La question que je posais hier, c’était : suis-je partiellement, totalement, temporairement aphasique ? Non, je pense que je suis juste comme tout le monde. Je suis juste comme tous les mecs de près de cinquante-cinq ans. Je suis comme tous ceux qui se prénomment Stéphane et qui ont une activité intellectuelle qui fonctionne en trois/huit et bref, je suis comme tous ceux qui sont comme moi. C’est-à-dire, tout seul, si on part du principe que je suis un cas unique et comme tout le monde, si on part de l’autre principe, que j’aime nettement moins : je n’ai rien d’original, je ne sors pas du lot et bref, à quoi bon, quoi ?

Encore une fois, s’il m’arrive de chercher mes mots, de prendre un mot pour un autre, c’est juste que je fais tout trop vite et surtout, je fais toujours plusieurs choses à la fois. Je peux écrire un billet pour ce blog tout en écoutant (plus qu’en regardant) la télévision et en surveillant mon lapin demi-saison (hier soir, j’ai cuisiné des morceaux de lapin mi-hiver, mi-été… du lapin avec du chou chinois, du céleri et des carottes anciennes mais aussi avec du poivron et du fenouil...) Oui, je sais, ces informations n’apportent rien au débat sur mon éventuelle aphasie. Mais c’était juste pour illustrer mon propos et mon côté multifonctions (ou multitâches).

Non, il m’arrive de chercher un nom propre ou le synonyme d’un mot parce que je suis trop pressé de le trouver et du coup, je n’arrive plus à connecter tous mes neurones ensemble mais je crois que ça arrive à plein de gens de mon entourage, alors, pas de panique. Et quant au fait de dire un mot pour un autre, là encore, ça arrive à d’autres que moi et en bien plus grave, il n’y a donc pas péril en la demeure. Où je peux commencer à m’inquiéter, c’est quand je fais une chose pour une autre comme de ranger mon bol vide dans le réfrigérateur, par exemple. Mais bon, ça, quand ça se produit, c’est surtout le matin quand je ne suis pas bien réveillé. Quand ça m’arrive le soir ? On passe à autre chose, s’il vous plaît, merci.

Oui donc, en fait non. Tout n’est qu’étourderie et précipitation, chez moi. Aucun véritable signe d’une maladie quelconque. Sinon, vous vous en seriez déjà rendu compte parce que ça se verrait forcément dans ce que j’écris. Et franchement, vous ne trouvez pas ça un peu géranium ? Moi si mais comme je n’infuse pas dans la science… et pourtant, on m’a déjà reproché le contraire. D’être un donneur de leçon et on m’a déjà montré du doigt pour me faire comprendre que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Comme si une frisée aux lardons, alors que ce serait du grand n’importe quoi. Et ça ne me ressemble pas.

Non, je peux digresser mais c’est toujours sous contrôle parce que je sais ce que je cours. En réalité, je laisse mon imagination vagabonder et je commence comme dans une écriture automatique alors que non, je reviens souvent sur mes chevaux. Parce que ce n’est pas si spontané que ça. Dans l’idée, oui mais pas dans la réalisation, pas dans l’écriture ni dans les canapés. Après, quand je confonds évier et lavabo, c’est juste parce que synagogue. Tout le monde me comprend malgré tout. On a les lecteurs qu’on mérite et les miens sont plutôt d’un bon niveau. Alors, encore une fois, pas de polenta, vous savez, j’ai le droit, moi aussi, à être un peu plongeoir de temps en temps, non ?