Il va juste falloir savoir de quoi parler, aujourd’hui (qui sera déjà demain, en réalité car en ce moment, je gère bien mon temps et j’écris mes billets avec un jour d’avance) car comme bien souvent, alors que j’ouvre Word pour commencer à écrire, je ne sais pas encore de quoi il va être question. Et si je passe en revue certains points, certaines choses que j’ai dans un coin de ma tête mais comme à l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas chez moi, je n’ai pas tous les éléments en main. Alors, je me dis que je vais improviser. Comme un chef en cuisine qui découvre qu’il pensait avoir de quoi faire une recette mais en ouvrant son réfrigérateur, il lui manque deux ingrédients importants et il décide de faire avec ce qu’il va trouver. 

Parfois, il suffit de regarder autour de soi et ça peut suffire pour inspirer quelque chose. Là, si je regarde devant moi, outre l’écran qui me fait face, je vois le front et le dessus du crâne d’Audren (qui n’est ni crâneur, ni frontiste, cependant) en train de créer un fichier Excel pour gérer les écarts de stocks. Si je me retourne, je vois dehors, le parking de l’entreprise et je devine qu’il est loin de faire très beau. J’en déduis donc que nous sommes en automne à condition qu’il y ait encore des saisons. Si je regarde à ma droite, j’ai mon armoire et la vitre qui me sépare du bureau de Virginie. Qui est en train de consulter un site Internet pendant ses heures de travail. Un comble, non ?

Et si je regarde à droite, c’est le mur mitoyen avec le couloir, ce qui ne présente pas d’intérêt majeur pour imaginer des choses. Sauf des bruits de couloir mais quand je pianote à toute vitesse comme en ce moment, suivi par Audren qui saisit ses données sur Excel, pour entendre un bruit de couloir, il faudrait que ce dernier soit très fort ou alors que nous fassions moins de bruit, nous-mêmes. C’est le principe des vases communicants. La loi de l’offre et de la demande. Et en écrivant cela, j’ai une pensée sympathique pour Jérôme Kerviel qui, même s’il est sorti de prison, n’est pas pour autant tiré d’affaire. Je n’aime pas l’injustice, d’une façon générale et là, j’ai de quoi avoir envie de le soutenir. Même si pour certains, tout n’est qu’une question de point de vue.

Quand je regarde dans un cercle plus éloigné, autour de moi, je vois toujours la même chose à droite, à gauche et derrière moi. Il n’y guère en bougeant un peu mon fauteuil à roulettes vers mon armoire que j’ai une vue plongeante vers la salle des ventes et, encore un peu plus loin, le bureau des achats. Il est midi vingt et il n’y a plus personne ni dans l’une, ni dans l’autre. Ah pardon, je me suis un peu trop empressé de sous-entendre du mal de mes collègues car il y a les deux chefs des ventes et un acheteur encore présents. Alors qu’avant-hier, à cette heure-ci, il n’y avait vraiment personne. C’est peut-être ça, la France qui bouge. Dans une entreprise commerciale, on a les moyens de ne pas faire de permanence à l’heure du déjeuner.

C’est toujours plus facile de critiquer que de faire et je le sais d’autant mieux qu’à cet instant précis, je suis moi-même en train de faire de la présence sans travailler vu que j’écris mon blog pendant mes heures de boulot (mais j’ai fini tout ce que j’avais à faire, monsieur !...) mais quand même, j’ai proposé mon aide à ceux qui avaient du boulot, comme Audren mais on ne peut pas être deux sur son fichier. Ça ferait jaser. Non, sans blaguer, il est en train de le créer, son fichier alors, je ne peux pas en faire une partie depuis mon poste. Du coup, je meuble. Et je pense au déjeuner qui m’attend à la maison puisque dans moins d’une demi-heure, je rentrerai. Et à ce soir. Je vais découvrir Tosca. Un opéra connu que je n’ai encore jamais vu.