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13 août 2022

lé-gen-dai-re

Lé-gen-dai-re ! Oui, maintenant, je ne dirai plus jamais « légendaire » mais « lé-gen-dai-re ! » Pourquoi ? Parce que depuis fin juin, je me suis pris au jeu de l’émission Drag Race, sur France 2, le samedi soir et chaque semaine, je suis ce concours de drag-queens. Si on m’avait dit que je serais scotché par ce programme avant de le regarder, j’aurais ri au nez de la personne qui m’en aurait parlé.  Mais là, vraiment, ça m’a attrapé et j’ai été littéralement mordu par ces dix candidates et ce jury renouvelé à 50% chaque semaine. Bien sûr, au début, je me suis un peu moqué de leur côté caricatural, à ces drag queens qui passent beaucoup de temps à crier mais très vite, j’ai admiré le travail qu’elles fournissent pour faire des défilés de tenues ahurissantes (vêtements, perruques, maquillage…) et j’ai eu mes chouchoutes.

En plus, ces candidates ont porté nombre de messages qui ne sont pas ou peu distribués à la télévision et, chapeau bas, je trouve que le service public a bien rempli son rôle, dans ce cas précis. La tolérance pour la différence, la tolérance pour celles et ceux qui ne veulent pas être enfermés dans des cases et ces sujets douloureux qui ont été abordés : le harcèlement, les tentatives de suicide, les agressions verbales ou physiques… Non vraiment, pendant ces huit semaines, je n’ai pas perdu mon temps en regardant cette émission que j’ai enregistrée chaque semaine. Le seul vrai défaut de ce programme ? L’horaire de diffusion à minuit. Mais faites comme moi, regardez en replay et prenez du plaisir devant ces divas, ces follasses qui se la pètent mais qui le méritent bien. Qui font rire autant qu’elles peuvent émouvoir.

Mes préférées ? Pendant longtemps, il y a eu La Biiig Bertha, Loïc de 36 ans, dans le civil, personnage truculent qui semble assumer ses grandes rondeurs et qui garde sa barbe même quand il se présente en femme fatale. Malheureusement, il a été éliminé il y a quinze jours et c’est dommage car même si elle n’était pas parfaite, elle semblait tellement plus naturelle que ses concurrentes. Et ma chouchoute, toujours en compétition pour la finale de ce soir, c’est Paloma, Hugo Bardin dans la vie normale. Cette artiste me sidère par son talent quand elle défile, quand elle joue la comédie et par sa culture phénoménale. Beaucoup de ses looks font allusion à des femmes plus ou moins célèbres du grand public. J’aimerais qu’elle gagne, ce soir, elle le mérite mais je sais aussi qu’elles vont me manquer à partir de demain, les filles.


12 août 2022

règlement intérieur (modifié)

Compte tenu de toutes ces canicules successives, je vous informe que quelques modifications vont avoir lieu dans mon blog. Dorénavant, il ne sera visible et lisible que la nuit et le matin, entre 23h et 8h. En dehors de ce créneau, aucun texte ne sera plus accessible : tous les volets et les stores de cet espace seront clos et comme il faut économiser l’électricité, il ne sera pas possible non plus d’allumer quelque lumière que ce soit pour y voir clair.  Je compte sur votre compréhension et je vous remercie.

Puisqu’on est dans la réécriture du règlement intérieur de mon blog, je voudrais aussi vous rappeler quelques consignes : il est interdit de fumer en lisant mes billets. En ces temps de canicule, encore moins qu’auparavant. Évidemment, vous l’aurez compris, c’est principalement à cause des risques d’incendies mais aussi parce que je ne supporte pas l’odeur du tabac et je déteste voir des mégots traîner. Quoiqu’il en soit, cette interdiction vaudra toujours après l’été. Ce sera en permanence, tout le temps.

Il est également interdit de me faire des avances si je dis non. Quand je dis non, c’est non (Merci Angèle…) et ça ne veut pas dire peut-être et encore moins oui. Mes « non » ne sont pas des « oui » déguisés. Je vous rappelle que je ne suis pas un mec facile. Que je ne couche pas avec n’importe qui, n’importe quand ni n’importe où. J’aime mon confort et je revendique mon droit à ma liberté de choix. Inutile donc de chercher à m’affrioler pour m’exciter, ça ne marchera pas si je ne le veux pas moi-même.

Dans les prochaines semaines, je vais également fermer définitivement les WC car je vous rappelle que si vous n’êtes pas capables de les laisser aussi propres que vous les avez trouvés, en partant, je ne suis pas votre bonniche et je n’ai pas à nettoyer vos saletés. Dorénavant, vous ferez pipi (ou caca avant de venir lire mes écrits. Et il est également interdit de s’essuyer avec mes textes même quand ceux-ci sont merdiques – oui, oui, ça peut m’arriver à moi aussi, personne n’est parfait, vous le savez comme moi.)

Enfin, je vous rappelle que je préfère que vous veniez me lire sans être ivre ou défoncé. En effet, si vous devez apprécier ce que j’écris, j’aimerais mieux que ce soit quand vous êtes à jeun car ça signifie que vous êtes véritablement objectifs. Quand vous êtes barré(e)s, ça vous fait croire que je suis un génie et même si ça me fait plaisir, quand vous retombez, vous regrettez ce que vous m’avez dit et moi encore plus car je vois bien que votre esprit était déformé par l’alcool ou la drogue. Et ça me fait de la peine.

11 août 2022

les princesses ne font pas caca

J’ai toujours entendu dire que les princesses ne faisaient pas caca mais je n’ai jamais pu le vérifier car je ne connais aucune princesse. En tout cas, pour de vrai. Celles des journaux ou des médias, elles ne comptent pas, je ne peux pas les approcher et aller contrôler si elles ont des toilettes chez elles ou pas. Mais de ce principe-là, que les princesses ne font pas caca, ça m’interroge. Par exemple, je me demande si même quand elles sont bébés, les princesses, elles ne salissent pas leurs couches culottes après avoir mangé de la purée de carottes ou de la purée d’épinard. Mais elles n’ont peut-être pas de trou du cul, dans ce cas, alors. Mais, si on part de ce principe, si elles ne sont jamais caca les princesses, elles sont constipées pour toute leur vie ? Et elles arrivent à garder le sourire quand il y a des photographes ?

Et quand un prince charmant leur donne un baiser sur la bouche, on est sûr que ça ne leur pas mauvaise haleine, aux princesses, de ne jamais faire caca ? Ou alors, elles ne mangent que des choses qui ne passent pas par les intestins. Ou alors, c’est faux, les princesses, elles font caca. Oui, pourquoi pas ? Mais du caca de princesse, alors ? C’est ça, hein ? Du caca chic qui sent la rose ? Non, je sens que j’ai la réponse à mes questionnements : les princesses ne font pas caca, ce sont les petites souris qui viennent chercher ce qu’elles doivent éliminer, la nuit, pendant qu’elles dorment, huit heures ou cent ans, et qui emportent leur butin chez la marraine de chaque princesse pour qu’elle en fasse des perles noires, qu’elles offrent, les princesses, tous les ans, à leur belle-mère, pour la fête des marâtres.

Maintenant, ça n’est pas très équitable si les princesses ne font pas caca. Parce que les princes, oui, ça, on le sait. En tout cas, on n’a jamais dit le contraire. Mais moi, je me demande un truc au sujet des princes : est-ce qu’ils dont pipi ? Surtout quand ils sont charmants. Parce que moi, je me dis que quand le prince charmant a chevauché pendant des lieues et des lieues, qu’il arrive au château où dort sa belle depuis des années et des années, ne me dites pas qu’il n’a pas envie de faire pipi, le prince. Être sur un cheval, c’est comme pour nous, les gens normaux, quand on roule entre une heure et deux heures dans une voiture, ça nous comprime la vessie et on a envie de se la vider. C’est pour ça qu’on inventé les aires d’autoroute. Donc, les princes font pipi, ça, c’est une chose avérée. Mais les princesses ?

10 août 2022

ce cher vieil Émile (9)

J’ai commencé cette relecture en avril dernier, je l’ai déjà dit ici et j’en suis donc au 17ème volume sur vingt, pour ces Rougon-Macquart. Là, j’en suis au premier tiers de L’argent, qui se passe dans le domaine de la finance à Paris, avec la Bourse et tout et tout. Je dois dire que je suis sans doute un peu fatigué de me taper Zola (je sais, personne ne m’a obligé mais si je vais au bout avant l’automne, il y a 100 000  euros qui m’attendent) et j’ai hâte de passer à autre chose. Vivement septembre ou octobre, tiens ! Bref, je disais que je viens de me faire 30% de L’argent et c’est sans doute le tome qui m’aura donné le plus de mal pour m’y accrocher. Quand je vous dis que je suis un peu las… Mais je vais le lire entièrement parce que, encore une fois, il y a les histoires personnelles des protagonistes qui m’intéressent.

Au demeurant, (je ne le dis pas souvent, ça, hein ? En tout cas, c’est beau, j’aime bien), là, si vous me donnez 100 000 euros supplémentaires, je vous raconte la première scène des 17 volumes que je viens de lire. Et sans antisèche, s’il vous plaît. Parce que je crois avoir bien mémorisé chaque bouquin. Il y a intérêt parce que je ne suis pas certain de me les relire une cinquième fois, non, quand même, il ne faut pas pousser non plus. Même pour 200 000 euros supplémentaires. Ça m’agace, j’en vois qui s’imaginent que je ne pense qu’à l’argent. Excusez-moi du peu mais c’est justement le sujet de celui que j’ai en cours (de la Bourse !) et franchement, en 2022, présentement, qui aurait eu l’idée saugrenue mais gratuite (ou gratuite mais néanmoins saugrenue) de relire tous les Rougon-Macquart de Zola, hein ?

Mais, pourquoi viens-je de préciser que les Rougon-Macquart sont de Zola ? Ça coule de source, non ? Parce que si vous lisez mon blog, vous devez le savoir, depuis près de cinq mois que j’en parle régulièrement. Ou alors, vous ne lisez jamais ou vous ne lisez plus les billets intitulés « Ce cher vieil Émile » parce que ça ne vous intéresse pas. Maintenant, vous pourriez faire un effort car parfois, c’est intéressant, ce que je dis. Surtout quand je ne dis pas de conneries. Ce qui peut m’arriver, de temps en temps. Quand je n’ai pas bu de vin blanc la veille, par exemple. Ou quand je ne suis pas stressé. Ou quand je ne suis pas en manque. En manque de quoi ? De littérature du 19ème siècle ? Non, de ce côté-là, cette année, ça va, je suis en train de donner. Non mais je ne plaisante qu’à moitié, vous savez…

09 août 2022

ah, le petit vin blanc

Non, je ne suis pas un buveur d’alcool régulier mais parfois, oui, j’aime bien un verre ou deux voire trois et occasionnellement, comme pour la fête de mes 60 ans, faire toute la soirée au champagne. Tant pis pour le mal de crâne le lendemain, on n’a rien sans rien. Et il peut m’arriver aussi, de temps en temps, d’ouvrir une bouteille pour moi tout seul et je la siffle sur plusieurs soirs, je bois un verre avant de dîner jusqu’à la dernière goutte. Ça peut être du vin rosé, du vin blanc ou du pétillant : crémant, Prosecco ou champagne. J’aime les bulles et si, plus jeune, ça ne me serait jamais venu à l’idée de boire comme ça, seul, ou presque, avec l’âge, ça me dérange nettement moins. Mais je dois rester prudent. Pourquoi ? Parce que j’aime ça mais je ne tiens pas bien l’alcool, même le plus doux.

Alors, pourquoi se rendre malade pour quelques instants de plaisir ? Oui, mais pourquoi pas, alors ? Parce que la vie est déjà si difficile, si on ne peut pas s’amuser un peu, hein ? Oui mais non. Je suis pris entre deux feux. Je valse-hésite. Mais ça ne fait rien, aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon grand-frère et je boirai un verre de blanc à sa santé, ce soir. Je n’ai pas ouvert de bouteille spécialement pour cette occasion mais je vais sauter dessus. Parce que c’était samedi dernier que je l’avais ouverte, quand Mickaël et Laëtitia étaient chez nous et je n’allais pas le laisser perdre, ce reste de blanc de Gascogne. Ce petit vin blanc. Moelleux et donc sucré. Pas tout à fait conseillé dans mon cas d’intolérance au glucose mais encore une fois, mourir de ça ou d’autre chose… D’accord, vivre.

Il n’empêche que là, j’ai un flash sur tous ces écrivains qui aimaient bien la bibine : Marguerite Duras, Françoise Sagan, William Burroughs, Raymond Carver et mon compatriote, Maurice Fombeure, pour ne citer qu’eux. Ce dernier, le poète poitevin en serait mort d’avoir trop aimé le vin blanc. Moi, qui ne suis qu’un poète en retraite, un poète à la petite semaine, je ne veux pas mourir comme Maurice Fombeure, j’aurais juste aimé être reconnu comme lui, au moins. Pas d’un point de vue national mais au moins régional. Ça ne se produira plus, je le sais, désormais. Est-ce une raison pour me mettre à boire tous les jours ? Non, parce que je suis quelqu’un de trouillard et de douillet et que même le meilleur petit vin  blanc, je sais qu’il ne sera jamais mon ami. Sauf une fois, de temps en temps. Pas plus.


08 août 2022

sur un toit brûlant

Une chatte sur un toit brûlant. Oui, je sais, l’allusion à la pièce de Tennessee Williams est volontaire. Sauf que lui, ce qu’il a écrit, c’est « La chatte sur un toit brûlant » alors que moi, c’est une chatte sur un toit brûlant. Parce que, en ce moment, c’est encore et toujours la canicule, comment veux-tu, comment veux-tu ? Miaou, miaou ! Ttt, ttt, ttt ! Tu viens, le chat ? Tu aimes les caresses ? Oh oui, tu aimes les caresses. C’est bon, ça, hein ? Comment tu t’appelles, le chat ? Si ça se trouve, tu n’es pas un petit mâle mais tu es une petite femelle. Ah oui, tu as un collier, donc, tu appartiens à quelqu’un et ce quelqu’un semble tenir à toi puisqu’il y a un nom, écrit dessus et un numéro de téléphone. Celui de ton maître, je suppose. Tu t’appelles Minouche ? C’est joli. Ça me rappelle quelqu’un. Un truc personnel.

Alors, tu en veux d’autres, des caresses ? Oui, hein ? Tu aimes ça, coquine. Pourtant tu n’as pas l’air en manque. En même temps, quand on aime quelque chose, on est toujours un peu en manque, quelque part. Et toi, oui, manifestement. Tu aimes bien qu’on te touche, hein ? Tu fais le gros dos, ça veut dire que tu es contente ? Miaou ? Oui, miaou. Non ? Tu préfères que je te dise mraou ? Oui, c’est mieux, hein, mraou ? Allez, mraou, mraou, mraou. Tu vois, on se comprend toi et moi. Et je sais que toi aussi, tu as très chaud, en ce moment. Et je ne parle pas de tes éventuelles chaleurs intimes. Non, je parle juste de la canicule, comment veux-tu, comment veux-tu ? Je connais des gens qui aimeraient bien t’adopter, toi. Moi, je ne veux pas, je ne peux pas mais si jamais tu cherches asile, je peux t’aider.

Oui, je peux te présenter. J’ai un ami très cher qui aimerait bien avoir une petite chatte chez lui. Mais je ne vais pas te kidnapper, hein ? Hein non ? Non, ça ne serait pas gentil. Si ça se trouve, tu es déjà très heureuse chez ton maître actuel. Ou chez ta maîtresse. En tout cas, tu es très mignonne, tu es très jolie, ma petite chatte. Ma petite Minouche. Ma petite chatte qui aurait pu être sur un toit brûlant. Sauf que tu n’es pas sur un toit mais tu es sur un trottoir. Mais ça ne me fait rien, il faudrait que tu saches que personne ne te veut du mal, bien au contraire. Juste des caresses et de l’amour. Une chatte sur toi, brûlante. Une chatte sur toi, brûlant. Ah mon Dieu, comme il serait doux de pouvoir te partager. Et te rassurer. Et t’aime. Et te faire aimer.  Ah mon Dieu, la petite chatte comme elle aimerait ça.

07 août 2022

la fille unique

Je crois que je ne l’ai pas vue depuis le 29 juillet, vers 9h du matin, la fille unique de l’immeuble. Je suis rentré des courses et je suis monté au cinquième avec elle. Il n’y a pas beaucoup d’appartements à cet étage, le dernier de la résidence mais c’est assez rigolo, je crois bien qu’à chaque fois que je monte chez moi, elle est là, elle aussi. À croire qu’elle me suit, qu’elle me poursuit. Mais ça va, nous avons de bonnes relations. Enfin, quand je dis que nous avons de bonnes relations, j’aurais dû dire que nous avions des bonnes relations jusqu’au 29 juillet où là, il y a eu comme un clash entre nous. Une espèce de gros malentendu et je crois qu’elle a pris la mouche et elle s’est fermée comme si elle était rentrée en elle-même. Je ne l’ai pas revue. Et je commence même à m’en inquiéter car ça fait déjà 10 jours.

Il est évident que je ne vais pas prévenir la police qui n’en aura rien à faire, qui va me dire que la fille unique ne peut pas faire partie des gens qu’on recherche et pour cause… Et elle aura bien raison. Donc, je vais m’abstenir et prendre mon mal en patience. Hier, je suis descendu et je suis remonté chez moi huit fois. Je peux vous dire qu’à chaque fois, j’ai espéré la voir, la fille unique. Mais non, jamais. Pas une seule fois. Alors, je crois que je vais me faire une raison et arrêter de m’inquiéter pour les autres et ne penser qu’à moi. Sauf que c’est comme de demander à un chien de ne pas remuer la queue quand il est content, moi, j’ai toujours tendance à me soucier de mes proches. Peut-être un peu trop, parfois mais on ne change pas quelqu’un comme moi à l’âge qu’il a, le mec moi. Vous me suivez ?

Bref, pour en revenir à la fille unique, j’ai vaguement entendu dire qu’elle pourrait revenir mardi, après-demain. C’est quand même une idée étrange, en plein mois d’août que de revenir le 9. Moi, ça ne me serait pas venu à l’esprit. En tout cas, je peux vous dire que je l’attends de pied ferme, la fille unique. Parce que je vais lui demander pourquoi elle a disparu comme ça, sans laisser d’adresse. Je comprendrais qu’elle puisse avoir des hauts et des bas mais pas au point de m’abandonner comme elle l’a fait. Ce que je sais d’elle ? Qu’elle est fille unique mais pas à propos d’un frère qu’elle aurait pu avoir, uniquement d’une sœur. Parce que la fille unique, elle est sans sœur. Ici, on l’appelle la sans sœur. Et je peux vous dire que dix jours dans la sans sœur, quand elle n’est pas là, si on habite au 5ème, c’est vachement dur.

06 août 2022

rayer les mentions inutiles

Je suis un peu comme un chien fou. Comme tu me manques, j’ai tendance à renifler l’air, dès que je sors de chez moi. Oui, je renifle l’air pour essayer de sentir si tu pouvais être dans les parages. Parce que je ne sais pas si tu es toujours au bord de l’océan. Lacanau. Le Porge. Royan. Rayer les mentions inutiles. Oh, je sais très bien où tu es puisque tu me l’as dit mais peu m’importe, ce que je ne sais pas, c’est quand tu rentres chez toi et quand je pourrai te revoir. Quand je pourrai venir t’envahir un moment.

Quand je regarde un film ou une série et que je vois des gens qui s’aiment, j’ai tendance à penser encore plus à toi. Et je me dis que ça pourrait être toi et moi. Comme dans les plus grandes histoires d’amour. Parce que je te rappelle que je t’aime. Beaucoup. Passionnément. À la folie. Rayer les mentions inutiles.    Et si en plus, toi, de ton côté, toi aussi… Non, mais toi, tu n’as pas besoin de me le dire. Parce qu’il y a des choses qu’on sent même si on peut se tromper. Et puis, du moment que moi, je t’aime.

Je vais toujours me coucher avec un livre car j’ai besoin de parcourir quelques pages (voire beaucoup) avant de m’endormir. Quand je travaillais encore, je regardais bêtement la télévision pour me faire sombrer dans le sommeil. Mais là, je préfère lire. Et certains personnages sont comme des amis. Leo Leike. Octave Mouret. Arturo Bandini. Rayer les mentions inutiles. J’aime l’idée qu’on puisse avoir des héros de roman en commun.  Ça n’arrive pas si souvent et je pourrais faire en sorte que si, si tu veux bien.

Quand je suis au bord de m’endormir, après avoir posé mon livre, le soir et que je viens d’éteindre la lumière, j’aime penser à toi. J’aime cette idée de penser à toi, pas que l’acte. J’aime me souvenir de certains moments. Le banc, au parc Bordelais. Le plot sur les quais de Garonne. Une salle de cinéma. Rayer la mention inutile. Et d’autres endroits dont je ne vais pas forcément parler même si j’aurais pu. Parler de certaines promenades. Et me dire qu’on ne s’est jamais assis en terrasse nulle part, tous les deux, toi et moi.

Si je devais croire en quelque chose de supérieur, en quelque chose ou en quelqu’un, ça pourrait être en l’amour mais pas avec n’importe qui. L’amour qui remplit de bonheur et l’amour qui s’échange,  travers des regards appuyés, en toute franchise. Me vouer à Saint-Joseph si je ne devais choisir qu’un seul saint. Partir à l’autre bout du monde avec toi, si c’était possible. Ou faire comme je sais faire : t’attendre et espérer. Cette fois, je te remercie de ne pas rayer de mention inutile. Et te dire encore. En corps et encore.

05 août 2022

la petite annonce (5)

Bonsoir. Vous dire combien je me suis senti dans une espèce de sérénité heureuse après la lecture de votre dernière lettre va me sembler très difficile car j’ai bien compris que le but de votre recherche, ce n’est pas de trouver quelqu’un à aimer mais de vous faire aimer de quelqu’un qui saura comprendre cette nuance essentielle. Et oui, je pense être la personne qu’il vous faut car nous sommes tellement complémentaires, j’ai l’impression d’avoir déjà tout compris de vous et peu m’importe si vous, vous avez tout compris de moi. Je suis totalement dans la bonne inclinaison de votre quête : à part moi, qui serait capable de vous admirer comme un Dieu étant donné que je suis absolument apte à faire abstraction de ma petite personne pour vous servir ? Vous connaissez la réponse mieux que moi.

De toute façon, que ne feriez-vous jamais mieux que moi ? Et ne vous inquiétez pas, je suis intégralement dans cette attente : je cherche à servir quelqu’un qui pourrait être mon Dieu, qui serait mon Maître. Si j’osais faire de l’humour à votre place, je crois que ce qu’il me faudrait, comme compagnon de vie, idéalement, ce serait un pervers narcissique. Lui seul pourrait combler mes désirs, mes attentes voire mes fantasmes et, j’espère ne pas me tromper, il me semble bien que c’est peut-être vous qui pourriez remplir ce rôle. J’espère que vous ne jugerez pas cette espèce de trait d’esprit que je viens de faire car je sais que vous seul en avez le droit : celui d’être drôle, celui d’être brillant, celui, le seul qui mérite d’être sur un piédestal. Et moi, votre piédestal, sachez que j’en prendrai le plus grand soin.

Pour en revenir à ce que je vous ai dit dans mon précédent courrier, je me demande si autour de vous, certains esprits chagrins, jaloux, possessifs ne vont pas prendre ombrage de la place que je suis à même de prendre auprès de vous. Alors, si vous avez besoin de mon aide pour faire le tri dans vos relations, dans celles qui pourraient essayer de vous faire penser que vous vous trompez en me choisissant,  je pourrai prendre les armes pour vous. Pour nous. Sachez qu’avec moi, vous pourriez vivre en monarque absolu. Je sais que vous ne pourrez vous passer de nombre de vos « courtisans » mais du moment que vous me réserviez la place de votre objet de soumission préféré, tout me va. Vous voyez, moi aussi, j’ai envie qu’on me préfère. Alors, je vous propose de me préférer tout comme moi, je vous ai élu.

04 août 2022

la petite annonce (4)

Je vous remercie beaucoup d’avoir accepté cette rencontre et je pense que nous avons bien fait de ne pas attendre plus longtemps car on sait bien que dans les contacts via Internet, plus le temps passe, plus il est difficile de passer du virtuel au réel. En tout cas, nous nous sommes vus et j’ai beaucoup aimé vous rencontrer. J’ai apprécié la façon que vous avez eue de me regarder avec ce que je pense être une pointe d’envie voire de désir. J’ai aimé que vous posiez les yeux sur moi, sur l’ensemble de mon corps et j’ai aimé que vous riiez à mon esprit et j’ai aimé que vous succombiez à mon charme. Je pense que ce n’était pas très difficile pour vous mais je vous en remercie et je vous en sais gré mais sachez que de toute façon, si vous aviez agi autrement, je ne sais pas si nous aurions…

Je ne sais pas si nous aurions pu nous revoir car, et je vais vous le dire comme l’autre soir, au cas où vous ne l’auriez pas parfaitement compris, je ne pourrais pas fréquenter quelqu’un qui ne m’admire pas. Et en ce qui vous concerne, je crois que vous êtes sur la bonne voie. Je l’ai bien vu à vos yeux pétillants et ce n’était pas dû qu’au champagne car je ne vous ai pas servi plus de deux verres pour que vous ne vous perdiez pas dans une espèce d’ivresse qui n’aurait pas été de mon fait. La prochaine fois, je vous jure que je vous servirai un troisième verre si je vois que vous êtes toujours dans le même état d’esprit. Oui, c’est vrai, j’ai un énorme… J’ai un énorme besoin d’être aimé mais pas que d’être aimé. Non, en effet, j’ai également et surtout besoin d’être idolâtré. D’être le…  préféré.

Avec vous, je pense que je saurai être celui-ci : celui que vous préférerez quoiqu’il en soit et ça me convient très bien. En ce sens, vous me semblez être une personne tout à fait à la hauteur de mes attentes. En revanche, je ne me souviens plus très bien de certains détails (me les auriez-vous cachés volontairement ?) : portez-vous des lunettes ? De quelle couleur sont vos yeux ? Vous parfumez-vous ? Je dois malheureusement reconnaître que comme j’étais particulièrement attentif à ce que vous soyez aux petits soins pour moi que j’ai peut-être négligé de vous regarder. Je vous demande donc de ne pas m’en vouloir pour ce quelques questions somme toute assez anodines. Le plus important n’est-il pas de se faire aimer avant d’aimer quelqu’un d’autre ? Nous sommes donc d’accord.