Je ne vais pas revenir encore une fois sur le même sujet mais ça me démange en ce dimanche matin, à moins de sept heures alors que la ville est encore (enfin) calme, surtout là où ça a pété, hier en fin de journée. Quand le patron, qui est aux toutes premières loges, m’a appelé pour me dire que ça venait de commencer, les échauffourées, il a entendu les mêmes voix de jeunes garçons et de jeunes filles, probablement mineurs, qui étaient devant chez lui, à commencer de dépaver sa rue encore une fois afin de se faire une réserve de projectiles contre les forces de l’ordre. Et il était encore une fois sous le coup des bombes assourdissantes et des fumigènes, de quoi stresser même les gens les plus calmes, en temps normal.

Mais le pire, ça a été quand il a entendu une grande explosion : une voiture venait d’être incendiée devant chez sa voisine directe, juste avant le poste de police, au bout de la rue, à l’angle. Et là, une immense lueur d’abord rouge et une épaisse fumée étaient visibles depuis le premier étage de chez lui. Mais pas que. Pas qu’une seule voiture incendiée. Assez rapidement, deux autres véhicules, pris dans sa rue, poussés par les manifestants, non, par les casseurs jusque sur les rails du tram, à droite, et incendiées également. Évidemment, je n’ai rien vu, moi, mais j’avais le patron au téléphone en direct, comme un envoyé spécial sauf que lui, il vit là, là à où ça se passe. Et il se demande s’il ne va pas devoir déménager vu que maintenant, on est sûr que ça se reproduira et pas qu’une seule fois.

En effet, le pli est pris et je pense que désormais, à chaque manifestation, ça va recommencer. Quand les animaux sauvages, en meute, ont goûté à la violence, ils ne peuvent plus s’en passer. Ils ne pourront plus s’en passer et je crains que ça devienne systématique. Je n’ai pas envie de cette société-là. Je n’ai pas envie de cette vie-là, à craindre le pire chaque samedi. Faudra-t-il un mort, des morts pour que la majorité réagisse et se dresse contre ces violences ? Pour ma part, en dehors de toute idéologie politique, s’il faut venir montrer son désaccord, j’en suis, j’en serai et j’aimerais que nous soyons le plus nombreux possible. On ne va pas se laisser emmerder par une poignée de cons absolus, si ? Ou alors, c’est que je n’ai plus ma place ici. Ce monde n’est plus fait pour moi.