C’est vrai que s’appeler monsieur ou madame Têtevide, Courtecuisse ou Sèchepine, ça ne doit pas être facile tous les jours. Et c’est pire quand on est une femme et qu’on épouse un monsieur avec un patronyme de ce genre car accepter de le porter, c’est presque de l’inconscience. Ou de l’amour absolu mais l’amour intégral a-t-il des limites ? Idem pour les Chaudoreille, les Trompesauce et autres Sallé-du-Chou. Sans oublier les Lapisse, Lacrotte et Pécourt-Lecul-Joly. Non, je n’invente rien, oui, tous ces noms existent. Il suffit de regarder sur Internet et moi, une madame Sèchepine, j’en ai vraiment connu une, c’était une de mes clientes, au téléphone, quand j’avais entre 24 et 27 ans. Autant vous dire que la première fois, quand elle s’est présentée, comme je n’y étais pas préparé, j’ai rougi. J’ai dû devenir turgescent. Mais ça, c’est une autre histoire. Je pourrais  vous la raconter mais alors, ça sera dans la version "adultes" de ce blog.

Il y a aussi les prénoms qui peuvent être parfois lourds à porter. Il faut avoir le sens du ridicule (de la part des parents) et un bon sens de l’autodérision, quand l’âge le permet, pour ceux dont on les a affublés. Quand on pense qu’il y a des parents capables d’appeler leur fille Périphérique. Ils n’ont pas dû faire le tour de la question. Pourquoi pas Péripatéticienne, pendant qu’on est ? Et d’autres qui ont voulu appeler leur enfant Assédic ou encore Nivea, c’était pour toucher le jackpot avec la première et parce que c’était une crème, pour la seconde ? Et pour les garçons, Berk ou Merdive, il faut vraiment avoir une drôle d’opinion de son fils pour lui imposer ça. À moins que ça ne soit pas des noms français et peut-être que dans les pays d’où il viennent, ça  correspond à quelque chose de flatteur. Allez savoir si Berk, quelque part, quand c’est pour un petit garçon, ça ne veut pas dire : « mais  non, quand on te regarde, on n’a pas envie de vomir ! »

Il faut savoir qu’il n’y a pas que pour les humains qu’il y a des noms difficiles à porter. Pour certains animaux, même s’ils ne le savent pas (et pour cause), c’est la même chose. Tiens, si on prend les poissons, par exemple, vous croyez que c’est facile pour ceux qui s’appellent bourrugue, busycon, avicule, fiatole, brotule, ethmalose ou encore balai ? Tous ces noms prêtent à rire. D’autres sont très difficiles à prononcer, même si on n’est pas poisson soi-même : hoplostète, psammobie et notothénia. Quant à fanfre et gofiche, on dirait qu’on a un défaut de prononciation quand on les dit. Non, moi, je le crie haut et fort, il faut rester simple quand on doit nommer un animal ou un enfant (un être humain) car c’est quand même pour toute la vie. Moi, je l’ai échappé belle, quand je suis né. J’ai failli avoir un prénom imprononçable : Enahpets. Mes parents étaient tout retourné de ne pas avoir une fille. Heureusement, ils se sont vite repris.