Non, ça ne fait pas dix ans que ce blog existe même si le premier que j’ai tenu date bien de 2005. Non, ce blog n’a que deux ans et il va en falloir encore cinq fois autant pour prétendre chanter « j’ai dix ans, je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans... » Dix ans aujourd’hui. Évidemment, je m’en souviens comme si c’était hier. Comme si c’était ce matin. Mais je ne vais pas fêter cet anniversaire. Ça ne mérite pas autant d’égards. Parce que je ne suis pas convaincu que ça soit une bonne chose, ce qui s’est passé il y a dix ans. C’était mieux que rien. C’est ça, c’était mieux que rien. Et à défaut de manger des merles, on mangera des grives. Ou l’inverse. Oui, c’est ça, c’est l’inverse.

Je m’en souviens d’autant plus que, si je ne savais pas que ça allait fondamentalement changer ma vie, j’ai quand même pressenti que je mettais les pieds dans un drôle d’endroit. Que j’entrais dans un autre monde et ce n’était pas celui du silence. Un monde de bruit, un monde de violence verbale, un monde de violences parfois physiques, un monde dans lequel je me suis retrouvé taillable et corvéable à merci pendant plusieurs années, un monde d’antan comme on n’en voit plus que dans les livres. Comme je croyais n’en voir plus que dans les livres. Un monde dans lequel j’ai pleuré à cinquante ans. Un univers encore plus impitoyable que celui de Dallas.

Dix ans pendant une bonne partie desquels, j’ai eu à subir les assauts verbaux des Vautours (leur nom écrit comme ça, ils ne se reconnaîtront pas) et du Gros Indien. Dix ans pendant lesquels j’ai aussi et quand même vécu quelques bons moments et fait quelques jolies rencontres. De là à me dire que je me suis fait plein de nouveaux amis, il y a un pas que je ne suis pas prêt à franchir. Mais sinon, oui, quand je vois la relation que j’ai avec Audren, par exemple, mon binôme et avec Frank, dont je me sens si proche et de sa femme aussi, maintenant que je la connais. Je suis entré dans cette entreprise il y a dix ans jour pour jour. Un bail. Une éternité, parfois.