Ben dites donc, ça ne valait vraiment la peine de changer d’heure, avant-hier soir (ou la nuit d’avant). Parce que maintenant que nous sommes passés à l’heure d’été, je peux vous dire que ce midi, au moment de préparer le repas, il faisait si sombre dans l’appartement, que j’ai dû allumer la lumière de la cuisine. Je me suis retenu d’allumer le lampadaire halogène du séjour parce que franchement, il faut penser à économiser l’énergie, surtout en ce début d’hiver. Alors que c’était hier, le passage à l’heure d’été.

En tout cas, moi, je vous le dis comme je le pense et avec toute l’acuité dont je peux être capable quand je n’ai pas assez dormi, c’est-à-dire, quand je vis sur mes réserves et dieu sait si j’en ai, des réserves de stress : moi, je n’aime pas quand on passe à l’heure d’été. Je préfère nettement quand on passe à l’heure d’hiver. Parce que j’aime bien quand on sait que les jours raccourcissent et qu’on va pouvoir cocooner. Alors que là… Va falloir que je tienne vaille que vaille. Et que je m’y fasse aux jours qui font des heures supplémentaires et de revenir à des départs matinaux dans le noir.

En tout état de cause, quand il fait nuit ou, au pire, quand il fait sombre, je peux m’échouer sur le canapé sans aucun complexe de culpabilité, bien au contraire. Alors que quand il fait jour, je me sens l’effet d’une perruque dans la marmite. Non pardon, période de restrictions obligées, je vais faire un peu moins dans le luxe : je me sens comme un cheveu dans le bol de soupe. Je ne me sens pas tout à fait à ma place. Peut-être parce que je suis né à une période où les jours sont de plus en plus courts. Ça a dû me conditionner. Peu ou prou.

Et moi, hier, après une matinée un peu longue car je le me suis levé de très bonne heure pour un dimanche, pensez donc, à plus de huit heures du matin, un record, ou presque. J’ai eu du mal à me lever parce que j’avais comme la gueule de bois d’avoir changé d’heure.  Ça ne me plaisait pas plus que ça mais j’ai fait contre mauvaise fortune du pot, bon cœur d’artichaut. J’ai fait comme si. Je suis allé voter et je suis allé au marché mais j’avoue qu’il me manquait quelque chose. Quelque chose qui aurait pu ressembler à une heure encore d’hiver.

Je n’ai rien contre le fait de dormir une heure de moins puisque je dors quasiment une heure de moins chaque nuit. Absolument. Mais hier, ce n’était pas assez pour moi, cette nuit, comme par hasard, alors que nous devions avancer d’une heure, quelle perte de temps ! J’avais justement envie de dormir plus. Et je me suis senti frustré, en cet hier dominical. Et il a crachiné toute la journée. Comme des larmes de tristesse face à cette heure perdue. À jamais rattrapable. En tout cas, en ce qui concerne l’heure d’été, l’heure d’hiver et ces changements d’horaires, ce que j’en retiens, c’est que plus j’avance ma montre, plus l’été recule, comment veut-il qu’on s’embrasse ?