Comme tout piéton, je marche sur les trottoirs le plus possible. Rares sont les moments où je ne le fais pas car ça reste quand même un endroit sécurisé, a priori. Et même si, en tant que piéton, je ne suis pas toujours responsable puisque je traverse souvent en dehors des passages qui me sont réservés, je reconnais que cet espace piétonnier me convient. Me convenait. Mais de plus en plus, ça devient impossible de s’y sentir sans danger. J’en veux pour preuve, ce matin, celui qui roulait sur le trottoir en scooter car il était en retard et que c’était embouteillé. Il n’y a pas eu d’échange de gros mots mais malgré tout, ça fait peur. Surtout quand on entend des vroum-vroum derrière soi.

Comme tout usager du tram qui se respecte, je valide toujours mon titre de transport quand je monte dans une rame. Rares sont les fois où je ne le fais pas. Car rarissimes sont les fois où je n’ai pas ma carte sur moi et sinon, quand je ne la passe devant le lecteur, c’est que celui-ci est hors service, ce qui n’est pas de ma faute. Mais tout le monde ne pratique pas cet usage qui devrait pourtant être comme un réflexe. J’en veux pour preuve ces deux femmes qui sont montées dans le tram, tout à l’heure, la mère et la fille, deux adultes en ne validant aucun titre de transport et qui prennent deux places assises : une pour la plus âgée et une pour le petit-fils. Quant à celle qui est restée debout, elle a obstrué la porte de la rame avec ses gros sacs de courses et ne bougeait jamais même quand du monde voulait monter ou descendre.

Pour en revenir aux trottoirs sur lesquels le piéton que je suis ne sens plus du tout en sécurité (je passe sous silence, si tant est que ça soit possible, ceux qui y circulent en planche à roulettes, quoi nous cassent les oreilles et qui foncent quoiqu’il arrive et gare à moi, si ce n’est pas moi qui m’écarte), il y a aussi eux qui roulent à vélo avec leur enfant dans un siège sur le porte bagages, sur les trottoirs, sur les passages piétons et qui grillent les feux sans faire attention aux risques qu’ils encourent, eux-mêmes (mais là, je vais vous dire que c’est leur problème) mais surtout aux autres et là, c’est plus embêtant. Et le plus crispant, c’est quand un cycliste insiste avec sa sonnette, sur un trottoir, pour me faire signifier qu’il aimerait passer. Pardon ? Je n’ai rien entendu, de toute façon.

Dans les autres incivilités, il y a celles de ceux qui sont en voiture. Je m’en rends compte quand je prends la mienne pour aller travailler, très tôt le matin et que certains, qui se croient au-dessus des lois, probablement des couche-tard qui rentrent chez eux après une nuit blanche et qui grillent ostensiblement tous les feux de l’avenue Thiers, à la Bastide. Ça va, c’est la nuit, leurs feux permettent éventuellement aux autres de freiner à temps. Mais là, sur la place Pey Berland, ceux qui prennent le sens interdit en roulant même sur les voies du tram, à un endroit, et qui foncent pour ne pas qu’on les remarque trop sans doute, quand écraseront-ils un piéton pour qu’ils comprennent qu’on ne fait pas ce qu’on veut ? Pourvu que je ne sois jamais ce piéton-là.

Dans les choses qui m’agacent mais contre lesquelles je ne dis rien, je ronge alors toujours mon frein pour ne pas prendre le risque de prendre un coup dans la figure, ce sont ceux qui vont au cinéma et qui passent au moins 30% de leur temps sur leur Smartphone. Évidemment, ils sont toujours dans les rangs de devant et les lumières de leurs écrans sont très dérangeantes quand on est intéressé par un film. Et le pire, c’est quand ils regardent une vidéo avec le son et qu’on entend des bribes du bruit que font alors leur appareil. Comme si ça ne pouvait pas attendre d’être hors de la salle. Parce que, en plus, parfois, il y a leurs propres commentaires à leurs amis, assis à côté d’eux. Non vraiment, quand je vous parlais d’apocalypse lente, hier, ces cinq exemples sont flagrants de cette décadence qui nous tire tous vers le bas.