Je ne pensais pas que ça serait si long, cette envie de vouloir vieillir un peu plus vite. C’est vrai, je n’en reviens pas comme il me tarde de prendre deux ans dans la gueule. Pour me trouver quelques nouvelles rides et voir les autres se développer. Pour sentir mon arthrose prendre de plus en plus de place, comme un squatter. Pour subir les prochaines canicules avec des risques de plus en plus importants. Vieillir. Vieillir vite mais bien. Vieillir à tout prix. En être sûr. Ne pas stagner à un âge qui n’en vaut pas la peine. Mais y a-t-il seulement un âge qui vaut mieux que les autres ?

J’ai déjà le pied sur le champignon pour accélérer le mouvement mais je pense que j’ai dû laisser le frein à main car je n’avance pas. Je n’avance pas quand je vis au jour le jour, à l’heure l’heure et  la minute la minute. Et encore, je vous passe les secondes sous silence. Je n’avance pas et pourtant, et pourtant, et pourtant, même si je n’aime que toi, et pourtant, quand je me retourne sur le temps qui passe, je me dis, waow, on est déjà presque dans le mois d’octobre. Ça veut donc dire qu’il n’y a plus qu’un trimestre à valider pour terminer cette année 2017.

J’ai la quasi certitude que j’ai toujours été en avance sur mon temps mais pas là. Mais t’est où, pas là, mais t’es où ? Non, pas là. Là, au contraire, j’ai l’impression d’être un escargot qui s’est donné comme objectif de faire le tour du monde le plus rapidement possible. C’est-à-dire que ça va lui prendre tout le reste de sa vie pour y arriver. Non, moi, je veux atteindre mon but plus rapidement que ça. Pourquoi on ne serait pas le 28 septembre 2019, par exemple, là, tout de suite, maintenant ? Ça me ferait déjà 8 trimestres de plus. Et enfin la possibilité d’en voir le bout. Mais non, je rêve, là.