Au lieu de dormir grassement jusqu’à 7 heures (pas trop après car sinon, ça devient indécent), ce matin, je me suis levé à 5h30. Parce que forcément, tous ces événements d’achat d’appartement qui traîne à cause de l’édition de l’offre de prêt définitive et de vente, enfin probablement validée, ça remue les neurones dans tous les sens. Entre inquiétude et excitation positive. Du coup, ça coupe le sommeil comme si le cerveau avait envie de couper les cheveux en quatre. Autant vous dire qu’il y a du boulot car, et ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, je les ai longs, en ce moment, mes cheveux. Oui, car je devais aller chez le coiffeur au début de cette semaine, alors que j’aurais dû être en congés mais comme j’ai reporté mes vacances de quinze jours, j’attends encore un peu. Je n’avais pas envie d’arriver au boulot, un matin et m’entendre dire : tiens, tu es allé chez le coiffeur ?

Non, les éboueurs sont en grève ! Aurai-je alors répondu. Que voulez-vous répliquer alors qu’on vous a raccourci votre masse capillaire de plusieurs centimètres… de plusieurs centimètres carrés ? De plusieurs centimètres cube ? Je ne sais plus comment on doit dire. Avec cette histoire de déménagement à venir dans les trois semaines, je ne sais plus du tout où j’en suis. Surface. Cubage. Bref, je suis donc debout depuis 5h30, il est juste 6h40, je n’ai envie de rien faire et pourtant, je pourrais me mettre à mes comptes. Je pourrais ranger mes papiers, ceux qui sont à gauche de l’ordinateur et ceux qui s’empilent sur la grande table derrière moi. Mais je n’ai vraiment envie de rien. Tout me semble impossible, ce matin. Et pourtant, pour une fois, la ville est calme et cette atmosphère de quasi quiétude est propice à une certaine activité, chez moi, en temps normal.

Non, je pense que je suis dans une période un peu difficile où tout me semble difficile. Tout me semble inaccessible (surtout l’étoile), inexécutable (normal, la peine de mort a été abolie en 1981), insupportable (ça ne vient pas de moi, j’espère ?), pénible, irréalisable, infaisable, invraisemblable, bizarre (ah bon, j’ai écrit bizarre ? Comme c’est étrange !). J’ai vraiment hâte d’en sortir. J’ai hâte de sortir la tête de sous l’eau. Pour pouvoir respirer un bon coup. Un grand bol d’air. M’oxygéner au maximum. Ah bien non, je ne peux pas non plus. Si j’ouvre la fenêtre et que je tente d’emplir mes poumons, j’ai trop peur de sentir les poubelles entassées. Je n’ai pas besoin de ça. Donc, même ça, respirer fortement, ça m’est devenu impossible. En tout cas, ici, à Bordeaux. Vivement que tout ça soit fini, tiens. Et quand je dis « tout ça », je sous-entends bien « tout ça. »