J’ai cherché s’il existait des poèmes sur la douleur autre que celle, plus psychologique d’un deuil, de la rupture amoureuse ou du mal de vivre, qui ne prévient jamais mais qui arrive, toujours l’air de rien mais non, personne n’a jamais écrit de poème post-opératoire. Personne n’a jamais versifié sur le pansement qui cache une cicatrice en cours de formation. Personne n’a jamais chanté le fait de ne savoir dans quelle position se mettre pour avoir moins mal à défaut de ne plus avoir mal du tout car quand on croit que la douleur s’estompe, elle joue au chat et à la souris, c’est pour mieux revenir en traître. La douleur est sournoise. On la croit directe, il n’en est rien ?

Alors peut-être que je n’ai pas su chercher sur Internet car je n’ai pas trouvé de poème sur la douleur. Pourtant quand on fait une recherche par mot-clé, avec synonymes compris, il y aurait de quoi faire : les souffrances du jeune Werther, allez savoir si ce n’était pas suite à une intervention chirurgicale en plus de tous ses malheurs personnels. Je sais que ce n’est pas ça qui l’a conduit au pire mais ça n’a pas dû arranger les choses. Et il aurait peut-être mieux fait d’en parler un peu plus, du fait de devoir marcher en se pliant en deux tant il avait mal à l’aine. Avoir mal vers l’aine. Quel meilleur sujet de poésie sur la douleur ?

J’en ai trouvé des poèmes qui évoquent la géhenne mais je m’en fous de la géhenne, moi, aujourd’hui, j’aurais aimé trouver un peu de réconfort intellectuel chez des gens lettrés, capables de mettre les bons mots sur les mauvaises choses. Ce n’est pas grave, je m’en remettrai. Forcément. Mais je pense que je n’aurai pas la mémoire courte et que je m’en souviendrai longtemps. Aujourd’hui, j’ai décidé de m’offrir un paquet de rancune que je ne suis pas obligé de consommer tout de suite. Et je saurai la ressortir en temps utile. En temps voulu. En d’autres temps. Voilà, qu’ajouter de plus à une telle hargne qui semble vouloir sortir du fond de moi ?