En arrêtant sa voiture, sur le parking, au bord du chemin qui longe le petit bois, Martin se dit qu’il n’aurait jamais dû venir. C’est la première fois qu’il s’apprête à tromper Émilie et Martin est tiraillé entre deux choses : la culpabilité et l’envie de remettre le contact pour faire demi-tour et son érection qui est déjà bien installée dans son short. Il va même avoir du mal à la cacher mais l’envie de ce plaisir encore inconnu et pourtant interdit risque d’être le plus fort. Après tout, qui va en parler à Émilie ? Ce serait quand même un sacré coup de malchance qu’il tombe sur quelqu’un de sa connaissance et il est venu exprès dans ce coin un peu retiré, à près de trente minutes de chez lui pour prendre le minimum de risques. Martin a envie. Il a ce qu’on appelle une envie irrépressible. Plus forte que tout. Même de la morale.

Il se demande s’il ne devrait pas attendre un peu que ça se calme au niveau de son sexe car franchement, ça ne lui ressemble pas de se promener excité si ostensiblement. Mais en même temps, ici, dans ce lieu de perdition, c’est un peu le but de chaque personne qui vient. On y vient pour tirer un coup vite fait. Pas forcément bien fait mais vite fait. Presque comme une question d’hygiène. On appelle ça se vider les couilles, pour les mecs. Et ne sachant pas trop où aller, il décide de prendre le premier petit sentier à gauche, il y a des préservatifs et des mouchoirs usagés, par terre, il se dit qu’il est dans la bonne direction vers  un sous-bois un peu plus sombre et là, avec le jour qui commence à décliner, il a un peu peur mais il se dit qu’il n’est pas venu jusqu’ici pour rien. Alors, il continue. Pour aller au bout.

Soudain, une main se pose sur le renflement de son short et loin de l’effrayer, il pousse un soupir à la limite du gémissement. Il est bien venu pour ça, non ? Il ne voit pas à qui appartient la main, juste des cheveux longs, blonds, un peu comme ceux d’une perruque. Et il se donne trois secondes pour partir ou pour rester. Avant le temps imparti, son short se retrouve sur ses chevilles et la main qui le touchait a laissé la place à une bouche qui a l’air de bien savoir s’y prendre. Ma foi, se dit Martin, ça ne va pas durer très longtemps, je suis tellement excité… Pardon à tous mes lecteurs et trices mais un incident indépendant de ma volonté a fait qu’il y a eu une (grosse) interférence entre le billet du jour pour ce blog et la suite du feuilleton porno que je publie sur l’autre, le blog interdit au moins de 18 ans. Désolé.