C’est une chose qui est arrivée, en ce lundi 27 novembre 2017. Ce matin, quand j’ai regardé ma montre, il était 8 heures et malgré le ciel encore gris de cette nuit qui semblait ne pas en finir, j’ai compris que ce n’était pas des nuages mais juste une part de ténèbres qui n’allaient pas tarder à filer à l’anglaise. Nous nous sommes à peine embrassés avant que tu ne partes pour ton travail. Le taxi qui est venu te chercher t’emporta loin de moi pour quelques heures. Et là, là, je me suis dit que ça aurait été mieux qu’on reste au lit ou qu’on aille se promener, marcher en forêt.

Moi, j’ai fait ma vie dans cette journée interminable. J’ai travaillé, j’ai vaqué à plein d’occupations et en revenant à la maison, tout à l’heure, dans le bus, j’ai été stupéfait de voir toutes ces vitrines illuminées de décoration de Noël un mois avant l’heure et toutes ces lumières dans les arbres et dans les rues. Et cette foule, pas toujours au loin. J’avais hâte de retrouver notre nid douillet et que tu reviennes. On ne sait jamais. Si tu te sentais de nouveau bien avec moi. Si je ne ressentais pas cette lassitude en toi dès que nous sommes ensemble. Si tu… Si tu… Si tu…

Finalement, ton retour fut plus tardif que prévu. Tu m’as dit bonsoir du bout des lèvres. Il est des désamours qui ne veulent plus revenir sur leur décision. Et je me suis couché avant toi. Je n’ai pas entendu quand tu m’as rejoint dans notre lit, ce territoire devenu un no man’s land. Un terrain vague. Et demain matin, quand je me lèverai, je ferai attention à ne pas te bousculer. J’ai bien compris que ce n’était pas le moment. Et tu ne te réveilleras pas, comme d’habitude. Et moi, j’aurai déjà la nostalgie de ce lundi au soleil. Une chose qui ne m’arrivera plus jamais.