

Gilles et John (acte encore)

Bon, John, tu t’es préparé pour la grande manif de cet après-m’ ?

Oui, Gilles et comme on nous a dit de dire, aujourd’hui, c’est l’ultimatum. Je ne sais pas ce que ça veut dire mais je pense que c’est bien pour nous, ça, l’ultimatum.

John, ça veut que c’est la dernière fois qu’on demande, après, on castagne.

Mais, on n’a pas déjà commencé à castagner ?

Si, mais avant, c’était sans ultimatum, ce n’était pas la dernière fois qu’on demandait avant de tout casser.

Ah d’accord, c’est plus clair, maintenant, heureusement que tu es là, Gilles.

T’es con.

Je sais.

 

Rassure-moi, Gilles, t’as pas répondu au Grand débat, toi, quand même ?

T’es vraiment con, toi, pourquoi veux-tu que j’aille sur le Grand débat, j’en ai rien à foutre, du Grand débat, Macron, il peut se le carrer où je pense.

Oui, je sais mais t’es même pas allé voir comment c’était foutu ?

Non, m’intéresse pas.

Moi, j’ai une collègue, qui y est allée et elle m’a dit que c’était vachement compliqué les questions et que c’était fait exprès pour pas qu’on vienne, nous, gilets jaunes et casseurs réunis. Tu comprends, comme on n’y comprend rien, c’est forcément une grosse enculade.

Ça m’étonnerait pas. C’est pour ça que j’ai pas voulu y aller, je pense que ça servira à rien, ce qu’on veut, nous, c’est que l’autre, là, il réponde à nos revendications. Un point c’est tout.

 

Gilles, il paraît qu’on va se grouper avec les gens qui viennent manifester pour l’écologie, le climat, un truc comme ça, quoi…

Je sais, John. J’ai même entendu dire qu’on se grouper pour faire plus nombreux.

Mais on va pouvoir castagner, s’ils sont avec nous, ces gens-là qui en ont rien à foutre de rien casser ?

Oui, tant fais pas, au début, on va être groupé, le temps de compter un maximum de personnes et ensuite, chacun pour sa gueule, comme d’habitude.

Je sais pas trop comment on va faire, on n’aura pas les mêmes slogans.

On leur arrachera leurs banderoles, s’y a que ça.

 

Putain, John, je viens d’entendre qu’il y a une dame, à Bordeaux, une marchande de bijoux, qui est obligé de fermer sa boutique à cause de nous.

Pourquoi, elle peur qu’on vienne lui piquer des boucles d’oreilles ? On n’est pas des pédés, nous !

Non, c’est parce qu’elle s’en sort plus, ça fait trop de samedis où elle n’a plus de clients et comme en semaine non plus…

En semaine, c’est pas à cause de nous, faut pas exagérer, non plus.

Oui mais bon, la pauvre, si ça se trouve, elle est pauvre, justement.

Elle avait qu’à venir nous rejoindre.

Elle aurait pas été plus riche, si ?

Non, mais elle aurait pas été toute seule. Et ça l’aurait occupée, de venir manifester.

 

Gilles, je reviens à cette histoire d’ultimatum, si on t’avait demandé si t’étais pour ou contre, t’aurais répondu quoi ?

Pour ou contre quoi, John ?

Pour ou contre l’ultimatum, tiens !

J’aurais pas été voter.

Pourquoi ?

Parce que si ça vient pas de nous, c’est pas la démocratie.

Mais c’est un chef gilet jaune et casseur réunis, qui l’a proposé !

Y a pas de chef, chez nous, les gilets jaunes et casseurs réunis. On n’a pas besoin de chef, on se suffit à nous-mêmes.

C’est quand même quelqu’un de chez nous !

Non, si ça vient pas de quelqu’un qui est dans la rue ou sur un rond-point, ça vaut pas, ça vaut rien. La démocratie, c’est nous et personne d’autre.

15 mars 2019

peut-être rien, aujourd'hui

Oui, si ça se trouve, peut-être n’y aura-t-il rien, aujourd’hui. J’ai décidé de bouder et de rester fermé. Fermé au monde qui m’entoure et aux autres. Et à ceux qui l’habitent. Parce que je suis un peu las. J’aurais pu être là-bas mais comme je suis seulement las, forcément… Parce que je viens d’apprendre que je vais sans doute devoir faire une semaine de plus et non pas partir le 23 mars, comme prévu mais le 30. Ça veut donc dire que la dernière semaine, que j’avais posée en congés payés, il faut que je la fasse sauter. Même si on va me la compter dans mon dernier bulletin de salaire, il n’empêche que pour quelqu’un qui n’est pas parti depuis septembre, ça commence à tirer.

À propos de tirer, Chouchou, t’es où ? Encore une fois, je ne t’ai pas surveillé et tu parti au diable vauvert ou à Auvers-sur-Oise puisqu’on a parlé de la tombe de Vincent Van Gogh, l’autre jour, ensemble. Bon, si tu m’entends, sache que j’ai besoin que tu reviennes le plus vite possible car je pense que c’est toi qui va assurer la dernière ou les deux dernières semaines de ma carrière professionnelle chez ce mareyeur qui m’embauche depuis 14 ans, désormais. Parce que je ne m’en sens vraiment pas le courage. Parce que je n’en puis vraiment plus de me lever à 2h du matin. Oui, bon, j’exagère, le réveil sonne à 2h10 mais à ce niveau-là, je ne vois pas trop la différence.

Ça m’embête de ne plus y aller, au boulot, pour ce temps (objectivement court) qui me reste à faire, non pas pour le boulot que pour les collègues, du moins, certains, une grosse poignée sans qui je pense que je serais déjà parti me faire voir ailleurs depuis belle lurette. Donc, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, avec ce temps gris et humide, avec ce que je viens d’apprendre, avec mon coup de fatigue quotidien, je n’ai guère d’inspiration pour écrire quoi que ce soit et je pense donc que je vais me faire porter pâle. Si Chouchou revient, c’est lui qui écrire le billet qui ira peut-être bien. Ou pas. Moi, quelque part, là, à l’instant T, je m’en… je m’en fous un peu, à vrai dire. C’est tout.

14 mars 2019

un peu comme une hécatombe

Il y a une espèce de série noire, en ce moment, un peu comme une hécatombe. Principalement à mon travail et aussi un peu chez moi. Au boulot, ça a commencé par mon patron, mon nouveau directeur depuis le mois de septembre, celui avec qui j’ai « négocié » mon départ en forme de rupture conventionnelle. Il est parti en vacances pendant un peu plus de trois semaines pendant les fêtes de fin de l’année dernière (alors que c’est interdit, normalement, dans la boîte, ouh les cornes au patron qui ne montre pas le bon exemple !) et il est revenu des îles lointaines avec des douleurs au ventre et au côlon. Et il a fini par se faire opérer d’une péritonite, il y a deux semaines et il a fait une infection et une hémorragie par-dessus et là, il va être absent pour environ deux mois.

Martine à la plage, non, Martine au travail, celle qui est censée me remplacer est arrêtée depuis le début de la semaine car samedi dernier, elle a absolument voulu tirer le très lourd portail de l’enceinte de là où nous bossons et vu son petit gabarit, je lui ai dit que non, elle pouvait le laisser ouvert, elle n’aurait pas la force que moi j’ai quand même, malgré le fait que je sois baraqué comme un flan et ni une, ni deux, elle est tombée par terre (ce n’était pas la faute à Voltaire) sur le cul (était-ce la faute à Landru ?) et sur les mains (c’est la faute à Madelin !) et finalement, elle est arrêtée jusqu’au 21 avril, date qui va au-delà de sa période d’essai. Bref, dans huit jours, je quitte l’entreprise sans avoir eu le temps de la former. Juste de la déformer au niveau du poignet qui est fracturé.

Et moi, chez moi, j’ai un problème avec mon vieux PC qui est en train de devenir un peu dépendant à force de travailler comme un bagnard, qui est en train d’oublier des choses, qui est en train de planter quand il n’en peut plus et il en faut peu pour qu’il n’en puisse plus. Alors, j’en ai acheté un plus jeune, totalement neuf et une fois déballé, je n’en ai plus voulu car il n’avait pas le lecteur CD intégré comme annoncé dans le descriptif. Et là, je suis revenu vers mon vieux Toshiba et j’ai bien vu qu’il avait eu de la peine que je le laisse tomber pour un plus jeune. J’ai bien vu qu’il avait l’écran humide comme s’il avait pleuré ou comme s’il allait le faire. Je lui ai expliqué que je ne laisserai pas tomber, il restera mon chouchou, en PC de secours. Mais bon, il reste fragile, lui aussi. Je dois le ménager dans l’immédiat.

13 mars 2019

pourquoi tant de N ?

C’est vrai, ça, pourquoi dans de N dans le mot migrainnnnnnnnnnne ?

J’ai toujours été migraineux, au point que je pense même avoir été un graineux intégral pour ne pas dire intégriste, pendant près de quarante ans et depuis quelques (petites) annnnnées, ça avait fini par presque disparaître hormis quelques crises ponctuelles pour ne pas dire résiduelles. Comme juste pour me rappeler que ça a été une grande partie de ma vie. Un peu comme un ou une ex dont on a des nouvelles de temps en temps mais là, qu’on n’est pas forcément ravi d’entendre. « Tu n’es pas obligée de m’appeler, tu sais ? Je peux très bien vivre sans toi, sois tranquille… »

Mais là, depuis quelques semainnnnes, elle semble vouloir se remettre avec moi celle dont j’étais si heureux de me croire débarrassé. Elle a retrouvé ma nouvelle adresse. Ça fait trois ans que j’ai déménagé et elle a découvert où j’habitais désormais et allez savoir si elle ne se plaît pas chez moi. Elle fait peut-être semblant de ne venir que de temps en temps mais c’est pour mieux s’installer dès que je baisserai la garde ou que j’aurai la tête tournée. Car elle est sournnnoise, la garce. C’est la reine des squats. Elle vient et elle ne vous lâche plus et elle vous use, vous vide et vous épuise.

J’ai tendance à penser que mes douleurs sont dues à mon arthrose cervicale et aux tensions que j’ai dans les trapèzes à cause de mes mauvaises postures en génnnnéral mais non, si ça se trouve, c’est elle qui passe par mes épaules et ma nuque pour mieux entrer en moi, pour mieux me pénétrer et moi, par derrière, je ne vois rien vennnnir, je suis obligé de me rendre à ses évidences. Elle est encore là. Elle s’est déguisée en douleurs du haut du dos pour mieux m’avoir. Et moi, j’attends que ça passe, je n’ai pas le choix, elle est plus forte que moi, cette grosse connnnnasse. Désolé, mais ça me fait du bien.

Alors je le demande une dernière fois, pourquoi tant de N dans le mot migrainnnnnnnnnnne ?

12 mars 2019

peut-on être drôle sans le savoir ?

À quelqu’un comme moi qui est toujours en train de dire des bêtises, qui serait prêt à tuer père et mère pour faire un bon mot qui se veut d’esprit et qui a toujours le sens de la répartie même pour les calembours les plus douteux, on peut demander si on peut être drôle sans le vouloir et sans le savoir.

J’ai envie de répondre oui et pour illustrer mon propos, je vais prendre trois ou quatre exemples pris au hasard de l’actualité de ces soixante dernières années. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit « trois ou quatre exemples » alors que je sais pertinemment qu’il n’y en aura que trois. Parce que je me connais un peu comme si je m’étais fait et sur les doigts de toutes mes mains. Oui, parce que j’en ai plusieurs, déjà rien que ça, c’est assez incroyable, non ? Bref, si je prends, comme premier exemple, Abdelaziz Bouteflika, c’est quand même le seul chef d’état qui est capable de raconter des histoires à mourir de rire. La preuve ? Essayez seulement de lui demander, vous verrez s’il vous répond.

Le deuxième exemple, c’est mon chouchou du moment : Nicolas Dupont-Teigneux, non, pardon, Dupont-Gnangnan qui finit par me faire rire, ce qui est bien involontaire de sa part puisqu’en temps normal, il aurait tendance à m’énerver au plus haut point. Mais quand on l’entend sortir des bêtises plus grosses que lui, on ne peut pas faire autrement que s’interroger : il a dû virer de bord et quitter la politique sans qu’on s’en aperçoive et il s’est recyclé dans le only-one-man-show (spectacle de celui qui est vraiment seul) et il nous sort des vannes qui, si on n’y prête pas plus attention que ça, ne sont pas drôles mais après y avoir réfléchi a minima, oui, on peut s’esclaffer.

Le dernier exemple que j’ai envie de citer (parce qu’il m’en faut impérativement trois, sinon, je risque de faire un malaise, je vous jure que c’est vrai !...), j’ai pensé à Laeticia Hallyday parce que, tous comptes faits, elle est marrante, surtout quand elle ne réclame rien. Pas même des droits d’auteur. Mais on peut l’imaginer en Picsou à jupons qui courrait après des pièces, des lingots et autres objets de valeur. Vivre en dessous de ses moyens ? Vous n’y pensez pas. Elle-même vous le dirait aussitôt : « Devenir pauvre ? Brrrr, ça me fait froid dans le dos de mon défunt mari. J’en jaunis à l’idée. » Oui, c’est vrai, celle-là, elle est de moi, pas d’elle. Mais elle aurait pu la faire. Elle aurait dû, même.

Voilà. Je ne sais pas ce que vaut ma démonstration. Quand on a dormi trois heures en début de semaine qui est l’avant-dernière de ma carrière professionnelle, on a peut-être le droit de ne pas être très pointu dans l’humour. Moi aussi, j’ai le droit d’avoir mes petites faiblesses. Je le revendique.