C'est écrit

03 février 2023

pathétix

Je n’aime pas trop l’idée de descendre une œuvre, que ce soit un livre, un disque ou un film car après tout, il y a du travail, malgré tout, derrière toute production culturelle mais il y a des moments où quand ça semble être parce que tout est paresseux dans l’œuvre en question, j’ai peut-être le droit de dire que je n’aime pas. Voire que je suis parti avant la fin d’un des films les plus attendus de l’année (en même temps, on n’est qu’en février, on en attendra d’autres, des films de ce genre mais peut-être aussi qu’à force de vanter les mérites de longs métrages, on a vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué – l’ours, pas la peau) et donc, c’est ce qui va se passer dans ce billet. Je suis allé voir le dernier film d’Astérix, qui n’est pas issu d’un album de la série et qui s’intitule « L’empire du milieu. »

Le film dure 1h50 (à quelques minutes près) mais moi, au bout d’un peu moins d’une heure, je suis sorti tant je me suis ennuyé. Je n’ai accroché avec rien, ni avec l’histoire, ni avec les personnages, ni avec les acteurs, ni avec leur direction, ni avec les tentatives d’humour – je vous jure que je n’ai pas entendu un seul rire pendant le temps que je suis resté dans la salle – d’ailleurs, je félicite les autres membres du public (assez peu nombreux) car pour rester, il fallait vraiment en vouloir. C’est un film qui ne m’a pas convenu du tout. Et je n’ai vraiment pas pu envisager de rester encore une heure de plus. C’était au-delà de mes forces. Si encore, on m’avait donné un peu de potion magique pour supporter tout ça… On est loin de l’inventivité d’Alain Chabat avec Astérix et Cléopâtre, il y a vingt ans de cela.

Bien sûr, il n’est pas question de toujours faire les mêmes choses mais là, non. Enfin bon, peu importe, après tout, c’est déjà lui rendre trop d’hommage d’en parler autant, à ce film. Et pour ne pas faire deux fois la même bêtise, je ne vais pas m’étendre sur le dernier disque de Chimène Badi, pour le soixantième anniversaire de la mort d’Édith Piaf. Je ne trouve pas ça bien non plus, de vouloir copier à ce point la façon de chanter de la Môme. Quel intérêt ? Bon, il en faut pour tous les goûts, d’accord mais surtout, que personne n’ait l’idée de me l’offrir, ce disque, on est d’accord, hein ? Bon, ça y est, j’ai fait ma crise ? Oui, je crois que j’ai dit tout ce que j’avais à dire. Ah non, il manquait un trait d’esprit à ce billet de mauvaise humeur, histoire de finir avec un sourire. Le film d’Astérix ? Il est pathétix.


02 février 2023

Axel (1)

« Il est libre, Axel ? » Pipa, non, je t’en prie, tu n’es pas obligée de vouloir sauter sur tout ce qui bouge. Et en plus, il est trop jeune pour toi, je pense, Axel, alors, s’il te plaît, tu restes calme et je crois même que vu que c’est un sportif, ton mode de vie ne l’intéressera pas. … Oui, donc, vous l’avez compris, j’ai eu mon premier cours particulier avec mon coach de natation, Axel, une espèce de jeune trentenaire avec un look d’adolescent pré-pubère si ce n’est qu’il a une musculature très fine, sans un poil qui dépasse. « Ce n’est pas un homme, alors, s’il n’a pas un poil qui dépasse. » Bénédictine, je vous imaginais un peu au-dessus de ces considérations qui font très clichés. Je sais que pour vous, l’homme doit avec une certaine pilosité mais je me demande bien pourquoi, d’ailleurs. C’est réducteur.

 « Il ne marche pas sur l’eau non plus ? » Non, Bénédictine, il ne marche pas sur l’eau non plus, Axel. Ce ne sera donc pas notre nouveau messie. Mais dites-moi, les filles, vous ne pouvez pas juste considérer qu’Axel n’est que mon coach de natation ? « Tu parles d’un coach sportif, il est maigre comme une asperge alors que moi, regarde, je suis super confortable… » Jean-Michel, tout le monde ne peut pas être une armoire normande. Et heureusement pour lui, Axel a encore le temps de s’épaissir par une vie plus sédentaire que sportive, à coup de bières et de chips sur son canapé devant un match de foot. Bon, ça y est, tout le monde y est allé de sa critique jalouse ? Je peux parler de mon premier cours particulier d’hier après-midi ? Alors, ça s’est globalement bien passé mais ça m’a vraiment crevé.

Oui, Nicole ? … Non, il ne travaille pas dans un vivier, Axel, ce n’est pas un crustacé, donc, inutile espérer le vendre ni même le cuire au court-bouillon. Qu’est-ce que je disais juste avant que Nicole ne me coupe l’écrit ? Ah oui, ça m’a crevé, cette première séance de travail intensif pour apprendre à nager le crawl. Je n’ai pas fait 60 longueurs mais j’étais plus fatigué que si je les avais faites. Si j’en ai fait une quinzaine, c’est le bout du monde. Mais en plus, je n’étais pas allé nager depuis deux semaines à cause de ma chute, il y a quinze jours. Et mon entorse aux doigts… Excusez-moi… Chouchou, tu as bien étendu mes affaires de piscine, hier après-midi ? Merci. Et donc, avec Axel, nous nous revoyons la semaine prochaine et il m’a dit que vu comment j’étais parti, j’allais faire des étincelles. Dans l’eau ? Euh…

01 février 2023

tout à l’heure, plouf

Tout à l’heure, plouf. Oui, plouf. Je vais faire mon grand retour à la piscine. Parce que depuis deux semaines, je n’ai pas pu y aller vu que je suis tombé, il y a quinze jours et que je me suis fait (entre autres) une entorse à mes index et majeur de la main gauche et que je porte une attelle, depuis. Et même que j’ai toujours encore un peu mal mais je ne dis rien parce que je ne veux pas passer pour une chochotte. Et encore, je ne vous dis pas tout parce qu’il n’y a pas qu’aux doigts de la main gauche que j’ai eu (très) mal mais aussi aux pectoraux et à l’épaule du même côté ainsi que sous mon pied socialiste et ce n’est pas tout, au poignet droit, également parce que tant qu’à faire, hein, autant ne pas faire les choses à moitié ni de jaloux. Et donc, j’ai été dispensé de piscine pendant ces deux dernières semaines.

Sauf que cet après-midi, j’ai rendez-vous avec Axel. C’est mon coach de piscine. Normalement, j’aurais dû commencer le 18 janvier pour mon premier cours particulier. Parce que je veux devenir capable de faire des longueurs de crawl alors que jusqu’à présent, je n’arrive pas à en faire  une entière parce que je m’étouffe avant. Et je veux qu’il regarde comment je fais le dos crawlé, on ne sait jamais, s’il peut me donner quelques tuyaux (!!!) et je voudrais aussi apprendre à faire des virages. Apprendre à me tourner et à me retourne. C’est vrai, ça, on ne sait jamais ce qui peut arriver par derrière. Et là, ce matin, je me dis que j’espère que je vais bien pouvoir nager car j’ai toujours quelques petites douleurs mais bon, j’ai confiance en moi et j’ai confiance en lui. Alors que je ne le connais pas encore.

Avec un peu de chance, dans l’eau, je n’aurai plus mal nulle part. Sauf peut-être demain, avec les courbatures. Mais on n’y est pas encore. En tout cas, pas moi. Et puis ma foi, comme Stéphane vient avec moi à la piscine, peut-être qu’il aura un œil sur moi pendant qu’il fera ses longueurs, lui, de son côté. Et moi, pendant ce temps-là, je vais m’en remettre à un mec que je ne connais pas. On a juste échangé un coup de téléphone et quelques SMS. Si ça se trouve, il ne va pas me plaire, je ne vais pas le trouver sympathique mais non, il ne faut pas que je me braque. Il est là pour m’apprendre à mieux nager mais pas pour qu’on fasse ami-ami. Après, si le courant passe, on pourra rester en contact mais ne vendons pas la peau de l’otarie avant de l’avoir… Non, non, je n’ai pas forcément besoin d’avoir un ami coach de natation. 

plouf

31 janvier 2023

revenir mais sans raison

Je disais donc que ma dernière création poétique en vers libres s’intitulait « revenir un instant » mais ça m’interroge, en réalité. Au-delà du titre et du fait que je ne sais toujours pas quoi en penser de ce poème spontané (j’allais écrire « presque malgré moi), ça me fait me poser plein de questions. Il faut bien qu’il y en ait un qui en pose, des questions, si on veut savoir où on en est. Pour savoir où on va. Comme si la réponse était dans mes interrogations, comme si la solution était dans le problème. Comme s’il y avait un problème. Comme s’il y avait eu comme une rupture, comme un point de non-retour. Alors oui, je me demande. Je crois même qu’il ne se passe pas un jour sans que je me demande. Que je me dis que… Que j’espère que… Que je me résigne à ce que… Ce n’est la faute de personne.

Non, ce n’est la faute de personne mais quand même, il y a un silence comme une fuite en avant. Qui est parti, qui est resté ? Suis-je le seul à croire qu’il faut revenir ? Revenir mais sans raison ou revenir avec des justificatifs ou des justifications. Il n’y a pas eu de rupture. Il n’y a pas d’explication à donner. C’est juste comme ça. C’est juste la vie qui fait que. Ce n’est que le temps qui fait la même chose. Et il passe. Et le silence s’étire. Et le temps continue de passer. Et le silence de s’étirer. Jusqu’au jour où… Je ne sais pas s’il y aura un jour où mais je l’espère car je suis comme ça, moi, toujours à imaginer le pire mais aussi à souhaiter que je puisse revenir. Que l’on puisse revenir. Et ne pas rester sur cette espèce de malentendu si tant est qu’il y ait la moindre équivoque entre nous. Non, vraiment.

Alors oui, revenir un instant ou revenir plus longtemps, ça fait partie des choses que j’attends. Quand ce sera le bon moment, probablement. Quand je n’aurai plus besoin d’écrire ni l’envie de composer des poèmes histoire de me prouver que j’existe encore. Que je suis toujours vivant malgré cette absence et malgré ce silence. Même si je suis également le constructeur de ce dernier et de cette première, je ne récolte que ce que j’ai semé. Et c’est sans doute ma fierté qui m’a poussé à écrire ce poème « revenir un instant » plutôt que de m’adresser directement à toi. De la fierté ? Non, juste une espèce de lassitude. Et mon habitude de la procrastination. Une de mes manies. Je sais, je fais avec. Et je me débrouille comme je peux. Mais sache-le, si tu me lis, oui, j’aimerais bien revenir et plus qu’un instant.

30 janvier 2023

j’ai arrêté de boire

Oui, depuis le début de l’année, j’ai arrêté de boire. Et croyez-moi, ça n’a rien à voir avec le Dry January (le janvier sec, en français) car je n’étais pas concerné, je ne buvais pas souvent de l’alcool. Sauf que moi, même en en buvant que très peu, somme toute, je me suis dit qu’il valait mieux que je m’arrête, au moins pour un temps indéterminé. Parce que boire ou ne pas boire, il m’a bien fallu choisir. Non, je n’étais ni un alcoolique mondain, ni un alcoolique honteux puisque je ne buvais normalement qu’à certaines occasions. Par exemple, à une soirée avec des amis, que ce soit chez eux ou chez moi, pour peu qu’on me propose du champagne, je peux en boire plusieurs. Ensuite, lors de cocktails, encore une fois, si on me propose quelques bulles, je ne dis jamais non et si on m’en propose un autre, idem.

Sauf que je ne suis pas si souvent que ça invité à un dîner et que moi-même, depuis la pandémie, j’en organise nettement moins qu’auparavant. Que sont mes amis devenus ? Allez savoir, tiens ! Et sinon, chez moi, quand je suis juste avec le président, bien sûr que je peux boire du champagne ou du prosecco juste comme ça parce que c’est le moment ou quand je suis chez maman, on en profite pour trinquer, tous les soirs mais encore une fois, ça n’est pas si souvent que ça, tout ça. Et enfin, oui, ça a pu m’arriver sans raison, juste pour le plaisir de déboucher une bouteille et quand une bouteille est entamée, il faut bien la finir, hein ? Et les bulles, ça ne peut pas durer éternellement même avec un bouchon spécial. Alors ma foi, il peut m’arriver de boire mais franchement, je n’ai rien d’un habitué de la bibine, même pétillante.

Il n’empêche que j’ai décidé de ne plus boire. En tout cas, jusqu’à la prochaine fois. Et ça pourrait bien être quand je vais aller chez maman, d’ici une quinzaine de jours (il faut que je la rappelle pour qu’elle me redonne les dates parce que moi, quand je bois, même si ce n’est pas pour oublier, là, en l’occurrence, j’ai zappé.) parce que là nous serons tous réunis, les trois fils et la mamma ainsi que les deux petits-enfants. Bon, eux, ils n’auront le droit qu’à des choses sans alcool mais nous, moi, je vais enfin pouvoir me damner pour mon vice caché trinquer avec ceux que j’aime. Mais je vous jure que ce ne sera que pour l’exception qui confirme la règle. J’ai vraiment décidé d’arrêter de boire. Jusqu’à la prochaine occasion. Même si celle-ci ne se présente que dans six mois. Je sais que je peux vivre sans ça, la preuve ? Regardez-moi. Hips.


29 janvier 2023

six nouveaux slips

J’en ai entendu plein et j’ai essayé d’en prononcer plein mais là, j’avoue que j’en ai découvert une que je ne connaissais absolument pas et ça m’a foutu un pet au casque. Parce que franchement, en toute modestie, je pense avoir une bonne mémoire et une assez bonne culture générale mais comment diable cela a-t-il pu se passer ? Comment ai-je pu passer à côté ? Et comment cela est-il venu à mes oreilles à plus de 63 ans ? Peut-être tout simplement parce que j’ai eu besoin de m’acheter des slips neufs. Oui, parce que quand j’ai besoin de m’acheter des slips, je n’en prends jamais d’occasion et je les achète toujours vides, je déteste les slips du commerce déjà remplis. Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. Existe-t-il d’ailleurs un marché du slip d’occasion ?

Il semblerait que peut-être, oui. On peut trouver des slips d’occasion sur certains sites d’annonces pour tout et rien. Moi, ça ne m’intéresse absolument pas. Et vous ? Pour moi, un slip, c’est comme un livre, je déteste ne pas être le premier à le porter ou à le lire. Et je n’aime pas non plus prêter mes slips ou mes livres. Au pire, si quelqu’un veut lire un de mes bouquins, je lui achète et lui offre un autre exemplaire mais pas le mien. Idem pour les slips sauf que je n’en offre à personne. C’est quand même très intime. Bref, je me suis acheté six nouveaux slips neufs et je les ai trouvés un peu chics et c’est exactement ce que m’a dit le caissier « Ils sont chics, ces slips. Ça vous fait six slips chics. » En entendant ça, je me suis mémorisé la phrase jusqu’à ce que je sois sorti du magasin et je me la suis envoyée par SMS.

Oui, parce que quand j’ai besoin de me noter quelque chose, je m’envoie soit un SMS soit un mail, comme ça, je suis sûr de ne pas l’oublier. Et donc, en arrivant chez moi, j’ai regardé mon téléphone et j’ai vu que j’avais reçu un message. Tiens, un SMS, me suis-je exclamé, qui donc m’a écrit ? Serait-ce cher Serge ? Non, ce n’était que moi (quand je vous dis que je suis modeste) pour mes six slips chics. J’étais super content car j’avais justement oublié que je devais m’en souvenir, de cet exercices d’articulation qui n’est jamais qu’une allitération. J’y suis arrivé. Et ça m’a rendu encore un peu plus content. Et quand j’ai regardé mes slips neufs de nouveau, j’étais encore beaucoup plus content. Tout ça, ce n’était pas qu’une question d’articulation, non je vous l’assure, c’était nettement supérieur à ça.

28 janvier 2023

l’oiseau sur un genou

Pour prendre la photo, il a fallu poser mais faire comme si c’était naturel. Je lui ai juste demandé de venir chez moi avec son petit pionus qu’il a appelé Kiwi parce qu’il est à dominante verte. Et on a discuté, je pensais que même Kiwi aurait participé à nos échanges mais je pense qu’il a été intimidé de se retrouver dans un endroit qu’il ne connaît pas. C’est vrai qu’il regardait partout, très curieux de chez moi. Et de fil en aiguille, nous avons donc décidé de tenter de faire une jolie photo. Il a déposé Kiwi sur le dossier d’une des chaises de la table du séjour et il s’est un peu dévêtu. Il n’était pas question de faire un cliché suggestif et encore moins équivoque. Non, juste tenter de capter une belle image. De fixer un souvenir de cet après-midi-là, tranquillement au chaud chez moi alors qu’il faisait si froid dehors.

Il a retiré son pull et s’est retrouvé en débardeur. Ça m’a fait sourire car un débardeur en hiver, même dans un appartement chauffé normalement à environ 20°, ça n’est pas monnaie courante en ce moment. Et, comme il avait plus ou moins prévu le coup, il est allé retirer son pantalon pour enfiler un short. Il a retiré ses chaussettes et alors, je me suis dit que franchement, il était vraiment beau mec. Kiwi l’a regardé faire pendant tout ce temps, sans doute un peu hypnotisé comme je l’étais moi-même. Sauf que lui, Kiwi, il avait sans doute l’habitude de voir son maître comme ça, vêtu comme en été. Sans doute que pour eux deux, tout ça, c’était totalement naturel. Aucune ambigüité. Juste un moment normal comme si c’était normal de recevoir un mec comme lui, chez moi, avec son pionus. Avec Kiwi.

Puis, il s’est mis à califourchon sur le canapé et là, l’oiseau est venu tout seul se poser sur son genou à lui. Il a penché la tête vers son petit camarade pour le regarder avec tendresse. J’avais sorti l’appareil photo et Kiwi hésitait à fixer son maître ou moi, perdu entre les deux. Perdu entre le confort rassurant d’être sur son maître et intrigué par mes mouvements alors que je leur demandais de ne plus bouger car le petit oiseau allait sortir. Ça l’a fait rire, lui mais Kiwi n’a pas compris, il ne doit pas avoir le même sens de l’humour que moi. Quoiqu’il en soit, je pense que si je ne suis pas certain d’avoir réussi à écrire un premier nouveau poème depuis bien longtemps, je crois que la photo que j’ai prise est bonne. Pour une fois que je fais quelque chose de bien. Ça dépend peut-être du sujet. Évidemment, pas de moi.

l'oiseau sur un genou

27 janvier 2023

justement, j’en ai écrit un

Avant-hier, je me demandais si la solution ne serait pas d’écrire des poèmes pour sortir ce que j’ai dans la tête et sur le cœur et justement, j’en ai écrit un. Je ne sais pas qu’en penser, comme toujours. Comme quand je reçois des invités pour un repas car, comme j’ai la fâcheuse manie de vouloir toujours faire des recettes pour la première fois, je ne sais pas ce que ça va donner et je me mets la rate au court-bouillon car j’ai peur que ça ne soit pas réussi, j’ai peur que ça ne soit pas bon et j’ai peur de décevoir. Bon, la différence, là, avec le poème, c’est que personne ne va le lire, c’est juste entre moi et moi. Et donc, le seul regard critique, c’est le mien. Suis-je un bon auto-juge ? Non, comme tout le monde. Personne n’est capable d’avoir assez de recul sur lui-même. Ou alors, ça doit être compliqué à vivre.

Ce poème de janvier 2023, comme une rupture de sevrage à une addiction, je l’ai intitulé « revenir un instant », c’est sorti tout seul, ce début de phrase et ensuite, j’ai composé 27 vers un peu litaniques, comme j’ai toujours sur le faire spontanément, peut-être une partie de ce qu’on pourrait appeler mon style mais je me dis que justement, si je n’ai pas « percé » avec ce style-là, en 1997, en particulier, c’est peut-être parce qu’il n’était pas le bon. Mais quelque part, je m’en fous un peu. Quand j’écris des poèmes, c’est toujours avant tout pour moi. Il me faut du temps pour les faire lire à d’autres. Et si c’est destiné à quelqu’un en particulier, en général, cette personne récipiendaire n’en a jamais connaissance. Question de pudeur. Et de manque de confiance en moi. Et parce que je ne sais pas faire autrement.

Et le pire, c’est qu’en le relisant, ce poème « revenir un instant », écrit d’un jet, il me semble inabouti, inachevé. Peut-être comme une histoire d’amour suspendue. Comme les points du même genre. Comme une parenthèse qui ne peut pas se fermer. Qu’elle est lourde à porter, l’absence de l’ami chantait si bien Gilbert Bécaud. Encore un texte que j’aurais aimé avoir écrit moi-même. Il y en a plusieurs comme celui-ci. Des poésies véritables, mises en musique, qui me rappellent que je ne suis qu’un dilettante, de bonne volonté mais un dilettante. Chacun à sa place. Néanmoins, revenir un instant sur toi, sur toi et moi, ce n’était pas si mal que ça, comme début de poème. Il me reste à l’abandonner dans un coin, à le mettre aux oubliettes ou à revenir un instant dessus, un jour. Oui, c’est ça, un jour prochain…

26 janvier 2023

selon les organisateurs

La semaine dernière, un couple s’est rencontré pendant la manifestation contre la réforme des retraites. Pardon, contre le projet de loi sur la réforme des retraites. Un couple s’est formé et a décidé de se marier sur le champ. Et, sans doute avec quelques passe-droits, l’homme et la femme ont réussi à ne pas publier les bans et à ne pas passer devant quelque maire que ce soit. En revanche, étant tous les deux membres d’un syndicat, en bons fonctionnaires qui se respectent et qu’ils sont, elle à la CGT et lui à FO (c’qui faut !), ils ont profité de cette journée de grève pour officialiser leur union. Ils ne sont évidemment pas allés travailler et ils ne sont allés à la manifestation que pour célébrer leur mariage syndical parce que sinon, ils auraient bien profité de cette journée pour la passer sous la couette.

Oui, parce qu’il ne faut pas se leurrer mais dans le lot des syndicons, il y a les vrais de vrai, qui sont sincères dans leurs convictions et leur besoin d’exprimer leur mécontentement et leur insatisfaction chroniques mais il y a aussi ceux qui sautent sur l’occasion pour se déclarer grévistes afin de ne pas aller travailler. Comme une espèce de RTT non comptabilisable. Comme un congé syndical non reconnu par le Code du Travail. Après, moi, ce que j’en dis c’est que chacun doit pouvoir se regarder dans la glace et avoir bonne conscience sinon, chacun fait évidemment c’qu’il lui plaît, plaît, plaît. Petit clin d’œil à un tube des années 80 qui a largement marqué son temps – à l’époque, je travaillais, j’étais encore jeune et parfois, pendant de nombreuses grèves, je galérais comme un fou pour aller bosser ou rentrer chez moi.

Pour en revenir à nos deux tourtereaux un peu tire-au-flanc, je vais me permettre de ne communiquer que leurs prénoms car je ne voudrais pas avoir d’histoire, on ne sait jamais avec certaines personnes radicalisées, je ne tiens pas à avoir d’ennuis. Je suis courageux devant mon clavier d’ordinateur mais pas téméraire dans la vraie vie. Bref, Philippe et Frédérique ont donc décidé de célébrer leur union à la manière syndicale et ont convié quelques-uns de leurs acolytes pour arroser ça. Ils se sont retrouvés dans l’arrière-salle du Balto, à Montreuil (93) et ont fait la fête comme il se doit dans ces cas-là. La seule chose sur laquelle on peut avoir un doute, c’est que les mariés étaient 2, selon la police mais 18 selon les organisateurs de l’événement. Et là, on se demande qui dit la vérité, hein ?

25 janvier 2023

et si écrire des poèmes

Et si écrire des poèmes, c’était une des solutions ? Et si écrire de nouveau des poèmes, aurais-je dû préciser car faire de la poésie, ça, j’ai bien connu pendant une bonne vingt-cinquaine d’année. Et puis, après avoir arrêté, comme la cigarette, ça m’a repris, il y a quatre ou cinq ans, de façon très aléatoire et puis, j’ai encore cessé. Comme si, quelque part, je m’interdisais de refaire des vers. Comme si j’avais pris conscience de mon incapacité à être un vrai poète, sauf dans mes rêves les plus fous. Comme si ça ne devait jamais m’arriver. Ou alors, peut-être dans un autre monde, dans un autre temps, à titre posthume. Faut-il donc que je meure pour savoir si je vais être reconnu comme un poète et non pas seulement comme un clown ? Je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle. Je ne sais rien, en réalité.

Et si écrire des poèmes, c’était la seule façon de m’en sortir le mieux possible ? Et si quelques rimes accumulées, pauvres ou riches, c’était une porte de sortie honorable ? Oui mais moi, je n’ai pas toujours été un adepte de la rime pour la rime. Je ne suis pas un grand esprit malade dans un petit corps malade. Comprenne qui pourra. Moi-même, je m’empêtre si souvent. Les pieds dans le tapis. Ou dans la peau de chagrin qui est autour de moi. Mais non, qu’on ne se méprenne pas, je ne suis pas triste, je suis à peine désabusé. Bof. Même pour ça, être désabusé, à quoi bon ? Et pourtant, c’est si facile de se cacher derrière cette espèce de langueur. Mais alors, oui, alors pourquoi ne puis-je pas en profiter pour écrire des poèmes ? Pourquoi faut-il donc que même pour ça, je suis dans la procrastination ?

Et pourtant, si je veux être sincère, je dois reconnaître que quelque part, j’y pense, parfois, à ces sonnets, à ces alexandrins et à ces césures, ces rejets et ces strophes. À ces allitérations et à ces diérèses. Aux assonances et à la prose. Et à certains enjambements. Et ils sont autant d’éléments qui me manquent, parfois, oui, qui me manquent. Quand je vous dis que l’arrêt de la composition de poésie, c’est comme quand on veut arrêter de fumer. Et si je m’y remettais, en douce ? Et si de ma cachette, je tentais d’y retrouver ces plaisirs solitaires que j’ai tant aimés, pendant ma jeunesse d’adolescent et d’adulte ? Autant de questions qui n’auront peut-être jamais de réponse. Ça ne dépend que de moi et c’est bien là le problème. Même si je ne suis pas sûr et certain que ce dernier mot soit très adéquat.