Encore une fois, je suis surpris, non, sidéré. Encore une fois, je suis désabusé, non, triste. Encore une fois, je suis fatigué, non, très en colère. Je rentre du centre-ville car j’ai débauché très tôt, ce matin (à 6h15) et j’ai voulu profiter du beau temps froid et sec et du fait que l’on pouvait s’y rendre normalement car cet après-midi, ça sera encore mission impossible. Ou alors, à mes risques et périls. Et je ne suis ni courageux, ni téméraire surtout face à la connerie. En plus, comme j’ai un peu peur que ce soit contagieux, autant vous dire que je vais rester tranquillement chez moi, tout le reste de la journée. Tant pis s’il fait un temps magnifique. Au moins, chez moi, je suis protégé de cette violence.

Surpris et sidéré de voir la place Pey Berland (celle de la mairie et de la cathédrale) littéralement envahie de camions de CRS, de fourgons avec des grilles, de blindés et je me suis dit que non, ça ne pouvait pas recommencer, que ça ne pouvait pas continuer encore et encore. Je me suis mis le doigt dans l’œil et rien ne semble y faire, ça m’a l’air d’être devenu systématique, maintenant, le samedi, à Paris, à Bordeaux et dans d’autres villes, c’est la violence hebdomadaire programmée comme si personne ne pouvait y mettre fin. J’ai de la peine et ça me met en colère en même temps car là, franchement, on a tous compris le message et on aimerait retrouver un peu de calme.

Je me sens aussi désabusé quand je vois ce que ça coûte en déploiement de forces de l’ordre. Et je ne parle pas d’argent, quand j’écris ça, non, je parle de ces femmes et de ces hommes, gendarmes, policiers, CRS… mobilisés toute la journée pour tenter d’éviter ces violences causées par ces sauvages en meute qui se croient tout permis au nom de je ne sais quel pseudo idéal. J’ai été ému de voir certains membres de ces forces de l’ordre en train de déjeuner à 11h30, d’un petit plateau repas, dans leur fourgon. Et ils vont passer  la journée à attendre, à se battre et à se défendre, non-stop. J’en avais déjà marre depuis le premier jour, le 17 novembre, autant vous dire que là, la coupe est plus que pleine.