Aujourd’hui, pas de Chouchou, je lui ai déjà donné sa journée car j’avais envie d’être seul pour ces dernières heures d’un week-end bien mérité. Comme bien souvent le lundi. Mais aujourd’hui, je n’ai même pas prévu d’aller au cinéma. J’ai vu deux films en deux jours, l’un très bien (Champions) et l’autre, moyen (The book club) alors, je me mets en RTT moi aussi. Comme ça, nous serons deux. Mais chacun à sa façon. Et je ne sais même pas si je vais aller jusqu’à la bibliothèque, je me sens assez peu de courage et encore moins de motivation, là, à l’instant M. ou J. Voire H.

Je suis en retard dans mes comptes mais après moi, le déluge, comme j’avais l’habitude de le dire quand j’étais Noé ou Louis XIV. J’ai de la chance, je me suis toujours réincarné en grand homme. En personnage qui a marqué son temps pour les siècles et les siècles. Il n’y a guère qu’actuellement que je suis en plein doute : suis-je un grand homme qui s’ignore ? Parce que pour l’instant, dans ma petite vie, il n’y a rien qui puisse passer à la postérité. Et encore moins maintenant, à l’heure du numérique, du vite-fait et du jetable. Non, ne l’enveloppez pas, c’est pour consommer tout de suite.

J’ai l’air un peu désabusé, là mais ne vous fiez pas aux apparences, je n’en ai pas que l’air. Aujourd’hui est un jour où je n’ai pas beaucoup de tonus et pas grand foi en l’avenir. Je suis en train de me dire que je ferais mieux d’aller dormir un moment et voir si, à mon réveil, les choses sont dans le même état dans ma tête ou si ça a évolué. En mieux, j’espère. Parce que si c’est en pire, autant ne pas faire de sieste du tout. Mieux vaut prévenir que courir à point. À qui ne saurait attendre.

Je pense que reprendre la lecture du bouquin que j’ai en cours, ça ne me ferait pas de mal. Les histoires, surtout quand elles ne sont pas toujours très drôles, quand elles arrivent aux autres, ça fait du bien de se dire que ça n’arrive pas à soi-même. Je me sens un peu épargné, là. Et je me dis que finalement, il y a pire que moi. Dans le genre, il y a les syndicalistes grévistes dont le sort est loin d’être enviable. Ne me dites pas que je risque d’être réincarné en l’un d’eux, dans ma prochaine vie, sinon, là, c’est presque pire que tout, pour moi. Non, non, tout mais pas ça, s’il vous plaît.

Ni même en Laeticia Halliday. Franchement, je ne l’envie pas. Avoir autant de pognon sous le pied et ne même pas être sûr de pouvoir en profiter en toute liberté, je préfère avoir avec ce que je gagne. Ah ça me fait du bien, tiens de penser à elle. Il y a longtemps que je n’avais pas dit de mal de quelqu’un. Peu importe qui. Juste pour le plaisir d’être gratuitement méchant. Et quand je suis un peu acerbe, caustique ou moqueur contre quelqu’un, ça me soulage de mes propres angoisses et/ou douleurs. Finalement, heureusement qu’ils sont là, ceux que je n’aime pas vraiment. Ou pas du tout.