C'est écrit

16 décembre 2017

adoption

Je suis presque prêt. Je suis changé, vêtu de vêtements pas encore portés parce que là, c’est enfin le week-end pour moi. Et parce que tout à l’heure, je vais faire une rencontre importante. Sans doute importante. Je vais rencontrer Sherpa. Un Lhassa Apso. D’un an et demi, je crois. Encore un gamin, quoi. Je vais faire sa connaissance et le ramener en voiture. Le sortir de là où il est « enfermé » depuis un certain temps. Et ensuite, pour lui, ça sera sans doute un monde meilleur. Je l’espère.

Oui, je vais à la SPA de Mérignac et je vais récupérer un jeune chien qui n’attendait que ça, que quelqu’un vienne, croise son regard et décide de le prendre. Ça s’est passé cette semaine et aujourd’hui, c’est le jour J. C’est la première fois que je vais faire ça. Je ne sais pas ce qui va se passer dans sa tête, à ce jeune animal mais il va vite se rendre compte qu’il sera mieux là où il va aller que là où il survit. A-t-il été abandonné ou retiré à ses précédents maîtres ? J’en saurai peut-être un peu plus tout à l’heure.

En tout cas, la rencontre avec Kali, qui vient de là-bas, elle aussi, s’est bien passée, il y a trois jours de cela. Reste à savoir si ces deux-là vont continuer de s’entendre quand ils seront arrivés chez elle car, rue Cabirol, on peut dire que c’est chez elle. Plus que chez ses maîtres. Il n’y a pas de raison. De toute façon, elle s’ennuie, elle, depuis trois, quatre semaines où elle se retrouve toute seule. Depuis qu’Alfie est parti. Alors, elle va pouvoir jouer à la maman avec Sherpa. Ou à la couguar.

Elle doit avoir un an de plus que lui et pour les chiens, un an, ça compte. On dit que ça correspond à environ sept de nos années, à nous les humains. Et moi, je vais là-bas pour accompagner le patron car ce serait bien qu’au retour, Sherpa soit avec quelqu’un pas loin de lui, quand il sera dans le coffre de cette voiture inconnue avec deux humains tout aussi inconnus. Faire tout ce qu’il faut pour qu’il ne soit pas stressé. Pour qu’il se sente le mieux du monde.

Ça doit être très étrange, dans la tête d’un chien, jeune ou vieux, de changer de vie, comme ça, brutalement. Comprendra-t-il rapidement qu’il ne pourra qu’être heureux, là ou sera-t-il désorienté ? On sait que les chiens aiment les habitudes et là, on va sacrément bousculer les siennes. Je suis un peu impressionné d’aller là-bas, même en tant que simple « chauffeur » parce que je pense qu’à sa place, je serais très intimidé. Mais on va lui dire et lui montrer que tout va bien se passer. 


15 décembre 2017

hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. Cette phrase m’est revenue en tête soudainement alors que j’étais en train de revenir d’en ville. J’ai vaqué à deux ou trois petites affaires et j’ai repris le livre que je suis en train de lire pour le tram du retour et là, soudain, à peine entré chez moi ; à peine le parapluie déposé dans une bassine dans l’entrée ; à peine me suis-je changé de vêtements : troquer ceux que j’avais mis pour ma sortie et ceux que j’ai remis pour être à l’aise chez moi ; à peine le temps de grignoter un petit quatre heures même s’il était déjà quatre heures et plus de vingt minutes ; à peine le temps de faire deux SMS dont un d’anniversaire que cette phrase m’est apparue. Comme ça. En pleine figure. En pleins neurones.

Hâte-toi de bien vivre. Ça, je sais faire. Surtout le « hâte-toi » car le « bien vivre », c’est moins souvent le cas, globalement. Je suis un mec banal, ordinairement banal. Je vis bien, parfois mais régulièrement, j’ai des doutes, des hésitations, des moments de découragement, des moments où j’ai presque envie d’abdiquer, de donner mon corps à qui le veut et mon esprit à la science. Mais bon, il y a tellement pire que moi que j’aurais mauvaise grâce de me plaindre éternellement. À la place, au lieu d’être une victime, je ronchonne, je râle, je peste. Je montre les dents et parfois je mords. Je peux aussi faire dans l’ironie. Bien sentie. Alors voilà, ça, c’est ma vie. Une vie de hauts et de bas et au milieu, plein de moments intermédiaires.

Hâte-toi. Ça, pour me hâter, je me hâte. Je me hâte le matin, je me hâte à midi et je me hâte le soir. Je suis toujours en train de courir. Du coup, j’aurais pu être l’auteur de ces deux mots de début de citation. Et songe que chaque jour est à lui seul une vie. Mais qui a écrit ça, bon sang ? J’ai son nom sur le bout du bout de mes lèvres. Il me semble que ça commence par un S, comme moi… Attendez : Sénèque ! Oui, c’est lui. C’est Sénèque (4 av. J.C. – 65 ap. J.C.) Non, je plaisante. Enfin, si, c’est bien de Sénèque mais non, ça ne m’est pas venu comme ça, cette phrase. C’est écrit sur une carte que j’ai reçue tout à l’heure. Pour mon anniversaire passé. Comme quoi, le facteur, il a mis six jours pour la faire arriver jusqu’à moi. Il ferait bien d’apprendre à se hâter. De bien vivre…

14 décembre 2017

pendant que l'eau bout, d'autres eaux passent sous des ponts

Pendant que l’eau bout, je pense que je vais aller prendre ma douche. Celle d’avant une visite chez le médecin car quand on va voir son docteur préféré, il est d’usage d’être impeccable et irréprochable. Niveau hygiène et présentation. Et il faut juste que je ne me trompe pas. C’est vrai, ça, si je mets les 3 pommes de terre sous le pommeau de la colonne de douche et que je me glisse dans la casserole d’eau bouillante, ça n’aura pas l’effet escompté. Et en plus, je risque de me brûler les ailes. Et les pommes de terre, je ne suis pas sûr qu’elles y trouvent leur compte, de se voir shampouiner et tout le toutim. Elles ne savent pas ce que c’est que se faire bichonner. Que se faire toiletter.

Pendant que l’eau bout, le vent souffle sur la terrasse. Le soleil semble même en avoir eu marre, lui aussi car depuis tout à l’heure, alors qu’il brillait avant midi, là, il a disparu. Il s’est fait la malle pour aller voir ailleurs s’il y était. Parce que l’herbe est toujours plus verte chez les voisins et si elle est plus verte, l’herbe, c’est que le soleil y est pour beaucoup. Tout autant que la pluie. Alors moi, je me dis que pour être encore un peu vert, je vais aller prendre une averse sous la douche. Sans parapluie. Sans petit coin de paradis car ce n’est pas le jour. J’ai des rendez-vous importants, toute l’après-midi. Et ce soir, j’ai rendez-vous avec la lune. Je vais remplacer le soleil. À ma manière.

Pendant que l’eau bout, d’autre eau passe sous les ponts, comme la Seine sous le Mirabeau et comme la Garonne sous celui en Pierre. Et sur ces pierres, elle a bâti son lit et comme elle fait son lit, elle se couche. À n’importe quelle heure. Un peu comme moi, les jours où je n’en peux plus trop. Où je n’en peux plus beaucoup. Plus passionnément. Plus du tout. Je ne sais pas si je vais me laver la tête, je n’ai pas eu d’arrière-pensées, depuis quelques temps. Je me sens propre dedans. Il ne me reste que l’extérieur à ravaler a minima. Je vais y aller tout de suite car sinon, l’eau aura bouilli avant que moi, je sois lavé, changé, prêt à partir en ville. Avec ce que je ne dois pas oublier de faire. 

13 décembre 2017

absolution, dissolution, résolution, amen

Hier, en écrivant le paragraphe 2 de mon billet, qui en comportait 7 (c’est bien de le dire car personne ne l’avait remarqué, j’en suis sûr), j’ai utilisé le verbe absous au participe passé et je ne me suis posé aucune question car je n’ai eu aucun doute quant à sa forme grammaticale. Idem pour l’orthographe. Moi, Stéphane G., je suis absous avec un « s » à la fin car je suis plusieurs dans ma tête, tout le monde le sait, jusque-là, rien que de très normal.

Non, en revanche, dans la soirée, je me suis mis à me demander comment j’aurais écrit ma phrase si j’avais été une nana. J’ai spontanément eu envie de me dire que j’aurais été absoute mais en même temps, cette fois-là, j’ai été envahi de doute. Et ça m’a obsédé même au moment de me coucher et encore pire, à 2h55, quand je me suis levé, cette nuit. Est-ce que j’aurais vraiment été absoute si j’avais été de l’autre sexe ? Si ça se trouve, j’aurais pu être absouse sans le savoir.

Ma première intuition est souvent la bonne, en orthographe et en grammaire mais parfois, avec le temps, comme tout s’en va même les plus chouettes souvenirs d’école, époque bénie où je raflais tous les prix d’excellence mais il peut m’arriver de ne plus savoir sur quel pied danser. Heureusement que je ne suis pas unijambiste, sinon, je me casserais souvent la gueule. Et alors, je n’ai pas cinquante nuances de solutions : consulter un de mes nombreux dictionnaires ou Internet.

Et là, j’ai enfin trouvé la validation de ce que j’avais d’abord pensé et qui était juste depuis le départ : si j’avais été une femme, j’aurais peut-être été une couguar mais j’aurais surtout été absoute. Et ça, ça n’est pas rien. Mais j’ai voulu en savoir plus. Il n’y a rien d’étonnant à ça, ceux qui me connaissent le savent que je suis comme ça, je suis d’une curiosité jamais satisfaite. Mais pas une curiosité malsaine, non, c’est juste que j’ai d’en savoir toujours plus, de comprendre.

Alors, je me suis intéressé de très, très près au verbe absoudre, principalement dans sa forme passive. Et là, j’ai découvert quelque chose qui m’a stupéfait et je me suis d’ailleurs écrié : « C’est stupéfiant ! » C’est dire que je ne vous mens pas quand je vous dis que j’ai été stupéfait.  Parce que jadis et sans doute naguère, le participe passé du verbe absoudre, ce n’était pas absous, absoute mais, tenez-vous bien, c’était… C’était absolu. C’est dingue, non ?

Ensuite, j’ai cherché d’autres verbes qui se conjuguaient comme absoudre. Et le premier qui m’est venu à l’esprit, c’est dissoudre. Peut-être résoudre, aussi. Et là, j’ai vérifié comment ils participaient à leur passé : dissolu pour le premier et résolu pour le second. Donc, l’analogie avec absoudre existe bel et bien sauf que de nos jours, on ne dit plus absolu mais absous, absoute. Le pire, c’est que je n’étais pas au bout de mes surprises. Non, non, loin de là.

Parce que dans un autre jadis d’antan, on pouvait dire qu’on était absolu, quand on est absous aujourd’hui mais on pouvait aussi dire résous au lieu de résolu même si ce n’est plus guère utilisé. Mais on ne peut pas dire dissolu pour dissoudre. Enfin, je ne crois pas. En tout cas, le pompon du pompon, c’est qu’absoudre et dissoudre n’ont pas de passé simple ni d’imparfait du subjonctif. Et ça, c’est terrible. Surtout pour eux car moi, je peux bien vivre sans ça. Mais eux ?

12 décembre 2017

un petit coup à droite

C’est vrai que je ne me suis pas beaucoup foulé, ces derniers jours, en termes d’écriture, dans mon blog. Non pas que je me sois lassé mais tout simplement, pourquoi serai-je le seul à en faire, des efforts ? Alors, ma foi, comme c’était mon week-end d’anniversaire, je me suis dit que tant qu’à faire, pour une fois, autant en faire un peu moins. Comme ça, ça, c’est fait et maintenant, je peux vraiment, mais vraiment passer à autre chose. Enfin…

Je pourrais parler de l’élection de Laurent Wauquiez, gagnant haut la main mais il faut qu’il fasse attention car selon comment il lève la main, ça peut faire penser au salut de certains nationalistes allemands de la première moitié du vingtième siècle. Pardon ! Je me suis encore laissé aller à dire du mal. Et ce n’est pas parce que j’ai enrobe le tout dans peu de vocabulaire édulcoré que je suis absous ni exempt d’un peu d’empathie avec autrui.

Bon, Wauquiez, qu’est-ce que je pourrais dire sur lui qui ne soit pas une vacherie ? Ah oui, tiens : au Scrabble, son nom rapporte 32 points à lui tout seul plus le bonus de 50 points pour avoir mis toutes les lettres et les points de l’autre mot auquel on l’accole car il comporte huit lettres alors qu’on en tire que sept. Ça va, ça ? En même temps, c’est peut-être la seule chose qu’il ne rapportera jamais réellement : 32 points + 50 = 82 points, au bas mot.

Ce qui est un peu dérangeant, c’est cette homophonie entre Laurent Wauquiez et Laurent Ruquier. L’un est homo et l’autre, homophone tout en étant plus tendance homophobe que partisan de toutes ces grosses tapioles qui fréquentent le Marais. Oups ! Désolé, ça m’a encore échappé... Leur seul point commun, c’est leur prénom mais c’est bien tout, il me semble, non ? L’un a de l’esprit et l’autre a fait campagne pour devenir président des Républicains.

En réalité, je m’en fous de son élection. Je n’ai pas voté. Parce que je n’en avais pas le droit. Parce que je ne suis pas à jour de mes cotisations au parti des Républicains. Parce que je ne suis pas membre. Et parce que je ne suis pas vraiment de droite. C’est un euphémisme. Alors, qu’il ait gagné, c’est marrant mais ça me fait moins peur que prévu. Je pense qu’il ne sera qu’un petit chefaillon, un chef de petit service. À moyen terme, ça ne servira pas à grand-chose.

Sinon, à propos de droite. Il paraît que quand deux personnes s’embrassent avec la langue, elles penchent toutes les deux la tête vers la droite (heureusement qu’elles vont du même côté, en même temps…) et ce, à 64.50% selon une étude de 2003, étude corroborée par l’Université de Saskatchewan, au Canada. Alors, il paraît que c’est surtout parce que, culturellement parlant, comme ces deux tiers de l’humanité écrivent de gauche à droite…

Ce serait donc un mouvement naturel que de pencher la tête vers la droite. Mais ça peut aussi être comme l’arbre qui cache la forêt : la tête à droite et donc, le cœur à gauche. Ce n’est pas mal, ça. Oui, je crois que je vais valider ça. Et oublier un peu que Laurent Wauquiez ne fait peur qu’à… À qui, au fait ? Tiens, ça oui, c’est une bonne question. Je me félicite de l’avoir posée. Surtout que ce n’est pas forcément à moi d’y apporter une réponse. 


11 décembre 2017

souterrain

Finalement, il sera bel et bien enterré et n’a jamais vraiment demandé d’être incinéré. La preuve ? Cette chanson prémonitoire extraite d’un 45 tours de 1961 : Une poignée de terre, démontre bien les intentions de notre rockeur pas encore mort à l’époque.

une poignée de terre

Bon, maintenant, ça suffit, Stéphane. Ton mauvais esprit, on commence à en avoir marre. Ce n’est pas moi qui ai commencé et c’est celui qui le dit qui l’est. S’ils arrêtent, j’arrête. 

10 décembre 2017

baroud d'honneur

Bon, puisque son cercueil a quitté la France, on va lui rendre un dernier hommage, pas du tout national, celui-ci, cette fois et après, je propose qu’on n’en parle plus pendant un certain temps parce que là, bon, ça va, quoi, non ?

J’ai juste deux ou trois choses à préciser vu que j’ai pu passer pour un mauvais français qui n’a pas été plus ému que ça à l’annonce de la mort de qui vous savez et qui n’a pas regardé l’hommage populaire que le pays, qu’une partie du pays lui a rendu hier et qui n’est pas resté sur Paris non plus au lieu de s’y rendre et de participer car l’important, c’est bien de participer, comme on dit mais là, merci, sans façon. Y a pas de quoi, allez, au revoir et merci pour tout mais pas plus quoi. En tout cas, en ce qui me concerne. Non, là, j’ai vraiment ma dose pour plusieurs années. C’est ce que j’aimerais vraiment. Qu’on respecte aussi ceux qui n’en peuvent plus.

Je n’aimais pas Johnny quand j’étais petit, dans les années 60 car pour moi, petit enfant sage et modèle, c’était un sauvage qui ne faisait que crier et ça me faisait peur. Je l’ai enfin apprécié quand il a été tiré vers le haut dans sa période Nathalie Baye and Co mais bon, après, comme c’était devenu une institution, il faisait partie de ma vie malgré moi. Sauf que je l’ai de nouveau détesté… non, ce n’était pas de la détestation mais de l’agacement de le voir omniprésent dans les médias depuis quinze ans et pas toujours pour les bonnes raisons.

Je l’ai même vu sur scène en 88, je crois. Je reconnais avoir passé une super soirée mais j’ai continué de ne pas être fan et voilà. Maintenant, je me dis qu’on pourrait peut-être passer à autre chose. Et loin de moi de vouloir critiquer, je ne tire ni sur les ambulances ni sur les corbillards mais là, j’aimerais juste qu’on revienne un peu sur terre et qu’on fasse la part des choses et la part des gens. La France a eu son compte d’unité, les médias sont repus, on attend leur gros rototo et après, une bonne grosse hibernation et le tour sera joué.

Sauf que… Sauf que je me demande pourquoi il va se faire enterrer là-bas, dans les îles, le Johnny national des autres que moi. Parce que j’ai toujours pensé qu’il voulait se faire incinérer, moi. Depuis le temps qu’il hurle qu’il faut allumer le feu, on aurait pu respecter cette volonté-là. 

09 décembre 2017

hommage à que coucou

Johnny Hallyday reprend un ancien succès, particulièrement de circonstance

Johnny      et sans rancune, évidemment...

Posté par sibal33 à 04:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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08 décembre 2017

en train de quoi ?

Au moment où ce billet aura été publié depuis environ trois heures trente, je serai confortablement assis dans un TGV pour me rendre à Paris, juste un aller et retour, ça s’en va et ça revient, à toute berzingue, pas même le temps de prendre le temps. Juste comme ça. Histoire de m’offrir le luxe d’avoir deux fois deux heures de tranquillité (si tout se passe bien) dans un wagon 1ère classe avec deux livres et une recharge de paupières qui pourront se baisser pour que je ferme les yeux pour un instant, une heure, une petite éternité. Mon hypnothérapeute m’avait conseillé de m’octroyer des moments rien qu’à moi sans aucun but précis comme de marcher comme ça, au gré du vent et la fleur au fusil ou de me poser quelque part, sur un banc, au soleil avec un livre.

La météo ne s’y prêtant pas, j’ai préféré oublier le banc et le soleil a lui-même choisi de prendre ses quartiers pour faire comme la lune. Alors, après avoir un peu réfléchi devant le miroir de ma conscience et de ma mauvaise foi, j’ai voté pour un voyage à Paris en moins de 24 heures, nuit d’hôtel comprise. Et là, pendant que je serai dans le TGV, ce n’est pas moi qui irai plus vite que la musique. Ce n’est pas moi qui courrai après les chimères du temps qui manque mais qui passe. Ce n’est pas moi qui penserai à autre chose qu’à mon bon plaisir. Je serai le roi en mon royaume, celui de me laisser porter par les événements. C’est un jour que je me paie en remerciements pour services. Ont-ils seulement été bons et loyaux ? Je garde la réponse pour moi.

Ça m’amuse d’écrire par anticipation. Parce que, qui sait, si ça se trouve, demain, je ne serai peut-être pas du tout en route pour Paris. Vu que je dois arriver à Montparnasse, si ça se trouve, un nouveau bug et hop ! Me voilà bloqué à Bordeaux et là, la question qui se posera, c’est la suivante : dois-je rentrer chez moi ou prendre un hôtel près de la gare pour ne revenir que samedi midi, comme prévu ? Je me tâte car je viens de faire ma valise, ma petite valise et je n’aimerais pas trop qu’elle ne me serve qu’ici, à trois ou quatre kilomètres de chez moi. Alors, non, je vais bel et bien croire que mon train partira de Bordeaux et arrivera à Paris. Le reste, ce ne sera que du bonus. Que de l’insouciance. Que de la légèreté et de la futilité. Tiens, tiens, tiens…

07 décembre 2017

ni pour, ni contre mais zut, crotte, quoi

Je n’ai rien contre lui-même si je n’avais rien pour non plus. Je dis juste que trop, c’est trop. Je suis effaré de cette démesure qui n’a pas cessé de toute la journée d’hier. Les chaînes de télé et de radio monopolisées exclusivement autour de l’événement.  Programme unique pour tout le monde. Et pourquoi pas jusqu’à la fin de la semaine ? Le prochain match de foot retransmis à la télé pourrait n’être joué que sur une pelouse à l’effigie du rockeur mort. La messe télévisée de dimanche pourrait lui être consacrée. Tous les jeux diffusés pendant tout le temps du deuil national obligatoire pourraient voir leurs gains envoyés à ses enfants mineurs.

Pourquoi pas une mise au Panthéon, pendant qu’on y est ? Non, franchement, il faut savoir faire la part des choses et la part des gens. J’aime la musique, j’aime la variété française (j’ai même des dossiers un peu lourds me concernant, donc, je n’ai rien à envier à personne) mais une telle idolâtrie subite et systématique, ça devient louche. Ça cache quoi ? Ça cache la position minable de Trump au sujet de Jérusalem ? Ça cache la pauvreté car pendant ce temps-là, personne ne se plaint ? Ça cache quoi, vraiment ? Non, ça me rend mal à l’aise tout ça. On ne parle que de plaisirs futiles, si importants soient-ils pour le quotidien mais c’est tout.

Je n’ose espérer ce qui se serait passé, hier, si un attentat avait eu lieu en France. Quel dilemme pour les médias ! Qui aurait gagné : le rockeur mort ou x victimes ? Parce que c’est un peu ce que j’ai ressenti devant les images des infos, hier soir : ces veillées funèbres devant des images géantes de celui qui n’est plus, organisées par les municipalités elles-mêmes, franchement, sincèrement, objectivement, ce n’était pas un peu trop. Justement, est-ce qu’on n’en a pas fait autant que pour les attentats de ces dernières années ? Pardon aux victimes et à leurs familles. Je suis un peu en colère mais je leur demande vraiment pardon.