Et voilà, nous sommes le 31 mars. Encore un trimestre de terminé. Encore un de validé. Et un de plus pour la Sécurité Sociale, un !

Avant, quand j’étais jeune, je me contentais de compter les jours qui me restaient avant les prochaines vacances ou avant un week-end d’escapade, ça me permettait de mieux de tenir le rythme du travail mais aussi et surtout des transports car j’ai quand même passé plus de vingt ans à Paris avec trois heures de trajets par jour. Train, métro, RER et (parfois bus mais rarement), tout y passait mais c’était ma vie et je m’en contentais, je faisais avec. C’était ça ou ne pas travailler. Alors…

Et là, je commence à compter les trimestres qui me restent. À condition que personne ne touche plus à rien pendant les cinq ans à venir, je pourrai encore espérer m’en sortir dignement. Mon Dieu, si vous existez, faites que personne ne réforme plus rien jusqu’à la fin de la décennie, s’il vous plaît. S’il vous pléééé…

Il y a deux ou trois ans, j’en étais arrivé à compter les années qui me restaient à travailler. Mais comme le temps passe, comme le temps finit toujours par passer, aujourd’hui, j’en suis arrivé à compter les trimestres. Et je sais que dans quatre, cinq ans, je commencerai à compter les mois, puis les semaines. Puis, je finirai par compter en jours. Tout ça pour battre en retraite comme si ça allait m’apporter plus de joie de vivre. Si ça se trouve, c’est un peu fantasme et je le regretterai mais tant pis.

Ce matin, en découvrant que ce 31 mars était la fin d’un trimestre de plus, ça m’a procuré une grande joie. Comme si j’avais gagné une partie gratuite à un bandit manchot. Le droit de rejouer jusqu’au 30 juin prochain. Et de retenter ma chance encore vingt ou trente fois. Après, j’arrêterai car je ne voudrais pas non plus tomber dans l’addiction. Sinon, pour m’en sortir, ça serait encore plus compliqué. Non, le travail, c’est comme la clope. Mieux vaut arrêter quand il est temps. Sauf que programmer un tel arrêt, je me demande si c’est une bonne chose. Mieux vaut pour moi ne pas connaître la date trop tôt. Sinon, on ne va plus pouvoir me tenir. Plus du tout. En tout cas, encore un de validé. Yeah !