Se traîner presque lamentablement. C’est ainsi que je pourrais définir ma façon d’être de tout le week-end. Une impression d’être vide. Une sensation de n’être rien ou si peu de choses. Ce qui est le cas, objectivement, quand on a conscience de n’être que ce qu’on est et que ce qu’on vaut. C’est vrai, ça, que restera-t-il de moi dans deux cents, dans cent, dans cinquante ans ? De la poussière vite éparpillée au gré des vents peut-être même contraires. Alors, si seulement ça pouvait suffire à me faire relativiser mon mal-être, ce serait un grand pas pour l’humanité. Pour ma propre humanité.

Aujourd’hui, à cette heure précise, 17, c’est presque déjà la fin de ce week-end dont j’aurais aimé pouvoir en arrêter le fil. Le suspendre pour un temps indéterminé. Parce que je vais le dire haut et fort : je n’ai pas envie d’y retourner cette nuit. Mais je vais bien devoir le faire. Même si j’ai déjà annoncé que je n’irai pas pour 1h30 mais pour 3h, dans le meilleur des cas. Et si c’est 3h30, comme en temps habituel (j’ai failli dire « normal »), ce sera comme ça et pas autrement. Et toc !

De toute façon, j’ai déjà prévenu qui de droit : ce n’est plus de mon âge de faire des remplacements de nuits complètes. Déjà, des nuits partielles, ça devient de plus en plus au-dessus de mes forces. Et ce n’est plus négociable. Nous sommes dans un état de droit, à ce que je sache et mon droit, c’est de respecter mes cycles de vie. Ma seule consolation du jour, c’est une pensée particulière parce que,  aujourd’hui, c’est un anniversaire. Nous serons peu à pouvoir en être émus. Deux, seulement mais c’est déjà beaucoup. Il y a pile trente ans, naissait un petit génie. Chatouille… Trente ans !...