Quand on est en plein dans la semaine de la langue française, j’aime bien qu’on se pose des questions intelligentes, au bureau ? Ça change. Après, reste à savoir si on a trouvé la bonne réponse à la question idoine. Et justement, mon binôme, Audren, ce matin, qui m’a raconté avoir entendu un mot qu’il ne connaissait pas, hier à la télévision, l’a noté pour me demander ce que j’en pensais. Si je savais quelle était sa définition et si je savais la différence entre ce mot là et un autre, du même acabit, nettement plus courant. Et j’ai été bien embarrassé pour lui répondre tout de go. Mais j’ai tenté de sortir ma science.

Je lui ai dit que le mot inconnu me faisait penser à quelque chose qui tendrait vers un désir un peu irrépressible, et que l’autre, n’était qu’une manifestation d’un désir, d’une envie. Ni plus, ni moins. Et donc, le mot inconnu, c’est appétent. Et il peut rester inconnu encore pendant des siècles et des siècles (amen) car il n’existe pas ni chez la petite Rousse ni chez le gros Robert. Il existe appétence et appétissant mais pas appétent. Et d’ailleurs, la meilleure preuve, c’est que le mot est souligné de rouge quand je l’écris, là, dans Word. Et Word, on ne peut pas dire qu’il manque de vocabulaire. Ce que doivent ignorer beaucoup d’internautes.

Alors, faisons la différence entre l’appétit et l’appétence. Le premier est une inclination qui porte à désirer quelque chose (possession, bonheur, nourriture…) et le second, c’est un désir instinctif vers tout objet propre à satisfaire un penchant naturel (nourriture comprise aussi) mais avec un côté un peu maladif. Alors, quand sur France 2, quelqu’un, en voyant ou en présentant un plat préparé devant les caméras s’écrie : « C’est appétent », c’est quelqu’un qui ne sait pas s’exprimer autrement qu’en pétant après avoir fait « ah ! », ça ne veut rien dire sous des airs de celui qui voudrait en remontrer à tous les autres. Hou, les cornes !