Hier, dans les deux ou trois bulletins météorologiques que j’ai pu voir avant et après dîner, on a annoncé du beau temps pour cet après-midi. Alors que là, il est 15h30 et on vient encore d’essuyer une espèce de bruinasse, une pluie qui ne veut pas dire son nom, qui ne veut pas avouer ce qu’elle est vraiment ni reconnaître ses torts. Et moi, ce matin, pendant que je travaillais, parfois mon esprit dérivait vers ce qui m’attendait dans l’après-midi, une fois le déjeuner avalé, une fois les courses faites : une sieste dans un fauteuil relax sur la terrasse.

Une sieste dehors ? Tu parles, Charles ! Tu causes, Rose et tu articules, Hercule !

Une sieste dehors, c’est de l’ordre de l’impossible. Non seulement il fait légèrement frais mais en plus, c’est terriblement humide. Le fond de l’air n’est pas sec. Il est loin d’être trempé mais il n’est pas sec pour autant. Et comme je n’ai pas envie de prendre le risque de m’attraper un coup de froid dans la sphère ORL et comme un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, je pense que dans pas longtemps, je vais me retrouver en position horizontale en deux fois six lettres : sieste et canapé. Tant pis pour mon bronzage.

Une sieste dehors, Éléonore ? Mais tu n’y penses pas, Léa ! Et encore moins, Germain !

Franchement ? La présentatrice de la météo d’hier soir, en nous annonçant une belle après-midi, elle s’est un peu, beaucoup, passionnément trompée. Mais on lui pardonne car ça ne doit pas être si facile que ça que de jongler avec les caprices du temps qu’il ne va pas faire comme c’était prévu : un coup caniculaire, un coup automnal, un coup canicule… comment veux-tu, comment veux-tu ? Non, je crois même que certains présentateurs de la météo doivent être au bord de la dépression. Et si ça, ce n’est pas un vrai trait d’esprit, je me demande ce qui pourrait en être un.