C'est écrit

14 octobre 2019

« pourquoi il nous agresse, lui ? »

Dimanche, vers 17h30 à Bordeaux, place Pey Berland, je monte dans un tram qui va me ramener chez moi. Normalement. Je n’aime pas trop prendre le tram après une certaine heure car en semaine, c’est souvent bondé à cause de l’heure de pointe (comme disent les danseuses étoiles) ou parce que certaines rames ne vont que jusqu’aux Quinconces pour permettre une meilleure régulation du trafic. Mais le dimanche, a priori, non. Il n’y a pas d’affluence à l’heure de sortie des bureaux puisque ces derniers sont fermés. Et il n’y a pas besoin de réguler la circulation des trams. Alors, je monte dans celui qui va me ramener chez moi avant mon déplacement à Lyon et à Paris, demain et mardi.

À peine suis-je assis qu’un bruit insupportable vient nous casser les oreilles, à tous les passagers (ou presque) et à moi (en totalité), ça doit être du rap mais avec le son à une force assez incroyable. Quatre jeunes blacks un peu éméchés (chacun a une bière entamée à la main et celui qui est peut-être le meneur en porte également un pack à bout de l’autre bras) et nous sommes tous un peu stupéfaits d’un tel vacarme et tous, ou presque, nous nous résignons en pensant que nous allons devoir supporter ça pendant une, deux, trois, quatre (ou plus) stations. Même le traminot a jeté un œil mais s’est abstenu car que faire contre quatre jeunes alcoolisés qui semblent n’avoir aucune notion du mot respect.

Un passager vient leur dire d’arrêter la musique. Et les quatre blacks commencent à monter le ton car ils se sont sentis agresser de ne pas avoir entendu un seul s’il vous plaît. De part et d’autre, entre les voyageurs qui ont sauté sur cette occasion pour dire que le passager avait raison de leur dire d’éteindre leur bruit et les quatre jeunes qui ne veulent en faire qu’à leur tête, les voix s’élèvent, on a l’impression qu’on va même assister à une bagarre. Je n’en mène pas large car je suis une véritable éponge, je ressens toute l’agressivité en moi. Finalement, tout le monde descend au bout de trois stations et les agents de sécurité appelés à la rescousse par le chauffeur ne peuvent rien constater. Moi, je vais en retenir que plus ça va, moins ça va.


13 octobre 2019

tu sais ce qu’il te dit, le vieux ?

Hier après-midi, en allant en ville et en particulier chez ma pharmacienne préférée (sauf quand ce n’est pas elle qui me sert, mais ses employées ou son associée), j’ai aperçu un ancien voisin puisque l’apothicaire que je fréquente était juste en bas de chez moi, quand j’habitais dans l’hyper-centre. Et l’ancien voisin, c’est un commerçant, un vendeur de choses que je n’achète pas, des trucs pour les téléphones et autres signes extérieurs de réseaux sociaux. Avec Fatima, qui bosse à la fausse boulangerie, ce sont les deux seuls que je salue encore. Et Franck, le vendeur d’inutiles, m’a dit, en me tendant la joue pour qu’on se fasse la bise : « Que t’arrive-t-il, tu es tout en âge ? »

Bon d’accord, on ne s’est pas vus depuis des mois et des mois mais j’ai vieilli tant que ça ? En plus, comme je transpirais comme ce n’est pas permis, j’étais aussi tout en nage. Ce n’est quand même pas très élégant, cette façon de dire que le temps a passé depuis notre dernière fois où on s’était croisés. Je me suis retenu de lui crier : Tu sais ce qu’il te dit, le vieux ? » Mais comme je l’aime bien et que je suis bien élevé (malgré mon mètre soixante-neuf – qui n’a rien d’érotique), je me suis abstenu et je me suis tu. Il n’empêche que quand il m’a dit que c’était agréable, le retour du soleil après tous ces derniers jours un peu plus vieux, je me suis demandé s’il ne le faisait pas un peu exprès.

Mais le pompon, le comble, c’est quand il m’a demandé si je cultivais toujours des herbes et des tomates cerise sur ma terrasse : « Il en est où, ton pote âgé ? » Bon, on le sait que le président a 14 ans de plus que moi et que donc, il est nettement plus âgé que moi mais ce n’est pas son pote, à Franck. Et comme je devais avoir l’air un peu contrit voire marri, il m’a dit que j’avais l’air trop sérieux et m’a posé une dernière question : « Qu’est-ce que je peux faire ou dire pour que tu te des rides ? » Mais non putain, je n’ai pas encore soixante ans, pas tout à fait, alors, je ne suis ni vieux, ni ridé. Qu’on se le dise. Et qu’on me foute la paix avec ça. Déjà que ça n’est pas facile tous les jours…

12 octobre 2019

se recycler

Voyons voir… Si je devais me recycler, dans quoi pourrais-je exceller ? Dans quel secteur pourrais-je faire mon beurre et l’argent du beurre et le cul du crémier. Rhôôô, que ne me faites-vous pas dire !

En premier lieu, je pourrais enfin écrire un roman, qui constituerait le socle d’une future grande œuvre qui serait reconnue universellement dans les siècles et les siècles à venir (amen) même après la fin du monde car on ne peut rien contre la littérature.

Ou alors, je pourrais tenter de jouer au loto mais pas en tant qu’amateur, comme la plupart de tous ceux (et ils sont nombreux) qui pensent que le hasard fera le boulot et la chance, le reste. Non, moi, je créerais la martingale qui me rendra implacablement milliardaire.

Je pourrais me séduire une vieille dame avec un peu d’argent et me faire coucher sur son testament en m’arrangeant pour que notre union ne dure pas trop longtemps. J’en connais presque une depuis deux jours. Je ne l’ai pas encore rencontrée mais j’ai entendu parler d’elle.

Mais je n’ai pas envie de coucher pour réussir. Alors, tant pis pour le bonheur avorté avant d’avoir éclos de cette vieille dame très chic, cette Françoise dont je tairai le nom parce que, tout simplement, je ne le connais pas. Dont acte.

Je pourrais enfin montrer que je suis capable de vendre du lait à une vache, à dix vaches, à cent vaches et même à mille vaches. Parce que depuis chez moi, devant mon ordinateur, je suis le meilleur, invincible et rien me résiste. Mais bon, on verra demain, pour ça.

Une autre idée que je pense être bonne, afin de redonner un peu de dignité à certaines vieilles dames abandonnées : proposer des stérilets dans les maisons de retraite. Donner à ces femmes qui ne seront plus jamais mères, l’illusion qu’elles pourraient l’être encore…

Une autre forme de recyclage qui m’irait bien, ce serait de trouver une mallette avec beaucoup d’argent ou de diamants bruts. Et je partir à Amsterdam pour les vendre. Ou dans un paradis fiscal, si ce sont des billets. Et ouvrir un compte dans une banque discrète.

Non, finalement, ma fainéantise et ma fumisterie m’empêchent de me lancer dans quelque nouvelle aventure que ce soit. De tout mettre en branle pour changer ma vie. Plus tard, peut-être…

11 octobre 2019

hier, j’ai eu 80 ans

Il y a des jours, comme ça où on se sent moins. Non pas qu’on se sente moins bien ou moins pire, non, on se sent tout simplement moins. Ce sont des jours sans. Des jours de peine. Des jours à la peine. Et hier, malgré une matinée très constructive et positive, je me suis traîné tout le reste du temps. Comme si mon corps avait pris vingt ans dans la gueule. Comme si je m’étais pris un élixir de vieillesse. Je me suis senti courbatu et même court battu. Comme si j’avais eu double ration de coaching avec un prof de gym pervers alors que pas du tout, c’était mardi, le cours avec Carlos et ça va, depuis, je m’en étais bien remis. Non, cette lassitude physique, ce vieillissement prématuré, ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir.

Je repense à la chanson de Barbara, « Le mal de vivre », qui ne prévient pas et qui arrive, qui vient de loin, qui s’est traîné de rive en rive, la gueule en coin… Eh bien voilà. C’est ça, que j’ai vécu, que j’ai subi, hier. C’est cette espèce de mal-être de vivre. Pas le mal de vivre, non, le mal-être de vivre. Et j’ai passé beaucoup de temps sur le canapé histoire de me rendre utile auprès de mes neurones : certains avec un bouquin, d’autres avec des épisodes de série en replay car maintenant que la fibre est réparée, je peux tenter de rattraper le temps perdu. Un part, une toute petite part de temps perdu. Et ça m’a bien occupé. L’esprit, en tout cas. Pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, je ne pensais pas à mon état et ni à mes inquiétudes.

J’ai quand même eu le temps de me souvenir de mes soixante ans, il y a vingt ans de cela. Ça m’est revenu en mémoire comme si ça datait de la veille. Pour un peu, j’aurais vraiment cru que ça datait de la veille. Et je me suis mis le doigt (lequel ?) dans l’œil (lequel ?) et j’ai eu mal au dos. Ou mal aux reins. Et je me suis senti devenir vieux. Déjà que je suis plutôt petit, ça m’a rendu petit vieux. Mais j’espère qu’aujourd’hui, ça va aller mieux. Tout à l’heure, j’ai évoqué la grande Barbara. Je vais faire un grand écart culturel, sans ironie, et là, parler d’Annie Cordy : « Ça ira mieux demain, ça ira mieux demain, comme tout finira bien, il faut profiter du jour qui vient… » Parce que demain est toujours un autre jour. Et aujourd’hui, c’est justement demain.

10 octobre 2019

je veux bien jouer dans un porno mais…

S’il s’agit de me faire du fric (pas mal de fric) sans trop me fatiguer, on m’a parlé de l’industrie du sexe. Comme je ne peux plus devenir gigolo ni même escort-boy, on m’a conseillé les films pornographiques. Non pas en tant que spectateur, non, en tant qu’acteur. Et j’avoue que, après l’effet de surprise passé, j’y ai sérieusement réfléchi. Parce que, à mon âge, je n’aime pas me lancer dans tout et n’importe quoi sans y avoir vraiment pensé avant. Quitte à faire une bêtise voire une connerie, autant la mûrir avant de s’y mettre. Tant qu’à avoir des regrets, autant que ça en vaille la peine. Et donc, j’ai passé deux jours à y penser très fort. J’ai pesé le pour et le contre.

Dans le « pour », le premier argument, c’est justement le niveau de salaire ou d’émoluments, plutôt, que je serais amené à recevoir, c’est-à-dire, si ça marche bien, peut-être un an de revenus sur un seul mois de boulot, au pire, deux mois. Et si en plus, je peux en toucher une partie en espèces, c’est encore plus juteux, si je puis dire. Le deuxième argument en faveur d’une nouvelle carrière d’acteur pornographique pour moi, ce serait de rencontrer des gens un peu différents de d’habitude. Il s’agirait pour moi d’élargir mon cercle de relations. Et chaque expérience est toujours source de richesse personnelle, intellectuelle et humaine. Le troisième argument ? Je n’en ai que deux.

Dans le « contre », il y a plusieurs choses. La première, c’est que je n’aimerais pas que mes parents tombent sur les films de cul dans lequel j’aurais pu tourner. En même temps, c’est vrai aussi qu’à leur âge, 83 et 86 ans, il y a peu de risques qu’ils en matent en douce, certains soirs, quand il n’y a rien à la télévision. La deuxième chose, c’est que je veux bien jouer à l’acteur porno mais je ne veux aucun produit dopant, aucune substance illicite sur les plateaux. La troisième chose, je veux prendre un pseudonyme qui en vaille la peine et j’ai besoin de temps pour trouver celui qui fera l’affaire. Enfin, quatrième chose : je refuse d’être filmé tout nu. À prendre ou à laisser. C’est mon dernier mot.


09 octobre 2019

de l'utilité (ou pas) des lunettes sous la douche

Ça fait des semaines… non, ça fait des mois et des mois qu’à la salle de gym, il n’y a pas d’eau chaude dans les douches. Ils le savent, les membres du personnel, la direction et tout et tout mais rien n’y a fait, si on voulait repartir propre et sentant bon après une séance, il fallait supporter la douche froide et moi, la douche froide, ça me fait l’effet d’une grosse douche froide. Je n’aime pas tellement beaucoup ça. Ça m’empêche de m’y sentir bien, sous l’eau, quand elle me glace. J’ai même l’impression que ça ne me lave pas, que ça ne me rince pas et, comme pour la vaisselle, j’ai la sensation que je n’arrive pas à bien m’essuyer, après.

Et pourtant, la semaine dernière, on m’avait dit que c’était (de nouveau) réparé. Tu parles, Charles, que nenni, que nenni ! J’ai tenté deux cabines différentes et les deux fois, j’ai été pris par surprise tant c’était froid de chez froid. Alors, hier, j’en ai parlé avec Carlos, le coach, une énième fois et il m’a conseillé de mettre une mauvaise note sur le site de la salle et de dire pourquoi. Oui, mais avant, j’ai bien sûr tenté ma chance une nouvelle fois et ce coup-ci, c’était le bon : l’eau a été immédiatement chaude. Seulement voilà, je ne voudrais pas passer pour un râleur patenté (quoique… quoique…) mais hier, l’eau comme par hasard, l’eau était chaude.

Certes elle était chaude mais, finalement, bien trop chaude, à la limite du supportable. J’ai failli aller rouspéter à l’accueil en partant. Je me suis retenu car je ne pouvais décemment pas. La seule chose dont j’ai pris conscience, hier, à 11h07, environ, c’est que, au moment d’y aller, dans les douches, j’ai dit au patron (qui vient travailler avec moi quand il y a coach) que j’allais laisser mes lunettes dans mon casier de vestiaire. Je préférais ne pas prendre de risque. En tout cas, pas celui de voir arriver de l’eau encore trop froide à mon goût. Mais j’aurais peut-être dû les garder malgré tout car j’aurais alors peut-être pu la voir arriver trop chaude. Je n’ai pas une vie facile, c’est sûr.

08 octobre 2019

il est interdit de faire pipi contre ce blog

À partir d’aujourd’hui, 8 octobre 2019, il est désormais interdit de faire pipi contre ce blog. Parce que ça ne se fait pas, en tout premier lieu. Et parce qu’il y en a marre de découvrir des traces jaunes, séchées, régulièrement, les lendemains de soirées festives auxquelles je ne suis jamais invité. Et n’allez pas croire que j’aie décrété un tel arrêté parce que j’étais vexé, non, non, non. J’ai décidé cette interdiction d’uriner contre ce blog tout simplement parce que moi, je ne le fais pas aux autres. Et comme ça se dit dans les porcheries, depuis la nuit des temps : je ne fais pas aux truies ce que je n’aime pas qu’on me fasse. Sans oublier qu’il faut savoir si c’est du lard ou du cochon.

Pendant que j’y étais, j’ai également décidé d’interdire aux gens morts de publier des commentaires suite à la publication de mes billets. Parce que leur avis m’importe finalement assez peu pour ne pas dire totalement. J’aime beaucoup les gens morts quand je les ai aussi aimés vivants mais leur avis d’outre-tombe n’a plus aucune valeur. Si encore c’était pour nous dire comment ça se passe, là-bas, derrière, dessous ou dedans, je veux bien ouvrir un dialogue mais là, non, si c’est juste pour me dire : « Tu aurais pu dire ça autrement » ou « Moi, à ta place, je n’aurais pas écrit ça », je n’en ai rien à faire. La critique est aisée mais le lard est difficile. Et quand on passe son temps à ne plus rien faire…

Enfin, j’ai décidé que désormais, il sera définitivement interdit de me faire manger des tomates avec de la moutarde. Ça peut sembler anodin, comme ça, pour les autres, mais pour moi, c’est un sacrilège de voir que dans toutes les tartelettes à la tomate, les gens se croient obligés de mettre une couche de moutarde juste sur la pâte. Ça tue le goût de la tomate. Et moi, la tomate, je l’aime de la façon la plus naturelle possible. Tiens, cette année, alors que les noires de Crimée étaient particulièrement bonnes, je ne me suis jamais autant régalé qu’en les mangeant avec seulement du sel, du poivre, du basilic et des petits morceaux de feta. Sans huile. Sans vinaigre. Et sans moutarde.

07 octobre 2019

je dis... je dis... je dis

Je n’ai pas l’habitude de dire les choses tout de go, j’aime bien prendre des chemins de traverse, j’aime bien les circonvolutions et les circonlocutions. Ça me permet de m’amuser avec les mots, avec les lettres, avec les phrases. Et j’aime bien la Grèce. Et pour y aller, là aussi, je préfère y aller par quatre chemins. Du cop à l’âne. C’est toujours comme ça, quand je dis Grèce.

J’aime beaucoup l’océan, plus que la mer. Je suis un enfant de l’Atlantique, moi, pas de la Méditerranée. J’ai passé toutes les vacances de mon enfance à Fouras, la ville du père du même nom, mais je préfère nettement la station balnéaire au personnage de Fort Boyard, qui m’agace prodigieusement. Je reste dans le flou car c’est mieux quand je dis vague.

Avoir un amant exceptionnel, ça n’est pas donné à tout le monde. Ai-je déjà connu ça ? Oui. Mais pas que. Des relations exceptionnelles, j’en ai connus quelques-unes, pas tant que ça mais quelques-unes. Et elles restent précieuses au fond de mon cœur, comme les pierres du même nom. Parce que chaque histoire d’amour est un trésor. C’est ça, quand je dis amant.

Il m’arrive d’être fatigué. Plus souvent qu’à mon tour. Mais j’essaie de ne pas me plaindre et de ne pas y prêter attention. Parce que le mieux, pour moi, c’est d’avancer, encore et toujours. Ne jamais se laisser abattre. Et tant pis si on a les yeux un peu éteints. Tant pis si on a l’impression de ne pas pouvoir les ouvrir vraiment. Moi, si je suis KO, je dis cerne.

Le poète, qui a toujours raison, a dit d’elle qu’elle était l’avenir de l’homme. Oui mais aussi son histoire car sans elle, pas d’homme, si grand puisse-t-il devenir. Nous leur devons tout dont l’essentiel : la vie et moi, rien que pour ça, je ne les considèrerai jamais comme des personnes inférieures. J’ai trop de respect pour elles. Moi, je dis femmes !

J’aime bien les prépositions, les conjonctions et les adverbes. Tous ces petits mots qui ne sont pas d’amour mais qui meublent bien nombre de phrases. Les « donc », les « alors », les « de ce fait » et tant pis si j’en abuse plus que j’en use quand j’écris. Ils font partie intégrante de ce que je peux appeler mon style. Et moi, quand j’écris, je dis « certes » facilement.

Il a crachiné en fin de matinée, hier, au retour de la promenade des chiens. Et comme je venais de rentrer chez moi, ça ne m’a pas dérangé. Mais j’ai repensé à la terrasse en bois de chez le patron. Quand c’est mouillé, ça peut glisser. Je ne sais pas si ça vient des lames de bois. Il est possible que la pluie les fasse bouger, tout comme la chaleur. Moi, je dis lattes !

06 octobre 2019

pas chaud pour la saison

Hier après-midi, après déjeuner, vers 14h, je me suis installé dans un fauteuil relax, sur la terrasse. Il y avait un rayon ou deux de soleil et je me suis dit qu’il fallait en profiter car ce genre d’occasions se présenterait de moins en moins souvent, d’ici la fin de l’année car, jusqu’à preuve du contraire, pour l’instant, pas d’été indien en vue… Et j’étais bien. J’ai tombé le petit blouson de soie léger que j’avais enfilé à la hâte au cas où car, sous la chaleur étonnante de l’astre luisant, j’ai eu peur de transpirer plus que de raison et hier, comme je ne portais pas de très, très, très jolie culotte pour fuites urinaires… Vous comprenez l’allusion, j’espère ? Bref, comme dirait la dernière goutte au moment de tomber dans l’eau, bref, donc, j’étais bien. J’avais en vue de terminer le bouquin que j’étais en train de lire depuis deux jours.

J’avais le soleil dans l’œil, ce qui est nettement moins douloureux qu’un compas car je tenais le livre en face de ma figure pour faire contre-jour. Et, outre que ça me fatiguait un peu le bras gauche, ça me permettait de lire sans être totalement aveuglé. Il ne devait me rester qu’une cinquantaine de pages à lire avant de fermer définitivement ce thriller haletant et j’avais vraiment l’intention d’aller jusqu’au bout. Ça n’est pas si souvent que je suis capable d’aller au fond des choses, dans ma vie personnelle, parce que dans ma vie professionnelle, j’étais plutôt réputé pour ça, entre autres. Et j’avançais, page par page, pris dans un certain feu de l’action et je me disais que j’avais de la chance de pouvoir lire dehors, comme ça.

J’avais de la chance, oui, assurément. Jusqu’à un moment où un nuage foncé (pour ne pas dire « noir » – restons politiquement correct, pour une fois !) a masqué le soleil. Ce n’était pas la première fois de la journée mais ce coup-ci, ce coup-là, cahin-caha, le nuage était plutôt du genre… comment dire ? Plutôt du genre obèse de chez obèse et là, il m’a soudain sauté à l’esprit que je ne reverrais pas l’astre de feu avant un bon moment. Et au même instant, j’ai senti comme un froid passer sur moi et je me suis alors dit qu’il fallait que je me replie sous ma tente. Et je suis allé sur le canapé, avec un peu de regret mais rassuré de me sentir plus à l’abri d’un éventuel grain. Et après, j’ai terminé le lire le bouquin. Et j’en ai été presque triste. Comme le temps, subitement. Que voulez-vous, franchement pas chaud pour la saison.

05 octobre 2019

ma culotte pour fuites urinaires est vraiment jolie

Je me demande si je n’ai pas déjà utilisé le même titre pour un billet précédent, cette année* mais tant pis, si je me répète c’est justement parce que ma culotte pour fuites urinaires est vraiment très jolie. Non, elle n’est pas très jolie, excusez-moi, je me suis trompé. Elle n’est pas très jolie, elle est très, très jolie. Et peut-être même très, très, très jolie. Et retenez-moi, sinon, j’en ajoute encore des dizaines, des « très », quand je suis lancé, je suis capable de ne pas, de ne plus avoir de limites.

C’est d’ailleurs plus pour ça que j’utilise des culottes pour fuites urinaires (mais attention, que des très, très, très jolies, hein ?) parce que je n’ai aucune limite quand j’écris. Et en réalité, je détourne mes culottes de leur fonction première, c’est-à-dire que j’en mets toujours une quand je me mets devant le clavier de mon ordinateur. Parce que j’ai beau essayer d’écrire aussi vite que je pense, bien souvent, je me laisse déborder. Et mes idées postillonnent comme si j’avais des pertes. Et j’en ai !...

Alors, le mieux, c’est de me protéger. Parce que moi, les bavures, les éclaboussures, il n’y a pas que chez les autres, que ça me dérange, chez moi aussi. Quand c’est moi qui commence à fuir (même si ce n’est pas devant le danger ou l’adversité), ça me pose problème. Je n’aime pas quand je me sens tout timide… Non, je voulais dire tout humide. Vous voyez, ça y est, j’ai commencé à avoir de la fuite dans les idées, là, en écrivant ces quelques lignes probablement percées. Il faut que je m’éponge.

C’est vrai aussi que parfois, quand je m’emporte dans le flot des mots, je peux être sujet à quelques transpirations excessives pour peu que je me prenne au jeu de mes phrases. Et alors, c’est la raison pour laquelle je devrais toujours avec une serviette de bain à mes côtés mais j’ai trouvé que les culottes très, très, très jolies pour fuites urinaires faisaient très bien l’affaire. Que je peux qualifier dans le sac, du coup, à défaut d’être dans le sec. C’est tordu, tout ça, je vous le concède.

Enfin voilà, quoi, je mouille quand j’écris. Je mouille parce que j’écris avec ma sueur, avec mes larmes (de chagrin ou de rire), avec la buée que j’expire à chaque fois que je meurs un peu plus, jusqu’au jour où je n’aurais plus besoin de m’essuyer parce que pour le coup, je ne serai probablement vraiment plus en vie et alors là, je n’aurai plus besoin de mes très, très, très jolies culottes pour fuites urinaires. Il va donc falloir que je réfléchisse à qui je vais pouvoir les léguer, quand ça sera la fin.

* le 7 juillet dernier, justement