Oui, c’est un vrai plaisir et une véritable leçon d’humilité que d’admirer la lune. Je parle de celle qui se trouve dans le ciel, bien sûr. Je ne pense pas qu’à ça, soyez sans crainte. Ou soyez déçus. C’est vous qui voyez. Oui, donc, j’aime bien regarder la lune, qu’elle soit de quart, de moitié ou pleine. Ou même rousse. Car c’est une présence rassurante au-dessus de nos têtes et c’est un rappel à l’ordre de nos souvenirs d’enfance et d’un certain ami Pierrot qu’on n’oublie jamais tout à fait.

Les soirs où la lune se reflète sur l’océan et les vagues qui la déforment sans jamais l’enlaidir, c’est encore une autre version. Parmi tant et tant qu’il serait impossible d’en faire une liste exhaustive. J’aime la lune. J’aime son symbole. J’aime les idées qu’elle nous donne. J’aime qu’elle soit là, toujours, partout, pour tous. Une des rares choses que tout le monde peut partager de façon tout à fait égale.

Mais j’aime aussi les soirs brumeux ou nuageux sans lune. Les soirs où elle a décidé de passer une nuit blanche, toute seule dans son coin, sous ses draps. Ni vue, ni connue. Elle reviendra demain car demain est une autre nuit. Et ça ira toujours mieux demain, dans ces cas-là. Je le sais, j’ai confiance en elle. Et moi, pendant ce temps-là, je marche dans les rues sans elle, sur les pavés, parfois mouillés…

Et j’aime, au petit matin ou tard le soir, marcher dans des rues sans lune. Quasi désertes. Comme s’il y avait un rapport de cause à effet entre la présence de ce caprice des dieux et le fait que personne ou presque ne s’aventure dans la ville. Mais moi, j’aime ça. Être seul dans les rues et savoir que je suis peut-être le premier homme. Ou le dernier. C’est mon seul côté aventurier. Je suis un baroudeur des rues sans lune.

Mais j’ai rarement l’occasion de me promener en ville quand il est question de nuit noire. La lune, ma bonne amie, semble avoir toujours un œil sur moi, malgré tout. La lune est mon ange-gardien. Et c’est souvent qu’à son clair, j’ai des pensées qui volent vers elles comme des oiseaux migrateurs qui vont loin, là-bas, là où la vie est meilleure. Un point d’eau dans l’oasis tant rêvée. Une eau de là. De la lune.