Dans ma colère d’hier, contre le black Friday (qui n’est pas encore terminé, hélas !), j’ai oublié de dire que pendant ce temps-là, pendant que les névrosés de la consommation couraient dans les supermarchés pour ne rater aucune (bonne ?) affaire, à l’entrée et à sortie, se trouvaient les bénévoles pour la collecte national de la banque alimentaire. Une espèce de non-sens le plus total. On marche sur la tête. Certains, une grosse poignée sont allés gaspiller leur argent et pendant ce temps-là, d’autres n’ont pas de quoi manger et ce sont les associations qui essaient de leur trouver une solution, même provisoire.

Je déteste vivre dans un tel monde où toutes les valeurs ont disparu sauf celles, marchandes, du business et du besoin de posséder tout ce qui vient de sortir, surtout dans les appareils connectés. Quand on imagine ce que ça doit brasser de faire venir tous ces stocks exprès pour ces journées de folie consommatrice, on se dit qu’on est bien loin des vœux pieux de la Cop 21, il y deux ans et que malheureusement, on ne peut plus grand-chose pour l’être humain, ce qui n’est pas si grave en soi si ce n’était que c’est la planète qui va en subir les plus graves conséquences. Sinon, après tout, que l’homme (et la femme – écriture inclusive !) en crèvent de leur maladie dépensière.

Je parlais de l’écriture inclusive, qui fait débat pitoyable en ce moment. Franchement, malgré tout le respect qu’on doit aux femmes et à toute l’égalité à laquelle elles peuvent décemment et naturellement prétendre, ce combat pour une langue française complètement mixte me semble bien vain pour ne pas dire dérisoire voire ridicule. C’est le genre de combat qu’on devrait pouvoir se permettre uniquement quand on saura qu’on aura fait un grand geste pour la planète. Alors qu’en ce moment, c’est un bras d’honneur que les surconsommateurs lui font. En tout cas, ceux qui ont gagné, depuis hier, ce sont Google et Amazon. Qui n’ont toujours pas payé leurs impôts en France, d’ailleurs.