Cinq, quatre… Ça y est, le compte à rebours est commencé. J’ai déjà fait pas mal de choses, ce matin. Entre autres, aller aux Quinconces pour prendre la presse gratuite, écrire, lire, ranger la vaisselle d’hier soir, mettre le linge propre dans le panier pour le repassage et préparer le déjeuner. Mais je ne suis plus en week-end pour autant, du moins, dans les un peu plus de trois heures. Parce que là, je suis dans une espèce de course contre la montre. À 11h pétantes, j’ai cours avec le coach. Et avec le patron puisque nous y allons en duo. Et ensuite, je rentrerai et nous déjeunerons, avec le président et alors, alors, enfin, oui, je pourrai me sentir de nouveau en week-end et tenter d’en profiter au maximum jusqu’au milieu de la nuit prochaine.

Trois, deux… Je n’aime pas ce moment où je prends conscience de l’irrémédiabilité des choses et surtout, du temps qui passe, paradoxal, comme toujours. Paradoxal car trop lent quand c’est du mardi au samedi et trop rapide quand c’est du samedi au lundi. Les horaires sont consultables sur mon site Internet. Et merci de laisser un message si je ne réponds pas tout de suite. Paradoxal car, comme quand on est enfant et qu’on aimerait bien être très vite une grande personne (tout en conservant les avantages de son âge jeune), là, je n’ai qu’une hâte, celle de sortir de ce tunnel dans lequel je me sens perdu depuis tant de temps. Mais arriver vite à sa sortie signifie aussi que je vieillis encore un peu plus. Encore un peu plus vite.

Un, zéro… Stop ! Je vais effectivement aller faire du renforcement musculaire, pendant une heure, avec Jérémy et ainsi, en sortant, j’aurais des biscottos très affûtés qui me permettront d’aller m’accrocher aux aiguilles de la Grande Horloge du Temps qui Passe et je suis sûr qu’alors, je pourrai les retenir de vouloir trop en faire, automatiquement. Et ce sera le combat de la mécanique contre la force de l’Homme. Et dans cette lutte qui sera certainement acharnée, l’Homme, c’est moi. Oui. À mon corps défendant, certes mais bon, on a le droit de rêver, non. De se prendre pour Superhomme. On s’arrange comme on peut pour faire contre les choses qu’on subit. Parce qu’on sait bien, au fond, qu’on n’y peut pas grand-chose. Pour ne pas dire rien.