Hier matin, ça devait être une journée de travail tout ce qu’il y a de plus normal. Sauf que j’avais oublié une chose et que je n’en avais pas imaginé une autre. Et sauf que c’était ma dernière avant ma semaine de vacances à l’est du Rhin. À part tout ça, la routine, quoi.

Je n’avais juste pas imaginé une chose : qu’un grain de sable allait enrayer tout le mécanisme bien huilé de nos routines, celles de mes collègues et la mienne. Tout logiquement, j’allais embaucher vers 3h30 et très certainement terminer vers 9h30, 10h à tout casser mais je n’en avais pas la force, de tout foutre par terre. Et je m’étais programmé pour ça. Sauf que… Sauf que pendant la nuit, à un moment précis, je me suis réveillé. J’ai ouvert un œil et sur le cadran de mon radioréveil, il était minuit 26, à quelques secondes près.

Le temps de fermer l’œil en question, j’ai entendu une notification comme quoi j’avais un SMS qui arrivait. Audren me signalait que la facturière de nuit n’était toujours pas là et que ça craignait. En d’autres termes, peux-tu venir faire son boulot avant de venir faire le tien. Et là, j’ai pensé très fort un truc du genre « merde, fait chier, bordel » ou à peu près. Et j’ai tenté de me rendormir. Sauf que malgré moi, je n’ai pas vraiment retrouvé le sommeil des justes. Et à presque 2 heures de la nuit, j’ai fini par me lever. Et je suis parti bosser.

Contre toute attente, je n’ai pas débauché plus tard que les fois précédentes mais j’ai plus travaillé vu que j’ai commencé plus tôt. En tout cas, si j’étais naze, toute l’après-midi d’hier, j’avais ma conscience pour moi. Mais j’avais encore oublié une autre chose qui a fait de ce samedi 18 mars une journée qui sortait de l’ordinaire : c’était le jour J comme Janniversaire. En effet, hier, ça faisait exactement 12 ans que je suis entré dans cette entreprise pas tout à fait comme les autres. Une boîte dans laquelle j’ai pleuré, parfois ; je me suis énervé, beaucoup ; j’ai pu rire, aussi mais surtout, dans laquelle je me vois vieillir à vue d’œil.

Alors, ma foi, le fait que la facturière ne soit pas venue travailler, est-ce que c’était une manière de me souhaiter un joyeux douze ans ? Non, je ne le crois pas. Et là, il m’en reste encore entre quatre et cinq à faire pour pouvoir en partir. Il va bien falloir que je tienne.