C'est écrit

18 septembre 2018

se réfugier, se réinsérer, faire aimer la lecture

Oui, non, je voulais dire « si », bien sûr que si, je vais tenter de faire du bénévolat. Parce que certaines activités m’intéressent et c’est alors l’occasion pour moi de voir si elles me plaisent vraiment. M'engager auprès d’une association ou pour une cause, ce n’est pas comme de se marier avec quelqu’un, très rapidement, si je vois que ce n’est pas ça, je pourrai toujours dire que non, merci, sans façon. 

Trouver un refuge. L’association Le Refuge, marrainé par Muriel Robin, propose un hébergement temporaire et un accompagnement social, médical, psychologique et juridique aux jeunes majeurs victimes d’homophobie ou de transphobie. Je ne prétends pas pouvoir aider en accueillant les jeunes en détresse mais je maîtrise tout ce qui est administratif (paperasse et bureautique), donc, je pourrai toujours proposer mon aide, quelques heures par semaine ou ponctuellement, en cas de besoin.

Visiter pour réinsérer. Visiteur de prison. Quand j’étais jeune adulte, en train de chercher ma voie, avant de monter à Paris, j’ai été tenté pour intégrer l’administration pénitentiaire afin d’y faire du social. On m’a alors dit que je n’aurai jamais les épaules assez solides pour tenir le coup. J’ai donc mis mon chapeau par-dessus et j’ai fait autre chose mais là, je me dis que c’est le bon moment. L’humain m’intéresse, alors, si je peux aider une ou deux personnes à préparer leur sortie…

Lire, lire, lire. Une autre activité pourrait me permettre de retrouver une vocation de jeunesse, vite tombée aux oubliettes pour des raisons que je ne vais pas développer ici. Aller dans les écoles primaires ou dans les collèges et faire des lectures, présenter des livres et donner envie de lire aux enfants. Voilà quelque chose qui pourrait m’exalter. Surtout si, au passage, je peux faire un peu le clown, au milieu d’eux. Encore une idée enthousiasmante à creuser.

J’ai des envies, j’ai des projets que j’aimerais voir aboutir et tenter des expériences nouvelles, sans but lucratif comme quand on travaille pour un salaire. Juste comme ça, pour voir. Pour savoir. Pour découvrir. Pour comprendre. Pour apprendre. Pour partager. Pour me rassurer, aussi. Ça me permettra, j’espère, d’oublier ma fin de carrière qui est loin d’être glorieuse. Et au milieu de tout ça, coulera la rivière, celle de la promenade quotidienne des chiens, le matin.


17 septembre 2018

assistant coupeur de tête

Revenir de vacances, comme dit Mymy, c’est dur, surtout les dix premiers mois. Sauf que moi, avec un peu de chance, ce seront mes dernières vacances d’été. Non pas que je sois en phase terminale d’une longue et triste maladie, ni même d’une courte et rigolote maladie mais parce que si tout va bien, d’ici fin décembre, voire fin mars, je pourrais peut-être partir de là où je travaille. Partir loin, sans me retourner. Très loin. Et tous ceux qui y resteront me regretteront. Ça vaut bien ça. Sinon, ce n’était pas la peine. Non, non.

Mais je ne resterai pas inactif pour autant. Je vais devenir chauffeur et escort boy pour ma maman, quand elle aura des compétitions de natation, j’irai la chercher, avec ou sans papa, ça dépendra de lui mais je pense que ça sera avec, et je mettrai une casquette pour conduire et je prendrai mes repas avec eux, à l’hôtel et comme ça, elle pourra rester championne. En revanche, j’ai décliné l’offre de saisonnier pour ramasser les noisettes, chez eux. C’est vraiment trop saisonnier. On a beau en récupérer des kilos et des kilos, ça ne dure que quelques semaines.

J’ai des idées pour du bénévolat, aussi. J’en parlerai en temps utile. Ou en temps voulu. Ça dépendra de mes humeurs. Et j’ai aussi le patron qui veut que je travaille vraiment pour lui : papiers, affaires, promenade des chiens… Mais est-ce que j’aurai assez pour vivre avec tout ça ? Peut-être pas mais je ne m’en fais pas, je ne suis pas feignant, je trouverai bien des petits boulots pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Je viens de répondre à une annonce pour devenir assistant coupeur de tête. C’est pile poil dans mes cordes, ça, employé de bourreau.

16 septembre 2018

l'autoroute fanée

Voilà, c’est fini…Capri, c’est fini et la comédie aussi. Nous avons dit au revoir à tout le monde et nous avons pris l’autoroute dans l’autre sens. Non pas à contre sens, je ne suis pas fou mais dans le sens inverse de celui de dimanche dernier. Nous n’avons pas encore croisé d’accident et donc, je pourrai n’avoir aucune pensée noire comme la semaine passée. Dans l’autre sens.

Je pense que ça a fait du bien à tout le monde, ces quelques jours en famillamis. Vous savez, j’ai déjà parlé de ça, il y a un certain temps, pour dire que quand nous étions ensemble, toute notre bande de pas très jeunes, un peu de la famille et un peu des amis, c’était bien d’inventer ce nom qui regroupait tout le monde. En plus, sa sonorité est plutôt douce, je trouve. Un côté ami-ami.

Nous sommes sur le chemin du retour à la case départ, pour les parents. Mais ils ne toucheront pas 20 000 francs pour autant. Désolé mais je ne sais pas ce qu’elle vaut en euros, la case départ, aujourd’hui. La dernière fois que j’ai joué au Monopoly, ça remonte au siècle dernier, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre. Un peu si peu connecté, alors…

Je raccompagne les parents chez eux et je reste dormir chez eux. Je ne reprendrai ma route du retour à moi que demain, lundi. Je rentrerai à Bordeaux où je donnerai le coup de grâce à ces deux semaines de vacances. Je n’ai pas grand-chose de prévu si ce n’est un déjeuner avec des amis, jeudi midi, chez moi, en terrasse, si le temps le permet, ce que j’aimerais bien.

Et je raccompagne mes parents parce que nous sommes tombés d’accord, nous avons topé là : à partir de maintenant, je serai leur chauffeur attitré pour tout ce qui est déplacement dans le Sud-Ouest et pour les compétitions de natation. C’est justement pour ça qu’il faut qu’elle prenne sa carte, cette année encore, maman. Je n’arrête pas de lui dire. On n’arrête pas de lui dire. 

15 septembre 2018

il y a toujours un moment où il faut partir

Il faut savoir se retirer. Toujours. Il faut sentir quand c’est le moment. Celui après lequel, ce sera le moment de trop. Se retirer à temps. Ça demande une certaine finesse d’esprit et d’analyse de la situation. Se retirer. Un peu comme ce moyen de contraception qui était en pratique au moment où j’ai été conçu. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit même s’il y a une forte présomption que ça se soit quand même passé comme ça. Je ne peux pas trop en parler car même si j’y étais, j’étais dans un état qui ne pouvait pas comprendre ce qui se passait, mais bon, je dis ça, je ne dis rien.

Puisque vous insistez, il me semble bien que si j’existe, c’est que je viens d’un coïtus mal interrompusse. Parce que je n’étais pas franchement désiré. Ce qui est certainement une bonne explication pour cette sensation que j’ai souvent eue, que je peux encore avoir à l’occasion : avoir l’impression de ne pas être à ma place. Mais on ne va pas faire mon analyse ici, ça prendrait trop de temps et ça serait un peu compliqué. Ça pourrait s’envisager en tête-à-tête avec un thérapeute mais pas en public. Si peu nombreux soit-il. Bref, je suis né par erreur plus que par hasard. Quand on n’est pas prévu, hein ?

Ça ne m’a pas traumatisé non plus. Enfin, pas outre mesure, je crois. Non, je suis plutôt bien dans mes baskets même quand je ne fais pas de sport, c’est-à-dire (assez) souvent mais j’en ai tiré une leçon qui est : il y a toujours un moment où il faut se retirer. Savoir partir. Et là, pour cette première partie de mes vacances d’été 2018, je pense qu’il était temps que nous partions de Biscarrosse pour revenir à Bordeaux. Parce que demain, ce sera un autre moment de partir : raccompagner les parents, chez eux, à Saint-Maixent.

14 septembre 2018

dans la famille Envacances, je voudrais...

Dans la famille Envacances, je voudrais le patron. Pioche !

C’est le grand ordonnateur. Celui qui a l’œil partout, parce qu’il est chez lui mais aussi parce qu’il a le souci du bien-être de tout le monde. On a beau lui dire de faire un peu relâche, de temps en temps, il n’y a rien à faire, il faut qu’il soit partout. Il faut qu’il tente de répondre voire d’anticiper la moindre envie, la moindre demande, le moindre désir de tous les autres. C’est gentil mais c’est usant, pour lui. Qu’il s’occupe déjà de Claude, c’est plus important et nous, les autres, nous pouvons nous débrouiller tout seuls, comme des grands. 

Dans la famille Envacances, je voudrais Pauline. Pioche !

Pauline, c’est la demi-sœur de lait du patron. Son mari, un autre Claude, est mort il y a trois ans. À la fin d’un week-end ici, à Biscarrosse. Ce fut un moment difficile. Elle s’en remet. Avec le temps va, tout s’en va… Quand on la voit, Pauline, on ne dirait pas qu’elle vient de subir ça. Moi, elle me fait rire. Elle est dure, elle fait penser à un militaire gradé mais j’ai de la chance, elle et moi, nous nous entendons bien, nous faisons une bonne équipe quand nous sommes réunis comme en ce moment. Mais ça ne l’empêche pas de donner des ordres à Pierre, le neveu de 25 ans… Et là, on dirait du Michel Audiard !...

Dans la famille Envacances, je voudrais Pierre. Mauvaise pioche ! 

Ce n’est pas contre lui, que je dis « mauvaise pioche » mais juste parce que de tous les gens, de tous les vieux, réunis ici, cette semaine, c’est le seul qui ne l’est pas, vieux. C’est le seul à travailler, je veux dire, à ne pas être en vacances, sinon, moi aussi, je suis encore en activité mais moi, tout le monde s’en fout, je le sais. Et Pierre, lui, c’est un peu l’inverse. Il est l’incarnation de l’égoïsme de certains jeunes, lui, c’est des autres dont il a tendance à se foutre. Il habite là tout le temps car il travaille au bourg et parfois, ça créé des tensions car il est un peu désordonné.

Dans la famille Envacances, je voudrais mes parents. Pioche !

Papa pique et maman coud. Papa pique un roupillon, tantôt sur une chaise longue, tantôt sur un transat, tantôt carrément sur son lit. Et maman coud des longueurs de piscine quand elle nage. Sinon, elle fait des mots croisés. Et elle a tendance à nous surveiller du coin de l’œil, elle aussi. Dès qu’elle voit qu’on commence à s’activer, avec Pauline et le patron, il faut qu’elle vienne voir ce qu’on fait au cas où on ne serait pas assez nombreux pour le faire. Moi, je lui dis : profites d’être ici pour te reposer mais elle est têtue comme ce n’est pas permis.

Dans la famille Envacances, je voudrais le président. Pioche !

Le président, il vient là parce que nous sommes là, sinon, il n’aime pas ça plus que ça. Il s’ennuie vite ici. Il n’aime pas aller sur la plage, il ne vient donc pas marcher dans l’eau avec nous. Il n’aime pas la piscine. Il n’aime pas se mettre sur la terrasse, au soleil même quand celui-ci n’est pas trop fort. Il n’aime que lire, faire des mots-croisés et, quand même, une chose non négligeable, c’est lui le grand maître de l’apéritif, le docteur ès apéro. C’est lui qui dit que c’est l’heure. C’est lui qui fait les glaçons. C’est lui qui dit « bon, alors, vous venez prendre l’apéritif ? »

Dans la famille Envacances, je voudrais Claude. Pioche !

Claude, c’est Claude. Claude n’aime pas quand on est entre amis, trop nombreux. Quand les repas durent trop longtemps car ce que nous disons n’est jamais bien intéressant et ça traîne et ça traîne. Il n’aime pas et ne comprend pas vraiment qu’on prenne un apéritif, ce n’est que du temps perdu. Oui, du temps perdu, quand il fait chaud, avec quelques glaçons, c’est nettement plus supportable, Claude, tu sais ? Bref, Claude aurait préféré que nous ne soyons pas là mais c’est trop tard, nous sommes là quand même.

Et dans la famille Envacances, il y a Stéphane. Bonne pioche ! Ah, enfin !


13 septembre 2018

faire semblant d'attendre

Il y a pile une semaine, déjà, j’étais au boulot et j’attendais. J’attendais que mes deux collègues en charge de ça viennent m’aider pour résoudre les écarts de stocks de la nuit qui venait de passer. Et je passais mon temps à attendre car ils ont naturellement donné la priorité aux clients qui appelaient. Et moi, pendant un peu plus de deux heures, je n’ai rien eu d’autre à faire qu’attendre. Non pas que ça me fasse plaisir, de rester ainsi, sans rien faire ou presque mais bon…

Non, dans ces cas-là, je ne reste jamais à rien faire. Je ne joue pas sur mon téléphone non plus. Mais il m’arrive d’écrire. Soit du courrier personnel. Soit des billets pour le blog. Ça dépend. Si c’est un jour où tout le monde est nerveux, j’évite car je sais que je vais être tout le temps dérangé et si c’est un jour calme, je me lance. Comme jeudi dernier. J’ai écrit plusieurs textes pour les publier ici par avance car je n’ai pas emporté mon ordinateur à Biscarrosse. Vacances, j’oublie tout.

C’était long d’attendre comme ça. Comme si j’étais payé à attendre. Bonjour, je cherche un emploi pour attendre, auriez-vous un poste pour moi et à quel prix ? On peut vous proposer d’attendre pour 16.85 euros de l’heure, si ça vous intéresse, vous pouvez commencer tout de suite. Waow, c’est plutôt bien payé pour ne faire qu’attendre. Oui mais ne vous fiez pas aux apparences, mieux vaut être payé pour travailler que pour attendre, nerveusement, c’est dur, vous verrez.

Je verrai pourquoi ? Parce que vous me prenez dans votre équipe ? Je vous remercie, vraiment, je vous remercie. Oui, mais ça, c’était dans l’euphorie de cette bonne nouvelle : j’avais un boulot ! Mouais. Si j’avais su, je ne me serais pas réjoui trop vite. Ni trop fort. Parce qu’il avait raison le recruteur, il vaut mieux être débordé de boulot que débordé d’attente. En tout cas, moi, c’est ce que je pense. Être là, à s’obliger à faire semblant, ça me stresse plus que d’avoir trop de boulot.

Mais comme en chaque inconvénient, il faut dénicher le bon côté, celui qui nous apportera ce qu’on appelle l’expérience, je me dis que je suis devenu assez bon, pour ne pas dire expert, en simulation. Je sais parfaitement simuler. Et ça n’est peut-être pas à fonds perdus. On ne sait jamais. Qui sait si je n’aurais pas besoin de simuler quoique ce soit avant de quitter définitivement cet emploi. C’est l’avenir (un proche avenir ?) qui nous le dira. Ou qui fera semblant de me le dire.

12 septembre 2018

dans l'eau de la claire fontaine

Dans l’eau de la claire fontaine, elle se baignait toute nue…

Non, d’abord, ce n’est pas dans une claire fontaine que ma mère se baigne depuis qu’on est à Biscarrosse mais dans la piscine de la maison du patron. Et en plus, elle met toujours un maillot une pièce, maman, pour aller à l’eau. Je ne l’imagine pas du tout se baigner toute nue. C’est évidemment très beau, la poésie mais il faut savoir garder la tête sur les épaules et ne pas dire n’importe quoi dès qu’on parle de ma mère.

Une saute de vent soudaine, jeta ses habits dans les nues…

Encore une fois, ce n’est pas le vent qui l’a déshabillée, elle sait très bien le faire toute seule. Je veux dire, qu’elle est autonome. Elle a beau avoir 82 ans, elle n’a besoin de personne, en Harley Davidson… Non, tout à l’heure, je l’ai bien vue aller se changer dans la petite maison et revenir en tenue de championne. Et en plus, on a justement de la chance, aujourd’hui, il n’y a pas un poil de vent. D’ailleurs, il faut en profiter.

En détresse, elle me fit signe, pour la vêtir, d’aller chercher…

Non, ce qu’elle voulait, quand elle me l’a demandé, c’est juste que je lui passe sa serviette pour qu’elle n’ait pas froid en sortant de l’eau. Surtout après avoir nagé comme elle a nagé. Bien sûr, dans une petite piscine domestique comme celle du patron, on ne peut pas dire que ce soit de l’entraînement mais elle a enchaîné les longueurs quand même. Sans dévier d’un iota. Sans dévier d’un poil. Pas même celui du vent puisqu’il n’y a pas.

Des monceaux de feuilles de vigne, fleurs de lys ou fleurs d’oranger…

C’est quand même bien de pouvoir se reposer dans une belle et double maison (la grande est celle du patron, l’habitation principale et la petite est celle des invités comme cette semaine – quand je viens seul, je dors dans la grande, au premier) et on est une bande de pas trop jeunes et on s’amuse bien. Enfin pas que mais l’ambiance est bonne, quoi. Je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques moments où il y a peu de tension mais bon…

Dans l’eau de la claire fontaine, il se baignait en maillot…

Tout à l’heure, j’irai peut-être faire bouger l’eau. Je nagerai un peu, je recommencerai à essayer de marcher sur les mains dans le fond de la piscine, je ferai un peu la planche et je serai tout mouillé. À moi aussi, on apportera une serviette pour que je ne prenne pas froid en sortant. Et je m’allongerai sur un transat, au doux soleil de septembre. Et je me dirai que j’ai une maman championne de natation. Et ça me fera plaisir.

En priant Dieu pour qu’il fît du vent, qu’il fît du vent.

11 septembre 2018

la raison du moins fort

Oui, comme je le disais hier, à la toute fin de mon billet, je suis en vacances jusqu’au 24 septembre inclus. Je ne suis donc pas là et j’ai forcément tort puisque c’est le lot de tous les absents. Ça m’est égal d’avoir tort aux yeux du monde si au fond de moi, je sais que j’ai raison. L’essentiel, c’est d’avoir sa conscience d’avoir raison pour soi. Et c’est exactement mon cas.

Je ne suis pas du genre à être ni prétentieux, ni toujours en terrain conquis, loin de là mais j’aime bien me dire, de temps en temps, peut-être régulièrement, voire souvent, que je suis toujours dans le vrai et que je suis également un peu (beaucoup) au-dessus du panier. Ça me rassure. Et surtout, ça témoigne d’une clairvoyance et d’une lucidité me concernant…

J’ai quelques défauts, cependant mais je ne peux pas trop les dévoiler ici. D’abord parce qu’ils sont quantité négligeable pour la majorité d’entre eux. Et ensuite (pour ne pas dire enfin), les plus gros touchent à des choses tellement intimes que j’aurais l’impression de me montrer totalement nu, si je les énumérais, ici, dans ce blog à vocation généraliste et non pas érotique.

Chacun est comme il est, on le sait tous. Du moins, les gens intelligents, donc, pas tout le monde. Chacun est comme il est et chacun fait avec. Je ne dis pas que parfois, j’aurais mieux aimé être comme untel ou encore comme unetelle mais on fait avec ce qu’on a et envier les autres, ça n’est pas un but en soi. Et c’est aussi pour ça que j’ai embauché Chouchou à mon service.

Lui, il n’a aucun défaut et il est canon. Tout ce que je ne suis pas. Et bien sûr, son existence, sa présence quasi quotidienne me fait du bien car ça contrebalance le reste. Et ce que je dis est vrai. C’est une nouvelle preuve par l’exemple, pris complètement au hasard, que j’ai toujours raison puisque tout ce que je viens d’écrire, aujourd’hui, est vrai. Et archi vrai.

10 septembre 2018

le travail c'est la santé ?

Il se pourrait plus que fort bien que nous fassions tous un contresens terrible au sujet du mot travail. Nous aurions tendance à l’utiliser un peu mal à propos. Oui, je m’explique et, s’il vous plaît, soyez attentifs car je ne me répéterai pas. Du moins, j’aimerais bien.

Si on regarde l’origine du mot travail, déjà, on se rend compte que ça remonte aux romains, vous savez, ces gens qui parlaient en latin comme dans certaines pages d’Astérix, comme lors des messes intégristes et comme dans les livres de botanique et de zoologie. Avant, on ne parlait pas de travail. D’ailleurs, il me semble bien que dans la Bible (celle des catholiques), on n’a jamais affirmé que le travail avait été créé par Dieu. Donc, il a dû être créé par l’Homme. Mais on dit quand même que la Création a duré six jours et qu’au septième, Celui qui a fait ça s’est reposé. Un avant-goût des RTT ?

Et le mot latin pour le travail, c’est tripalium. Et quand on sait ce qu’était un tripalium, on est loin de la notion de boulot à proprement parler. Un tripalium, c’était un instrument de torture à trois pieux. Regardez, il y en avait un de vertical et deux autres en oblique, un qui faisait ça et un autre qui faisait comme ça. C’est bon, tout le monde a vu ? Je peux continuer ? Merci. Et ça servait à punir les esclaves plutôt rebelles, pas ceux qui avaient juste fait une petite bêtise. Ou encore, ça pouvait servir à punir les esclaves amateurs d’émotions masochistes mais ils étaient moins nombreux.

Donc, pour conforter mon propos, au départ, le tripalium n’a jamais été comparé à quelque notion de plaisir quelle qu’elle soit, bien au contraire. Et quand on a décidé de donner le mot travail à des activités, c’était probablement pour compléter le vocabulaire car jusqu’à alors, on parlait surtout de labeur. Et de là à faire une association d’idées avec les corvées, un travail qui était obligatoire et qui était synonyme de souffrances et de tourments. De plus, les intellectuels méprisaient bien toutes les activités manuelles et là, on s’est mis à parler de travail et rapidement, on l’a rémunéré, le job.

À propos de salaire, moi, pendant onze ans, je n’ai pas été augmenté, ici, là où je suis encore embauché. Alors que je suis reconnu pour être un mec sur qui on peut compter. Bon, l’an passé, on m’a royalement octroyé 5% que j’ai trouvés un peu chiches mais que j’ai pris quand même. Ce petit aparté pour vous dire que quand on ne gagne pas beaucoup ou quand on n’est pas souvent augmenté, il y a une expression très appropriée que j’aime bien pour dire ça : être pauvre comme Job : ce n’est pas en faisant le job que tu t’enrichiras. J’en sais quelque chose.

Revenons à notre travail et à nos instruments de torture. On est donc en droit de se demander si le fait de travailler n’est pas une torture en soit. Regardez encore un autre exemple, au hasard, moi : je dois me lever à 2h ou 2h30 parfois 3h de la nuit pour aller travailler. Qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas un supplice ou un calvaire. Et puis, on dit bien aussi qu’une douleur nous travaille quand elle est trop présente. Si ça n’est pas une preuve, ça… En tout cas, moi, je pense que le travail, c’est peut-être la santé mais demandez à ceux qui ont subi le tripalium, il y a environ deux mille ans !...

Me voilà donc au bout de ma démonstration. Je pense que j’ai fait un bon travail en vous parlant de tout ça. Un bon travail car je suis sûr que ça vous a un peu pris la tête. Moi, de mon côté, je m’en fous, je suis en vacances jusqu’au 24 septembre compris.

09 septembre 2018

l'autoroute fleurie

Tout à l’heure, nous prendrons l’autoroute fleurie pour rentrer à Bordeaux. Nous ferons deux équipes de deux : mon père et moi, devant et ma mère et le président, derrière. Nous écouterons des chansons enregistrées sur une clé USB que j’ai toujours dans la voiture. Enfin, nous essaierons d’écouter des chansons car je les connais, les deux de derrière (les fagots), ils ne vont faire que parler, parler, parler tout comme nous allons avaler des kilomètres, des kilomètres, des kilomètres. Et parfois, au milieu de leurs discussions, nous entendrons des bribes : « Tu parles trop, j’entends du soir au matin, les mêmes mots, toujours les mêmes refrains…bla, bla, bla, bla… »

Nous rencontrerons probablement un ou deux ralentissements et surtout, nous croiserons peut-être un accident, de l’autre côté, chez ceux qui rentrent plutôt vers Paris. Et là, au moment de passer devant l’endroit précis de l’impact, nous verrons surtout des ambulances et des voitures de pompier, ainsi que la police. Et nous aurons une pensée pour ces pauvres gens qui auront été blessés voir pire. Et dans le lot, il y aura peut-être un enfant. Ou plusieurs. Qui venait juste de faire sa rentrée. Et on se dira que franchement, toutes ces fournitures achetées pour si peu. Mais on se consolera en se disant que Nordhal Le Landais n’y sera pour rien, cette fois. « Prendre un enfant par la main et l’emmener vers… »

À l’approche de Bordeaux, je pense que je m’arrêterai pour faire le plein et si j’ose, je passerai la voiture aux rouleaux pour la rendre un peu moins sale. Car les autoroutes, loin d’être fleuries, elles dégueulassent surtout les automobiles. Mon pare-brise sera plein de cadavres d’insectes probablement pas tous suicidaires. Et nous ne serons pas mécontents d’arriver à la maison, douce maison. Le week-end en famille n’aura pas été que de tout repos mais nous serons heureux, malgré tout car ça fait du bien même si nous serons contents de nous retrouver au calme. « La famille, ça fait partie, des p’tits soucis quotidiens et pourtant, c’est une vie qu’on aime bien… »