Déjà trois heures trente ! Mais ma nuit n’est pas finie ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à accrocher tous ces putains de wagons ?

Déjà cette nuit, je me suis réveillé plusieurs fois et au moins par deux fois, j’ai eu froid et donc, un peu plus de mal à me rendormir que d’habitude. Je suppose que le marchand de sables était en train de se la couler douce. Peut-être du côté des Olonne…  allez savoir… en tout cas, moi, quand je me réveille comme ça à une heure qui pourrait être celle de mon lever officiel, je n’aime pas trop ça. J’ai l’impression d’être un infirme du sommeil, qu’on m’a amputé d’une partie de mon capital jeunesse et donc, de celui de ma récupération.

Déjà neuf heures quinze ! Mais ça fait déjà plus de quatre heures que je suis arrivé à mon travail et pourquoi ai-je donc l’impression, cette impression désagréable de ne pas avancer ?

Déjà, ce matin, en arrivant à mon boulot, je n’ai pas aimé cette sensation désagréable d’arrivée dans une zone de non-droit, une zone comme de celles qui ont pu se faire inonder lors d’un gros orage dévastateur, par exemple, pour ne citer que celui, le plus récent, qui a frappé tous les esprits, dernièrement. Une zone de non-droit où tout semble à terminer car rien n’est correctement fait. Et à moi, en bout de chaîne, de tenter de recoller tous les morceaux, en urgence et avec une patience que je ne sais pas toujours respecter. Une journée qui continue mal, ma foi.

Déjà quinze heures ? Non, mais ça passe vraiment trop vite, ces journées inintéressantes, pourtant. Comme si le temps voulait me faire me surpasser dans le rien.

Déjà quinze heures quinze ?  Mais ça fait à peine plus d’une heure et quart que je suis rentré à la maison et l’après-midi est déjà bien entamé. Encore une journée déjà terminée alors que, à part le boulot, j’ai vraiment eu l’impression de ne rien faire de bien ni de grand. Rien à laisser à la postérité. Si je vais m’allonger maintenant, est-ce que ça peut compter comme une grande action pour les générations futures ? Non, je ne crois pas que ça laissera une trace inoubliable de mon passage sur terre. Alors, ma foi, franchement, à quoi bon, hein ?

Déjà quinze heures vingt-cinq ? Et je n’ai pas encore publié mon billet quotidien dans mon blog ? Mon Dieu, mais à quoi diable puis-je bien passer mes journées ?