Déjà la fin de la semaine. Seulement la fin de la semaine ? Encore une fin de semaine. Normalement, si nous avions pu signer l’acte authentique chez le notaire, normalement, j’aurais été en vacances pour quinze jours et là, je serai tranquillement à faire des cartons. Quoique… tranquillement ? À faire des cartons ? Je me mets le doigt dans l’œil sans toucher l’autre. Ou un truc comme ça. Des fois, je confonds les expressions. Je me mélange les pinceaux pour retirer l’échelle. Bref, j’aurais pu être en vacances et comme ça n’a pas été le cas, ce matin, non seulement j’ai travaillé mais en plus, on a eu droit à une réunion  de tout le personnel pour parler de la haute saison qui commence avec l’été. Ça m’a fait tout drôle de voir tout le monde un samedi matin alors que normalement, je suis tout seul.

Une fin de semaine en forme de coup de fatigue. Les nerfs commencent à se relâcher et avec, tout le reste du corps. Je ne serais pas plus surpris que ça si j’arrivais à passer l’après-midi sans somnoler à plusieurs reprises, comme ça, innocemment, l’air de rien, en prenant un bouquin ou en jouant sur mon téléphone. Mais je vais essayer de tenir bon. Mieux vaudrait que je dorme le moins possible dans la journée pour espérer passer une bonne nuit sans rêver à des prêts immobiliers en retard, sans cauchemarder en pensant aux syndicalistes ou aux supporters de foot. Envie de calme. D’ailleurs, à ce propos, demain, nous irons passer la journée à Biscarrosse histoire de voir d’autres horizons moins pollués. Qu’elles soient visuelles ou sonores, ces nuisances nous usent.

La grève des ramasseurs de poubelles commence à se faire sentir. Il y a des rues où des amoncellements d’ordures débordent de partout. Franchement ? Rien. Je vais rester calme. Je suis trop crevé pour m’énerver, aujourd’hui. Alors, pour rester dans la même optique, je vais prendre mon temps (comme disait Signoret) pour une fois et je crois que je vais faire quelque chose mais j’hésite entre deux. Dans quel ordre les faire. Je pense que je vais quand même commencer par dormir un morceau et ensuite, quand j’en aurai un peu écrasé, je pense que j’irai me laver beaucoup. Parce que ça me fera du bien. Et ensuite, probablement que je sortirai un bout. Histoire de prendre l’air. L’air de quoi ? J’aimerais tant avoir l’air absent. Et retourner voir Syracuse. Ou revenir à des moments d’avant.