Bon, c’est un dimanche sans voiture, à Bordeaux. Ça ne changera pas ma vie parce que je n’ai pas prévu d’aller en ville, cet après-midi. J’ai choisi de me la couler douce (avec les pluies de ces derniers jours, j’aurais pu me la couler douche, aussi) et je pense que j’ai bien mérité cette journée de repos car j’ai vécu une semaine tellement calme qu’elle m’a encore plus crevé que si ça avait été le tourbillon habituel. Alors, je me fais porter pâle et je reste le plus possible en position allongée depuis que je suis revenu du marché et de la promenade des deux chiens, avec le patron.

Quand je parle d’aller promener les chiens, ce sont surtout eux qui nous mènent en balade. Surtout Kali, qui ne sait pas marcher autrement qu’en tirant et malgré sa petite taille, c’est une sacrée boule d’énergie. Quant à Shuka, ou un nom comme ça, lui, il paraît placide mais quand je prends sa laisse et que je lui dis : on court ? Il me suit comme un chien. Comme si j’étais sa baballe et qu’il devait me rattraper pour me ramener. Au patron, par exemple. Et ça, ça m’a bien occupé, ce matin et je pense que j’ai amplement mérité ma récompense : une grande après-midi de pause.

Alors, je navigue entre la télé, le canapé, un bouquin, l’ordinateur, le dernier Astérix que je lis par épisodes comme au temps des bandes-dessinées à suivre dans les hebdomadaires et tout à l’heure, ce sera le moment de préparer la pizza du dimanche soir. Le retour aux fondamentaux car depuis deux ou trois semaines, c’était devenu la pizza du samedi soir. Au milieu de tout ça, le ciel oscille entre gris clair et gris foncé. Et la vie continue son petit bonhomme de chemin. Cahin-caha. Et même, je me demande qui a débranché la prise ce matin, à dix heures.