Samedi, je ne suis pas allé au cinéma, comme je le fais souvent, histoire de décompresser de ma semaine, comme une récompense pour le bon petit soldat que je suis. Je n’y suis pas allé pour plusieurs raisons : j’avais une putain de migraine de derrière les fagots, j’avais le blues et je n’avais aucun film à voir qui m’intéressait suffisamment pour que je fasse l’effort d’y aller. Mais hier, dimanche, en bon assassin que je suis, histoire de tuer le temps, j’ai décidé de reprendre mes vieilles habitudes et de m’y rendre juste après le déjeuner, à la séance de 14h, celle où il n’y a encore pas trop de monde et qui ne coupe pas toute l’après-midi. Et j’ai fait ce que je fais quand je peux, le plus souvent possible : j’emporte un livre avec moi, j’y vais au moins un quart d’heure avant le début de la séance et je me fais mes quelques pages de lecture bien assis, dans la pénombre, juste éclairé par un ou deux spots. J’aime ce moment-là, un moment qui me permet de me poser pour de vrai.

J’ai même continué de lire pendant les bandes annonces et les coupures publicitaires. Néanmoins, comme dit toujours le Sphinx de Gizeh, je jetais un œil de temps en temps quand j’entendais qu’il s’agissait d’un film à sortir prochainement. Si ce que je voyais m’intriguait ou m’attirait, je regardais jusqu’au bout, sinon, je reprenais le fil de ma lecture. À tel point que je n’ai pas vu le temps passer, ces quinze à vingt minutes de temps perdu, si on reste là, bêtement à subir les annonces commerciales et bien souvent racoleuses pour ne pas dire mensongères. Et comme je ne veux pas rester les yeux rivés sur mon Smartphone, je continue de lire, lire et lire. Et hier, à un moment, j’ai senti qu’il était temps que je lâche le bouquin quand j’ai compris que la salle s’obscurcissait de plus en plus, la récréation était terminée et il était temps de passer aux choses sérieuses : le film, choisi en toute méconnaissance de cause. Juste sur un feeling.

C’est bien là que le bât blesse, c’est que parfois, je choisis d’aller voir un film sur une bande annonce (alors que souvent, quand on a vu la bande annonce, on a tout vu), sur une affiche, sur une critique parue dans la presse ou entendue à la radio/télévision, sur la connaissance que je peux avoir de l’œuvre et des fois, juste sur une affiche. Mes intuitions ne sont pas toujours bonnes et hier, j’en ai eu la preuve par l’exemple. Je ne suis pas entré dans le film car peu de choses me plaisaient sans qu’elles me déplaisent pour autant. En réalité, je n’étais pas agacé, donc, je n’avais aucune raison de partir. J’étais juste plongé dans une espèce d’ennui dont il est difficile de s’extraire. Alors, j’ai fermé les yeux et je me suis allé à des endormissements brefs, des pertes de conscience car j’ai cru continuer d’entendre les dialogues. En réalité, pas tant que ça. Je me suis réveillé, à un moment, décidé à me remettre sur les rails mais ce fut pour mieux plonger jusqu’au générique de fin.