Évidemment que j’aurais aimé, que j’aurais préféré ne pas y aller seul, à cette séance de 13h10, le film dix minutes après. Ou quinze minutes. Je n’en sais déjà plus trop rien car j’ai fermé les yeux et les oreilles pour ne pas entendre les publicités, toujours les mêmes ou presque et parce que je me sentais un peu fatigué et que c’était toujours ça de pris. Alors, évidemment, y aller seul, ça m’a permis ces quelques minutes de repos que je ne me serais pas autorisé si nous y étions allés à deux. Et pourtant, j’aurais bien aimé, j’aurais préféré mais c’était dit que ça serait moi tout seul, une fois au moins, sinon rien.

Nous trois ou rien

J’ai aimé ce film qui raconte toute une vie en une heure et demie. Une vie de drames et une vie de joies. Une vie de douleurs et une vie d’éclats de rire. Une vie d’opprimé et une vie de liberté. Une vie à côté de laquelle tous les gens comme moi passent sans rien voir, sans se douter de rien. Et en ces temps d’immigrations intensives et pas toujours bien expliquées par les politiques et les journalistes (ou qui se croient l’être…), ça fait du bien de voir des images un peu dures et tant pis si c’est du cinéma et tant mieux si ça se termine bien. Certains réfugiés ont droit à réussir leur passage dans le pays de leur choix. C’est ce qui est arrivé à Hibat, à sa femme et à leur fils.

Kheiron nous trois ou rien 1

Je ne connaissais pas Kheiron avant la sortie de ce film, la promotion qu’il a pu faire en télévision et les bandes annonces passées dans les salles depuis quelques semaines. J’ai découvert un mec formidable. Encore plus que les autres acteurs du film car il l’a écrit et réalisé lui-même, ce qui n’est pas rien. Et parce que les autres, on connaissait déjà leur talent pour nombre d’entre eux. Et je me suis laissé aller, emporter par une vague d’émotions contradictoires mais qui m’ont fait un bien fou : j’ai pleuré, un peu. J’ai ri, pas mal. Et j’ai plongé dans des années à jamais perdues. La nostalgie restera ce qu’elle a toujours été. Pour « Nous trois sinon rien », j’étais seul, sinon rien mais j’ai passé un moment extraordinaire.