En vacances, j’aurais une légère tendance, une petite tendance, une tendance parfois un peu appuyée à boire un peu de vin rosé, éventuellement du champagne ou du prosecco. Et l’an passé, j’avais un peu exagéré en buvant un peu plus que de raison parce que les circonstances s’y prêtaient : un très bel appartement, une très grande terrasse sur la mer, mes parents, Arnold, pour la première fois, le patron, le président et Renée and Co. Et de fil en aiguille, nous avons pris des apéritifs, matin (non), midi (oui) et soir (encore oui.)

Et moi, j’étais heureux d’être là et satisfait de cet état légèrement gris alors que c’était surtout du rosé que je buvais. Si j’avais bu du rouge, j’aurais sans doute été noir. Mais je passerai sous silence les nombreux maux de tête et les nombreuses migraines associées à cet état d’euphorie alcoolisée permanente. Et pourtant, chaque fois, je me disais : plus jamais ça. Et chaque fois, je recommençais pour ne pas être en reste et me sentir exclus de ne boire que de l’eau pétillante ou plate à l’heure où tout le monde trinquait autour de moi.

Hier soir, samedi (toujours ce putain de décalage, on n’en sort pas), alors que nous avions fait au moins vingt kilomètres de promenade à bicyclette avec le patron, plus de la marche et plus une ou deux contrariétés survenues dans la journée, nous avons ouvert une bouteille de champagne pour l’apéritif et nous l’avons terminé à deux et demi, pendant le repas. On ne peut vraiment pas dire que nous avons abusé. Et pourtant, j’ai commencé à avoir mal à la tête avant de partir à vélo et c’est fortement revenu au moment de manger l’entrée, à table.

Et là, ça s’est transformé en migraine et ça ne m’a pas quitté depuis hier soir et en ce dimanche matin (jour local), je suis encore un peu la tête dans le fût. Si j’avais dit, la tête dans le cul, ça aurait été grossier voire vulgaire. Je me suis abstenu de ça le jour du seigneur. Parce que c’est le jour du vin de messe. Et on ne sait jamais…  Bref, pour en revenir à nos moutons et à nos brebis égarées, je suis un peu dans la panade, là. Je suis dans la semoule. Je suis dans un état que je n’aime pas et qui me fait dire, et encore une fois : jamais plus. Plus jamais ça.

Mon œil ! Tu parles, Charles ! Tu bois, Benoît ! Ce midi de dimanche, nous sommes invités chez Béa et donc, il va falloir faire attention à ne pas succomber aux tentations avinées du maître de maison. Et à ne jamais trop vider mon verre pour éviter de me faire servir de nouveau trop souvent. Ne pas boire le calice jusqu’hallali et savoir m’arrêter au moment de la dernière goutte, celle qui risque de faire déborder le vase et tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin, elle se tasse dans son jus. Donc, ce midi, plus jamais ça, je dois savoir faire une chose importante : séparer le bon grain de l’ivresse.