À force de vivre (presque) la moitié du temps à Biscarrosse, depuis le début de l’été, quand je rentre à Bordeaux, comme hier soir, tard, je me demande si c’est un retour à la normale ou un retour à l’anormal. En effet, quand je suis là-bas pendant un certain temps et régulièrement (ou l’inverse), je m’y habitue vachement bien. Et quand je reviens chez moi, j’ai besoin d’un certain temps d’adaptation. Ou de réadaptation. Probablement un effet du jet-lag entre les Landes et la Gironde. C’est un jet-lag très peu connu puisqu’il semble qu’il n’y ait que moi qui puisse le ressentir. Mais c’est vrai que je ne suis pas totalement n’importe qui. Du moins, pour ceux qui me connaissent ou meurent d’envie de me connaître, car, dans ce dernier cas, il y en a forcément quelque part.

Ce matin, j’ai repris mes anciennes habitudes d’un dimanche à Bordeaux : je suis allé chez le patron, dans l’hyper-centre-ville. Non pas pour aller promener les chiens, qui sont restés à Biscarrosse, bien sûr, car justement, le patron n’est pas là mais pour aller voir comment la maison allait et le jardin et les poissons, qui avaient un peu faim. Pour ces derniers, je leur ai proposé un peu de friture mais ils ont haussé les épaules d’un air de dire que ça ne leur plaisait pas mais qu’ils ne pouvaient rien contre. J’ai senti comme une espèce de résignation et d’abattement, chez eux. Alors, je leur ai donné des granules et là, ils sont tous venus à la surface pour me dire merci et m’applaudir de toutes leurs nageoires et tout le monde était content et quand je dis « tout le monde », je me mets dans le lot.

En revanche, je n’ai pas arrosé les plantes en pot, dans le petit jardin (qui est plus petit que celui de ma tante mais plus grand que celui de ma grand-tante qui elle, existe peut-être mais je pense qu’elle doit vivre dans un immeuble.) car Teresa le fera demain, pour son premier jour de reprise après deux semaines de vacances bien méritées. Teresa ? Je ne vous ai jamais parlé de Teresa ? C’est la femme de Joao. Mais si, Joao ! Enfin quand même, Joao ! Vous êtes sûrs ? Ah peut-être que je ne vous en ai jamais parlé. Excusez-moi, c’est une anomalie voire une indélicatesse mais en même temps, je ne peux pas parler de tout le monde, hein ? Bon, quoiqu’il en soit, là, à midi, je vais faire la pizza du dimanche soir et ce soir, on mangera autre chose. Quand je vous disais que c’était un retour à l’anormal.