Surtout, demain matin, en allant faire mes courses du lundi matin, il ne faut surtout pas que j’oublie de prendre du vinaigre blanc. Parce que sinon, ça va devenir critique, ici, si je tombe en rupture. Voilà, maintenant que je l’ai écrit, je pense que j’ai plus de chances de m’en souvenir. Tant pis si je l’ai écrit dans mon blog, ce qui ne regarde personne et en plus, ce qui n’intéresse personne. Mais après tout, la mode étant de ne plus avoir aucune pudeur nulle part, je ne vois pas pourquoi je ne m’y mettrais pas, moi aussi. Exprimer ce que j’ai à dire, du plus nul au plus navrant, au vu et au su de tous ceux qui m’environnent.

Tout comme je pourrais passer tous mes appels dans la rue, dans le tram ou au cinéma. Faire comme tout le monde : parler fort et oublier que ma conversation n’offre rien de palpitant mais c’est toujours ça de savoir que les autres le savent aussi. « T’es où ? Moi, je suis dans le tram. Oui, je pense que je serai là d’ici dix minutes, si tout va bien. Je te rappelle quand j’arrive. Oui, à toute. » Ou encore « Putain, je suis au carrefour du cours d’Albret et de la rue des Frères Bonie,  y a une voiture qui n’a pas voulu me laisser passer. Ce n’est pas parce que le feu était vert pour elle, non mais sans blague !... »

Mais je crois que le mieux, ce serait pendant la projection d’un film : « Ouais, je suis au cinéma. Je ne peux pas te parler longtemps car là, je sens qu’il va se passer quelque chose. Mais on se rappelle dans cinq minutes. » C’est ça, la vraie vie, aujourd’hui. Tout le monde pense qu’il est le centre du monde et qu’il ne dérange personne quand il déverse sa petite vie dérisoire dans les oreilles de tout un chacun. Moi, c’est pareil, quand je viens m’exprimer dans mon blog pour dire que demain matin, je ne dois surtout pas oublier d’acheter du vinaigre blanc. Chacun ses moments exaltants. Je voulais juste partager celui-là.