Il est revenu le temps du muguet. Je ne parle pas de ces petites fleurs bien odorantes qui symbolisent le printemps… eh bien non, puisque nous sommes en automne ! Je parle de ce que ces fleurs représentent, leur éclatante blancheur digne du sourire d’un animateur de télévision qui pense avant tout à donner une bonne image de lui. Peu importe le flacon du fond pourvu qu’on ait l’ivresse de la forme !... Je parle de ces petites fleurs qui ont tendance à faire plaisir et à redonner le sourire. Même aux migraineux comme moi ; même aux arthrosiques, comme moi et même à ceux qui n’en peuvent plus d’aller bosser là où ils bossent, surtout à des horaires incongrus, comme moi.

Parce que le soleil est comme le muguet, il est revenu. Il a dû oublier d’aller draguer la lune et s’est peut-être rendu compte qu’il était bien avec nous. Alors, mine de rien, il se montre. Il pavane comme s’il se croyait en plein été alors que nous, nous savons bien que nous sommes en automne. Au début de l’automne, certes mais en automne quand même (pardon pour les répétitions mais je ne connais pas de synonyme à automne…) Après tout, peu importe, non ? Qu’il fasse un soleil écrasant ou un soleil doux, le principal, pour moi, en ce moment, c’est que ça brille. Et comme je n’aime pas la canicule, j’y trouve plutôt mon compte, là, aujourd’hui. J’en avais besoin. J’en avais envie. Ressortir le bermuda de ville. Imaginer pouvoir m’y rendre tout à l’heure sans blouson. Simplement.

Quand le baromètre remonte, ça fait grimper mon moral. Pas encore aux rideaux mais bon, on ne va pas demander l’impossible, on va rester prudent. À part ça, toujours rien de neuf sous le soleil de cette fin septembre. Les Sables d’Olonne me semblent lointains mais ne me manquent pas. Ce n’est pas très gentil mais c’est vrai. Deux ans sans y aller, ça ne me rend pas malade. C’est déjà ça. On verra pour l’année prochaine. Même si au fond de moi, c’est tout vu. Je suis un m’as-tu-vu intérieur. Et j’aime l’idée de l’odeur du muguet. Quand il sera vraiment de retour. L’année prochaine. Pour l’instant, je vais me contenter de le sentir virtuellement. Le souvenir de ses fragrances. Le souvenir du retour d’un prochain printemps. D’un lendemain qui pourrait bien chanter. Ça me plaît, cette idée.