« J’avais compris que l’apocalypse est un phénomène lent. Elle ne se manifeste pas dans le feu et le soufre, comme on le croit, mais par la rouille et le chiendent. La fin du monde n’est pas une explosion, c’est un gémissement. »

J’ai été très surpris de cette phrase dans le thriller que j’étais en train de lire, ce matin, après le petit-déjeuner, sur le canapé. Un bouquin de James Patterson et de Michael Ledwidge. Je suis un habitué, presque inconditionnel de l’œuvre de Patterson mais là, j’avoue avoir eu un peu de mal au démarrage. Ce n’est pas du tout comme les nombreux autres livres de cet auteur, globalement tous des policiers. Et je reconnais aussi que j’ai moins d’atomes crochus avec les quelques volumes qu’on pourrait classer dans le genre romans de style fantastique. En général, ceux-là, même si je vais au bout, je ne les conserve pas après, alors que les autres, oui.

 Là, c’est un roman apocalyptique, certes mais dans lequel il n’est pas question de chasse à un (ou à des) coupable(s) et c’est moins ma came. Et pourtant, au fil des pages, alors que les animaux, d’abord les sauvages puis les domestiques attaquent de plus en plus les hommes, au point qu’on se demande si on ne devrait pas tous les exterminer pour revivre enfin en paix (!!!), je me suis laissé prendre par cette espèce de suspense pour comprendre pourquoi ça arrive. L’explication un peu technique, due à aux effets pervers de la pollution des plastiques, est intéressante voire fascinante. Nous savons que nous creusons notre propre tombe et pourtant… et pourtant…

Et je trouve que cette phrase, au début de ce billet, est terriblement forte car elle est d’une évidence qui fait un peu peur. C’est vrai aussi que comme je suis plus du genre pessimisme que membre du parti de l’optimisme, j’ai toujours la sensation que tout va de mal en pis et que ça ne pourra jamais aller mieux, que nous avons un atteint un point de non-retour et que nous courrons à notre perte en fonçant droit dans le mur. En plus, j’ai vu le film catastrophe San Andreas, tout récemment et là encore, devant les séismes de magnitude 9.5 ou 9.60 à Los Angeles et San Francisco… tout ça ne me dit rien qui vaille pour le jour où ça va arriver.

La fin du monde est-elle pour demain ? Quelle sera alors la part de responsabilité de l’homme dans tout ça ? Un peu, beaucoup, énormément ? C’est à cause de ça que je suis vachement content de savoir qu’on n’a pas encore trouvé le remède pour devenir immortel car si c’est pour survivre dans un monde qui nous dépasse et où tout fout le camp, je préfère savoir que mon temps est compté ici-bas et laissé tout ça aux autres.