Hier, en écrivant le paragraphe 2 de mon billet, qui en comportait 7 (c’est bien de le dire car personne ne l’avait remarqué, j’en suis sûr), j’ai utilisé le verbe absous au participe passé et je ne me suis posé aucune question car je n’ai eu aucun doute quant à sa forme grammaticale. Idem pour l’orthographe. Moi, Stéphane G., je suis absous avec un « s » à la fin car je suis plusieurs dans ma tête, tout le monde le sait, jusque-là, rien que de très normal.

Non, en revanche, dans la soirée, je me suis mis à me demander comment j’aurais écrit ma phrase si j’avais été une nana. J’ai spontanément eu envie de me dire que j’aurais été absoute mais en même temps, cette fois-là, j’ai été envahi de doute. Et ça m’a obsédé même au moment de me coucher et encore pire, à 2h55, quand je me suis levé, cette nuit. Est-ce que j’aurais vraiment été absoute si j’avais été de l’autre sexe ? Si ça se trouve, j’aurais pu être absouse sans le savoir.

Ma première intuition est souvent la bonne, en orthographe et en grammaire mais parfois, avec le temps, comme tout s’en va même les plus chouettes souvenirs d’école, époque bénie où je raflais tous les prix d’excellence mais il peut m’arriver de ne plus savoir sur quel pied danser. Heureusement que je ne suis pas unijambiste, sinon, je me casserais souvent la gueule. Et alors, je n’ai pas cinquante nuances de solutions : consulter un de mes nombreux dictionnaires ou Internet.

Et là, j’ai enfin trouvé la validation de ce que j’avais d’abord pensé et qui était juste depuis le départ : si j’avais été une femme, j’aurais peut-être été une couguar mais j’aurais surtout été absoute. Et ça, ça n’est pas rien. Mais j’ai voulu en savoir plus. Il n’y a rien d’étonnant à ça, ceux qui me connaissent le savent que je suis comme ça, je suis d’une curiosité jamais satisfaite. Mais pas une curiosité malsaine, non, c’est juste que j’ai d’en savoir toujours plus, de comprendre.

Alors, je me suis intéressé de très, très près au verbe absoudre, principalement dans sa forme passive. Et là, j’ai découvert quelque chose qui m’a stupéfait et je me suis d’ailleurs écrié : « C’est stupéfiant ! » C’est dire que je ne vous mens pas quand je vous dis que j’ai été stupéfait.  Parce que jadis et sans doute naguère, le participe passé du verbe absoudre, ce n’était pas absous, absoute mais, tenez-vous bien, c’était… C’était absolu. C’est dingue, non ?

Ensuite, j’ai cherché d’autres verbes qui se conjuguaient comme absoudre. Et le premier qui m’est venu à l’esprit, c’est dissoudre. Peut-être résoudre, aussi. Et là, j’ai vérifié comment ils participaient à leur passé : dissolu pour le premier et résolu pour le second. Donc, l’analogie avec absoudre existe bel et bien sauf que de nos jours, on ne dit plus absolu mais absous, absoute. Le pire, c’est que je n’étais pas au bout de mes surprises. Non, non, loin de là.

Parce que dans un autre jadis d’antan, on pouvait dire qu’on était absolu, quand on est absous aujourd’hui mais on pouvait aussi dire résous au lieu de résolu même si ce n’est plus guère utilisé. Mais on ne peut pas dire dissolu pour dissoudre. Enfin, je ne crois pas. En tout cas, le pompon du pompon, c’est qu’absoudre et dissoudre n’ont pas de passé simple ni d’imparfait du subjonctif. Et ça, c’est terrible. Surtout pour eux car moi, je peux bien vivre sans ça. Mais eux ?