Il fallait bien trouver une idée de repas qui ne soit à la fois pas trop lourd pour un soir et suffisamment consistant pour le patron qui avait roulé toute la journée et déjeuné frugalement sur l’autoroute. Alors, je me suis creusé la cervelle et j’ai trouvé l’idée qui allait certainement faire l’affaire. Un repas pas lourd mais consistant. J’ai trouvé et j’ai préparé. Et tant pis pour ceux qui font la fine bouche en disant que « non, moi, le soir, c’est une soupe, un suppositoire et au lit » parce que les connais, certains ne mangent même pas de soupe.

Et même Renée, elle dit que lorsque ses enfants des îles sont là, tous les trois, ils font régime drastique pour ne pas se charger le ventre et ne pas s’alourdir le mauvais sommeil. Alors, ils prennent un ramequin de soupe, pas même un bol, et un yaourt si possible allégé et le plus nature possible. Et ensuite, éventuellement pourquoi pas une tisane ? Et, le suppositoire qui va bien, cela va de soi et coule de source. Enfin, quand je dis « coule de source », ce n’est pas la bonne formule pour un suppositoire.

Eh bien moi, non, j’ai proposé un repas équilibré en pâtes de toutes sortes puisque pour l’apéritif, il y avait un cake tomates et fromage. En entrée, Renée avait apporté une soupe maison faite avec les restes de son plat de thon à la tomate et aux aromates. Elle y avait ajouté du poireau, des carottes et une pomme de terre, ce qui fait que rien que là, nous avions déjà notre ration de légumes pour la journée. Mais une soupe, c’est un peu trop léger, même si elle est excellente, alors elle avait fait des petits croûtons maison avec du vieux pain.

Ensuite, j’ai servi un saucisson de Lyon brioché avec la pâte à brioche qui va bien comme son nom l’indique. Et, pour deux qui font attention à leur ligne ou qui veulent faire croire qu’ils y prennent garde, j’avais servi une salade de mâche, c’est plein d’oméga 3. Après cela, un plateau de fromages avec du pain frais, cette fois. Et puis ma foi, même quand on n’a plus faim, le fromage, ça passe. Et on en profite parce que ce n’est pas tous les jours qu’on en mange, à Bordeaux. Là, quelque part, il y a en plus le goût de l’interdit. Du plaisir défendu.

Et pour dessert, j’avais acheté un apfelstrudel, vous savez, ce dessert à base de pâte feuilletée, farcie à la compte de pommes, aux morceaux de pommes et complété par des raisins secs. Le tout recouvert de sucre. Bref, un truc bon et qui se mange sans faim, surtout après un repas aussi léger. J’ai juste oublié de proposer un morceau de chocolat à ceux qui ont pris du café en fin de repas. Renée, elle, elle a eu droit à son petit canard. En tout cas, c’était sympa, on a passé le repas à changer de style de pâtes comme on change de chemise. Avant la chemise de nuit.