C'est écrit

20 juin 2021

ce sont vraiment des privilégiés

Putain ! Tu as entendu ce qu’ils viennent de dire aux infos ? On aménage les horaires des ouvriers du bâtiment et des travaux publics parce que les températures seraient trop élevées pour leur permettre de bosser dans des bonnes conditions. Non mais je te jure, il y en a qui ne sont pas gênés. Je suis sûr qu’ils sont allés se plaindre qu’il faisait trop chaud. Ce sont vraiment des feignasses, ces ouvriers ! Des tire-au-flanc ! Tu parles, quand il s’agit de respecter les horaires, il n’y a plus personne. Des petites natures qui sont obligées de se lever plus tôt pour commencer plus tôt, tu parles, c’est pour finir plus tôt, oui. Respecter les horaires, parfaitement ! Nous, les horaires, on les respecte. Particulièrement quand on fait grève car là, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi !

Non mais, tu ne vas pas me dire qu’ils ont un métier difficile, les ouvriers du bâtiment ou des travaux publics. Eux, ils sont dehors, ils ont la chance de ne pas être enfermés dans une cabine de train avec la responsabilité de centaines de personnes. On n’a pas le droit au moindre accident, nous. Eux, des accidents, ils ne peuvent pas en avoir. Ou alors, ils le font exprès. C’est pour se faire donner des arrêts de travail. Des feignasses, je te dis. Parce que eux, ils commencent le matin, ils terminent l’après-midi. Et même que si ça se trouve, ils font une pause déjeuner. Alors pour moi, ça, tu vois, ce sont vraiment des privilégiés et ils n’ont aucune pudeur. Parce qu’ils osent se plaindre. Tu imagines si nous, à la SNCF, on osait dire le dixième de ce qu’ils disent quand ils se plaignent ? C’est honteux.

Ah bon, ils ne se sont pas plaints ? C’est juste leurs patrons qui ont voulu être gentils avec eux ? Eh bien voilà, c’est la preuve que les patrons, ce sont tous des vendus. Nous, notre patron, il est loin d’être à notre écoute. Et quand on lui fait savoir qu’on a froid, parfois, dans les cabines de TGV, avec la climatisation qui se dérègle, de temps en temps, personne ne nous répond. Alors moi, tu comprends, les ouvriers qui se plaignent de leurs conditions de travail, ça me fait bien rire. Non, ça ne me fait pas rire, ça me donne envie de faire grève car ça me met très en colère, tous ces gens qui ne savent pas faire autre chose que se plaindre. Pardon ? Il y a une mouche qui a pété dans un bus, à Bordeaux ? Droit de retrait ! Droit de retrait ! La SNCF solidaire des chauffeurs de bus ! Grève ! Grève ! Grève !


19 juin 2021

à trois jours : des présentations importantes

Bon, la fête est prévue dans trois jours, le temps passe vite et j’espère que nous serons prêts à temps. Nous partirons demain pour nous rendre sur le lieu que j’ai réservé à cette occasion mais je ne peux toujours pas en dire plus, ça doit rester une surprise sinon, ça n’aura servi à rien que je fasse un peu durer le suspense depuis environ trois semaines. Avec Chouchou, nous travaillons d’arrache-pied et je pense que ça ne devrait pas être trop mal mais comme on ne peut jurer de rien…

Tout le monde ne se connaît pas dans la dizaine d’invités d’honneur. Mais je crois que je vais être obligé d’en faire se rencontrer deux en particulier car ils vont m’être utiles pour l’organisation de la fiesta. Et justement, Chouchou, tu peux venir un instant, tu termineras ce que tu fais un peu plus tard, il n’y a pas d’urgence, tant que tu ne t’occupes pas de moi, rien n’est important (j’ai les moyens de me payer ce luxe, autant vous dire que j’en profite voire, j’en abuse, après hein, ça ne mange pas de pain…)

Chouchou, je vais te présenter quelqu’un et j’aimerais que tu restes discret car toi, je ne peux pas te présenter à lui. Tu sais tout autant que moi pourquoi, tu n’existes que dans mon imaginaire donc, ça reste très alambiqué et comme on a affaire à quelqu’un qui est loin d’être d’avoir un haut potentiel, autant ne pas le perturber plus que de raison. Je sais, je ne manque jamais une occasion de dire des vacheries sur lui mais c’est lui qui est venu me chercher, moi, je vivais très bien sans lui, en réalité.

Tiens, justement, voilà Jean-Michel. Salut, Jean-Michel, tu vas bien ? Salut Stéphane. Tu n’es pas seul ? Pourquoi ? Je ne t’ai pas entendu parler, là, quand j’arrivais chez toi ? Oh, tu sais, Jean-Michel, je me parle tout seul plus souvent qu’à mon tour. Tiens, assieds-toi, je reviens. Pssst, Chouchou ? Viens ! Tiens, Chouchou, je te présente, Jean-Michel, il sera là mardi prochain pour la fête, j’ai été obligé de l’inviter, il est devenu incontournable, dans mon blog depuis plus d’un an, maintenant…

Jean-Michel, je ne te présente pas Chouchou. Ah d’accord. Mais il faut que tu saches qu’il est à mon service mais que moi seul peux le voir, l’entendre et lui parler. C’est mon homme de main, mon majordome imaginaire. C’est lui qui va m’aider le plus, mardi prochain, pour la réception. Ah d’accord. Donc, ce n’est pas la peine que je lui dise que je suis prof de sports rectangulaire (le prof, pas les sports, hein ?) ? Non, ce n’est pas la peine. Reste juste tel que tu es, lui, il s’occupe du reste.

18 juin 2021

est-ce que tu me pleureras quand je serai mort ?

Je crois que j’ai terminé la bande-son de ma future crémation (date à définir), je pense qu’elle sera réussie et je trouve ça particulièrement dommage de savoir que je ne pourrai pas en profiter moi-même puisque je serai en train de brûler, non pas en enfer mais dans un four pour qu’il ne reste plus que des cendres de qui j’ai été, ici-bas. Cette bande-son, elle est variée, il y a du classique, de l’opéra, de la variété et un peu d’électronique. Je pense que je vais même enregistrer un ou deux poèmes de moi et un petit mot pour dire au revoir, au tout début, avant que les musiques ne se fassent entendre. Je crois que ça sera peut-être un joli spectacle et moi qui aime bien monter sur scène, je me dis que ça aurait été sympa qu’on fasse une répétition générale pour que je me rende compte…

En tout cas, comme on ne connaît évidemment pas encore la date de mon décès et donc de ma crémation, je me dis que la liste des personnes à prévenir (sans obligation de venir assister à la chose) risque de ne pas être immuable. C’est vrai ça, peut-être que parmi les noms que j’ai sélectionnés, il y en a qui auront disparu avant moi. Et peut-être que j’en aurai perdu certains de vue. Et peut-être y en aura-t-il des nouveaux. Ma foi  (quelle ironie !), c’est encore heureux qu’on ne puisse pas savoir tout ça d’avance. Je déteste cette idée de destin et/ou de fatalité. Pour moi, tout est hasard(s) et/ou coïncidence(s) mais il y en a quand même qui me tiennent à cœur. Cela dit, je ne pourrai rien organiser ni régler moi-même concernant les proches car je ne serai plus là, sans doute.

Mais toi. Oui, toi. Est-ce que tu seras là, quand moi je n’y serai plus ? Et est-ce que tu pleureras quand je serai mort ? Quand tu apprendras que je viens de disparaître ou que j’ai disparu depuis un certain temps ? Oui toi, est-ce que tu viendrais à l’hommage qui me sera éventuellement rendu au crématorium et ensuite, pour la dispersion de mes cendres ? Tu veux que je te dise franchement ? Je ne sais pas si j’en ai réellement envie. Dans l’idée, ça me ferait peut-être plaisir de savoir que oui, tu pourrais être là et pleurer ou pleurer et être là ou encore pleurer mais ne pas être là. Mais est-ce bien utile ? La présence physique ne fait pas tout. Si je suis dans ton cœur, ça sera déjà beaucoup. Alors tu sais quoi ? Je te propose de faire comme tu le sens à partir du moment où tu sauras, pour moi.

17 juin 2021

quand et comment font-ils pipi ?

Dimanche dernier, en fin de journée, je me suis demandé comment faisaient les finalistes de Roland Garros quand le match dure plus de 4 heures, par exemple ? Comment ils faisaient pipi, je veux dire. Je sais qu’ils sont jeunes et qu’ils n’ont a priori pas de souci de prostate mais quand même. Dès qu’ils peuvent, ils boivent une ou deux gorgées d’eau et je sais aussi qu’ils transpirent beaucoup mais bon, ceci n’explique pas tout, il y a bien au moins un moment où l’envie de pisser devient pressante voire incontournable. Y a-t-il des choses qu’on ne nous montre pas à la télévision, quand c’est retransmis en direct ? Quand c’est en différé, ce qui est rarissime, on peut jouer sur le montage vidéo mais là, en direct ? C’est vrai ça, moi, j’avais envie pour eux. Et je me suis levé plus d’une fois pour y aller, moi. Oui, bon, c’est vrai qu’en regardant le match, je sirotais un café très, très dilué et de l’eau pétillante.

Après, vu le nombre de coupures de publicités qu’il y a sur une chaîne publique comme France 2, pendant un match de finale « messieurs » de Roland Garros, peut-être qu’ils ont le temps d’y aller à ce moment-là puisque les caméras ne montrent plus rien pendant qu’on nous parle de hamburgers bons pour la santé, de culottes pour fuites urinaires qui sont jolies et de banques qui disent penser à l’humain en priorité. Maintenant, les coupures publicitaires ne durent pas longtemps, ils doivent y aller très, très, très vite, aux urinoirs, les joueurs, sinon, ils n’auraient pas assez de temps. Et ils doivent être tout près du Central. Et c’est pour ça que leurs shorts n’ont pas de braguette, ils n’auraient jamais le temps de la reboutonner avant la reprise du match en direct. Les pauvres, oui, je me mets à leur place, ça doit être une souffrance supplémentaire de gérer ça, en plus du mental.

En tout cas, je suis toujours aussi surpris quand je vois qu’on est capable d’emmerder les téléspectateurs avec des images d’une finale d’un tournoi du grand chelem au milieu d’excellents mais trop brefs sports publicitaires. Maintenant que j’ai dit ça, ça me fait une belle jambe. Bon, pour en revenir au sujet du jour, oui, je continue de me poser la question : comment font-ils pour faire pipi, les joueurs de tennis quand un match dure plus de trois ou quatre heures ?  D’ailleurs, moi-même qui en ai fait à un niveau modeste, quand j’étais pré-ado (au siècle dernier, quand le tennis était encore en noir et blanc), inconsciemment ou non, si je ne suis pas allé très loin, c’est justement parce que savais qu’un jour, ma prostate me jouerait des tours. En tout cas, Stéfanos, ce n’est pas grave, ce sera pour une autre fois. Je sais, moi, que ce n’est pas toujours facile de s’appeler Stéphane

16 juin 2021

affaire bien conclue

L’autre jour, en me promenant dans les allées de la foire à la Brocante, place des Quinconces, à Bordeaux, je suis tombé en arrêt devant une superbe sculpture apparemment en bronze sur un socle en marbre, représentant une panthère de style art-déco. Ça m’a interpelé car le patron en a une dans le même genre et forcément, qui se ressemble s’assemble et donc, je suis resté un moment à la regarder en me retenant de la toucher car avec les gestes barrières, ça n’était pas vraiment conseillé. D’autant qu’il faisait très chaud, ce jour-là et que je transpirais forcément un peu des mains. Quand le vendeur s’est rendu compte que je restais assez longtemps devant cette belle œuvre, il est venu vers moi et m’a demandé si j’étais intéressé par quelque chose en particulier. « Non, je regarde ! »

Je suis parti pour aller chercher mon tram afin de rentrer chez moi mais je n’ai pas pu faire autrement que revenir en arrière et aller revoir cette magnifique sculpture. Je voulais juste en connaître le prix affiché pour le diviser mentalement par environ deux. Et là, le vendeur m’a sauté dessus : « Elle est à 4000 ! » « Merci mais je ne suis pas intéressé pour acheter, juste pour regarder. » « Vous aurez du mal à trouver quelque chose d’aussi beau sur cette brocante, monsieur. Franchement, elle les vaut, les 4000. » « Non, vraiment, je ne veux pas acheter. Elle me fait penser à une autre, c’est tout. » « Allez, comme c’est vous, je vous la fais à 3000 car de toute façon, la foire s’arrête dimanche, alors… » « Non, vraiment, je ne veux pas l’acheter, je la regarde juste, c’est tout. »

« Allez, à 2500, elle est à vous ! » Je l’ai encore remercié et j’ai commencé de lui tourner le dos pour partir et j’avais fait à peine trois pas, qu’il m’a tapoté l’épaule pour me dire : « 2000 et on n’en parle plus ! » « Non, vraiment, merci, je voulais juste la regarder. » « 1000 et vous l’emportez, ça m’évitera de la remballer, dimanche soir. » « Ce n’est pas la peine d’insister, monsieur, je ne l’achèterai pas. » « 500 ? » « Non plus. » J’ai continué de marcher pour m’éloigner et il est revenu vers moi en courant : « Je vous donne 1000 et vous la prenez et on n’en parle définitivement plus, d’accord ? » « Vous me filez 1000 euros pour me la céder ? » « Oui. Alors, tope-là ? » « Tope-là mais c’est bien parce que vous avez insisté, moi, je n’en voulais pas. » « Affaire conclue ! » « Oui, merci. »


15 juin 2021

c’est bientôt l’heure du goûter ?

Bonjour monsieur, je peux vous poser des questions ? Bonjour monsieur, oui. Vous êtes qui ? Vous n’êtes pas ma femme ou mon fils, par hasard ? Non, je suis juste venu vous poser des questions, si vous le voulez bien mais on ne se connaissait pas, jusqu’à maintenant. Ah oui, d’accord. Vous non plus, vous ne me reconnaissez pas ! Non, moi, je ne vous connais pas, c’est la première fois que je vous vois. C’est bientôt l’heure du goûter ? Ah je ne sais pas, il est 15h40, à quelle heure vous goûtez, d’habitude ? Et vous allez venir habiter ici, vous aussi ? Ah non, moi, je fais juste un reportage sur les personnes âgées qui sont dans des unités fermées. Des personnes âgées malades. Y a quelqu’un qui est malade ? C’est vous, peut-être ? Pas du tout, je me porte comme un charme. Et vous, ça va comment ?

Vous voulez bien me parler de comment vous vous sentez, ici, monsieur ? Il ne faut pas abuser avec le Doliprane, ça peut vous rendre très malade. Oui, vous étiez pharmacien, avant, c’est ça ? Et ma femme, elle va venir, ma femme ? Ce n’est pas vous, ma femme, monsieur ? Non, votre femme, vous le savez, elle ne peut plus venir mais si vous le voulez bien, on va parler d’autre chose. C’est bientôt l’heure du goûter ? Euh… Pas encore, on va en profiter pour vous poser des questions. Les gens sont gentils, ici ? Il y a beaucoup de gens, je ne les connais pas bien. Et il y a des jolies femmes, hein ? Ah, c’est bien, vous savez encore faire des clins d’œil. N’abusez pas avec le Doliprane, hein, c’est dangereux, vous savez ! Oui, je le sais, je vous promets que je ferai attention. Et vous faites des activités ?

Monsieur, vous préférez que je vous laisse tranquille, vous êtes peut-être fatigué ? Qui êtes-vous, monsieur, vous êtes ma femme ? On me dit que je ne la reconnais pas, ma femme. Non, je ne suis pas votre femme, je suis juste un journaliste. Je suis sûr que si elle venait, ma femme, je la reconnaîtrais. Vous préférez rester seul ? C’est bientôt l’heure du goûter ? Et la nourriture est bonne, ici ? Qu’est-ce que vous avez mangé, ce midi ? Les boches, je ne les aimais pas du tout mais c’était la guerre, vous savez. Vous ne vous souvenez pas de ce que vous avez mangé ce midi ? Je me souviens que je me cachais, quand ils passaient, les boches et je les observais. Bon, je crois que je ne vais pas vous embêter plus longtemps, je crois que vous êtes fatigué. Je reviendrai. C’est bientôt l’heure du goûter ?

14 juin 2021

pas demain mais mardi prochain

Bon, c’est dans un peu plus d’une semaine, pas demain mais mardi prochain qu’on va faire la fête avec le président, avec le patron, avec Chouchou, avec Jean-Michel, avec papa, avec maman, avec du chignon, avec Kali, avec Shuka, avec Minouche et avec moi. Je n’ai pas envoyé de cartons d’invitation à d’autres gens. On peut juste espérer que le prince charmant sera là mais comme on le sait tous, les princes charmants, ça n’existe pas dans la vraie vie. Enfin, moi, c’est ce que je crois. Pourquoi ? Tu penses que si, ça existe vraiment ? Ah bon ? Et comment on peut faire pour en être totalement sûr voire pour en être certain ? Il suffit de fermer les yeux, de dormir cent ans et de voir s’il vient me réveiller en me donnant un baiser sur la bouche ? D’accord, alors dans ce cas, je vais aller me coucher tout de suite…

Non, surtout pas, il ne faut pas que je me mette au lit maintenant. Surtout si ça doit durer cent ans. Ça jamais. Mon royaume pour ne pas être immortel ! Ben non, dans un peu plus d’une semaine, pas demain mais mardi prochain, ça sera peut-être la fête. Et pour cette fête-là, pas besoin de respecter les gestes barrières parce qu’elle ne sera que virtuelle. Et pas la peine d’espérer avoir une dérogation pour qu’elle dure jusqu’après 23 heures car nous ne sommes pas chez Roland Garros. Ni aux Invalides. J’avais déjà entendu dire que les lois étaient faites pour être contournées mais alors là, les bras m’en sont tombés. Il aurait juste suffi de ne pas programmer le match à une heure aussi tardive en journée, si on ne voulait pas déborder jusqu’après l’heure du couvre-feu mais moi, ce que j’en dis, hein, ça ne compte pas...

Chouchou, pour la fête, pas demain mais mardi prochain, il faudrait acheter du champagne, tu t’en occupes, on est d’accord ? Mais attention, tu prends un vrai carton de 6 bouteilles réelles et un faux carton de 6 bouteilles virtuelles car comme il y a des invités qui n’existent pas ou seulement dans mon imagination… Sinon, je risque de me sentir obligé de tout boire et après, je risque d’être ivre mort (comme le bateau du même nom) et comme je n’ai toujours pas signé mon contrat d’assurance dépendance à l’alcool… Et le pire, c’est que ça risque de me faire roupiller et si je bois trop, je vais peut-être dormir pendant au moins cent ans. Et là, à moins qu’on ne trouve un prince charmant pour venir me réveiller d’un doux et tendre baiser sur la bouche… Pense à prendre des pastilles mentholées, aussi. 

13 juin 2021

autres assurances dépendances

Oui, j’ai souscrit une assurance dépendance. D’ailleurs, si ça intéresse quelqu’un, je peux vous en communiquer le numéro de contrat, à toutes fins utiles. C’est le 0048657421 et il prendra effet à partir du deux juillet 2021, quand il aura été validé par la société chez qui je suis allé. Je vous donne le numéro car on ne sait jamais, si je devenais subitement dépendant pendant l’écriture d’un billet pour mon blog, il y aura peut-être un lecteur ou une trice qui aura le bon réflexe : celui de prévenir qui de droit pour lancer le déblocage des fonds. Mais attention, comme j’ai un an de carence, ce n’est pas la peine avant le 2 juillet 2022, quand nous serons peut-être sous la présidence de Marine Le Pen. Non, je plaisante. Enfin, je me dépêche d’en rire pour ne pas avoir à en pleurer. Comme disait Beaumarchais (mais pas Georges Marchais, hein ? Nous sommes d’accord !)

Bref, en repensant à cette assurance dépendance qui me permettrait d’avoir une jolie rente si jamais ça m’arrivait de ne plus pouvoir m’occuper de moi tout seul pour la vie quotidienne, j’ai lourdement réfléchi à la chose et je me suis dit que tant qu’à faire, j’avais peut-être un moyen de me faire un peu d’argent si je la joue finement. Et voilà quel est le fruit de cette auto-délibération : je vais me mettre à boire. Normalement, je ne bois que dans certaines occasions et uniquement des choses triées sur le volet : champagne, Prosecco, vin blanc et vin rosé. Mais si je me mets à picoler du vin rouge du matin au soir et des alcools forts pendant les nuits, quand je ne dors pas bien, je vais forcément devenir addict et donc dépendant. Donc, si je prends une assurance dépendance à l’alcool… Vous avez vu où je voulais en venir ? On pourrait peut-être arroser ça, qu’en pensez-vous ? On peut commencer là.  

Outre la rente dépendance à l’alcool que je pourrais facilement toucher entre deux migraines et deux vomis, je pourrais aussi me mettre à baiser comme un forcené. Après tout, si je trouve une assurance dépendance au sexe, rien ne m’interdit de sauter sur tout ce qui bouge : bonjour monsieur, bonjour madame, bonjour Médor, bonjour mes sœurs, bonjour messieurs les militaires vous êtes combien ? Et là, comme je serai devenu sex addict. Pardon ? J’en suis déjà un ? Mais il ne faut pas le dire à l’assureur, alors ? Il faudrait que ça m’arrive comme ça. Subitement. Sans aucun préliminaire. En revanche, je ne cherche pas à prendre une assurance dépendance à la drogue car la drogue, c’est mal et c’est nul. Et si je devenais double dépendant ? Je baise, je bois. Je baise, je bois. Je baise, je bois. Je baise, je bois. Je baise, je bois. Je baise, je bois. Je baise, je bois. Un café et l’addiction, s’il vous plaît.

12 juin 2021

questions pour des champions

Ça y est, à 18h, hier, j’ai su de quoi j’allais parler ce matin. Et en voulant jeter mes idées dans un document Word, j’ai commencé à écrire l’intégralité du billet. Je vais vous raconter comment ça s’est fait, tout ça. Déjà, j’ai commencé à parler de la situation : ça s’est passé dans le tram, c’était le moment où je rentrais chez moi pour déjeuner et j’étais en train de lire, comme toujours, dès que je peux me poser. Et à un moment, j’ai entendu une femme noire parler. Si, sans m’être retourné, j’ai su qu’elle était noire car elle avait un accent africain. Et je me suis dit : elle exagère, elle parle fort dans son téléphone. « … d’une longueur de 2 530 kilomètres, je prends ma source dans la cordillère australienne et je me jette dans l’océan indien… » Ah, c’est questions pour un champion. Oui, parce que j’ai souvent la radio ou la télé allumée, quand je suis à la maison. Fip, toute la journée et la télé, à partir de la fin d’après-midi. J’aime avoir cette espèce de présence.

Donc, cette femme parlait fort dans son téléphone. Elle semblait même en colère. Mais malgré tout, quelque chose clochait parce que c’est rare qu’on puisse gueuler autant dans un combiné. Ou alors, on ne le fait pas dans un lieu public. Et j’ai choisi de me retourner pour voir ce qui se passait. « … 3,88 grammes, je suis une monnaie d’or à 24 carats… Buzzz !Le Napoléon 20 francs ? Non, je suis une monnaie d’or à 24 carats et fut émis à la valeur d’une livre tournois… » Et là, que vois-je ? Elle n’était pas au téléphone, non, elle était en train d’engueuler un couple de roumains ou de bulgares qui était assis avec leurs pieds sur les sièges devant eux. Et elle fulminait contre eux et c’en était à la fois étrange et risible. Risible car elle leur a dit de retourner chez eux sur un ton qui ne permettait aucune réplique. « … français du vingtième siècle, j’ai été romancier, essayiste et dramaturge… Buzzz ! André Gide ? Non, j’ai été romancier, essayiste et dramaturge, écrivain voyageur… »

Et cette femme noir, Marianne des temps modernes qui se plaignait de ne plus être chez elle, demandant à ce que les étrangers rentrent chez eux et se désespérant que ceux qui n’avaient pas de titre de transport mettaient en plus leurs pieds sur les sièges en face d’eux avec une virulence assez incroyable. « … Les quatre à la suite. Voici les thèmes pour vous, choisissez bien, soyez vigilants et bon stratèges. Premier thème : plantes vivaces méditerranéennes. Deuxième thème : les outils dans l’Égypte Antique. Troisième thème : les prénoms composés dans la chanson française. Et, bien sûr… » Bien sûr, le thème mystère, on le sait quand on regarde régulièrement l’émission ! Bon, donc, cette femme noire qui défendait la France face à deux personnes qui ne semblaient pas en parler la langue. Non, c’est agaçant, finalement, quand la télé est allumée au moment où j’écris, car je ne parviens pas à bien me concentrer. Mais je n’ai pas envie de l’éteindre pour autant.

11 juin 2021

on s’organise lentement mais sûrement

Maintenant que Chouchou est revenu. Pour les  plus curieux, je l’ai embauché à mon service depuis le 9 juin 2018 – tiens, ça fait presque pile trois ans !  – et on peut le lire dans le billet de ce jour-là « Chouchou entre officiellement  à mon service » et pour celles et ceux qui n’auraient ni l’envie, ni le besoin, ni le courage d’aller chercher à lire ce « vieux » billet, je vais résumer la situation : Chouchou est mon valet de pied et mon homme de main. Une espèce de majordome combiné d’assistant personnel. C’est mon petit personnel à lui tout seul et quand je le sollicite, il est censé m’aider sans rechigner. Il fait partie de ces personnages que j’ai inventés (aux yeux des autres) mais qui existent bel et bien (dans mon esprit et dans ma vie) et là, je sens que ça va me faire du bien de l’avoir de nouveau près de moi.

Tiens, par exemple, comme j’ai de l’arthrose à plusieurs doigts dont certains terriblement plus douloureux que d’autres, j’ai désormais du mal à m’en mettre un dans les oreilles ou à me curer le nez et Chouchou, ça fait partie de ses prérogatives, il sera là pour mettre un de ses doigts à la place d’un des miens. Je lui demande, il exécute. Et qu’on ne vienne pas me dire que je suis un négrier, Chouchou est parfaitement consentant. Et qu’on n’aille pas me dénoncer à l’inspection du travail, il n’y a aucune trace de lui dans la vraie vie. Chouchou ? Tu veux bien venir mettre un de tes index dans ma narine gauche, s’il te plaît ?... Hmmm, ah, ça fait du bien. Il y a un peu de mucus ? Non, tu le jettes, ça ne se recycle pas. Merci. Bon, pendant qu’il s’occupe de moi, je vais pouvoir penser à autre chose. Pour le 22 juin, justement.    

Chouchou ? Tu me promets que cette fois-ci, tu restes ? Je peux compter sur toi pour le 22 juin. Oui, c’est un lundi mais qu’est-ce que ça change ? Ah d’accord, tu es comme moi, tu demandes parce que c’est juste pour savoir. Ce n’est pas pour rien que je l’ai pris à mon service, on se ressemble beaucoup, lui et moi. De toute façon, à part qu’il est plus jeune que moi, il n’y a pas de beaucoup de différences entre nous. Il est plus jeune. Oui, c’est vrai, il est plus grand, il est plus beau, il est mieux foutu mais à part ça, nous sommes comme deux gouttes d’eau. Et comme il est à mon image, quelque part, je suis un peu comme son Dieu. Sauf que là, au lieu que ce soit moi qui suis en mieux, c’est lui mais il ne faut pas lui dire car ça risque de lui faire prendre la grosse tête. Et ses chevilles vont enfler, ce serait dommage.