Jean-Jacques n’aime pas Offenbach et ça me sidère un peu. J’avoue que j’ai du mal à comprendre qu’on puisse ne pas aimer un tel compositeur. Parce qu’à travers sa musique, on trouve du rire et de l’émotion et c’est quand même bien de savoir jouer sur les deux tableaux. Et hier après-midi, à l’Auditorium de Bordeaux, il y avait un récital en hommage à Hortense Schneider, la diva d’Offenbach à l’époque où il a créé ses plus grands succès. Et j’y suis allé avec le patron et nous avons passé un moment délicieux, plein de fantaisie, de frissons et de joie. C’est tout Offenbach (ou presque), résumé en une heure et demi. Rien qu’avec des jeunes : cantatrices sorties « de l’école », orchestre chœur du conservatoire et, un peu de mise en scène pour rendre le tout encore un peu plus vivant.

Jean-Jacques n’aime pas Offenbach et pourtant, moi, à chaque début de saison de l’Opéra de Bordeaux, je prends toujours des places pour le premier spectacle de la rentrée, qui est systématiquement (ou presque) d’Offenbach. J’ai adoré y voir La Périchole, La belle Hélène, La vie Parisienne, La Grande-duchesse de Gérosltein, La fille du tambour major, Les brigands et surtout, surtout, cette année : Les contes d’Hoffmann. Moi, je suis capable de fondre de plaisir comme neige au soleil quand j’entends La barcarole ou Les oiseaux dans la Charmille. Que voulez-vous, je n’y peux rien, j’aime ça. Ce sont deux airs de pure mélodie et ça me touche au plus profond de moi. J’aime aussi quand ça « swingue » ou quand c’est humoristique comme dans « Je suis grise… »

Mais Jean-Jacques n’aime pas Offenbach. Tout comme Gérard n’aime pas Mozart. Et comme Thierry n’aime pas Verdi. Et encore, je ne parle pas de Robert qui n’aime pas Wagner ni de Bruno qui n’aime pas Gounod. En fait, je ne connais pas tous ces messieurs, hormis le premier, vu que c’est le président, mon président, mais les autres, que nenni, je viens de les imaginer. Et parce que j’avais envie de me moquer de lui en imaginant que c’était à cause de la rime qu’il n’aimait pas la musique d’Offenbach. Et la liste n’est pas close, je peux en ajouter encore quelques-uns : Klaus n’aime pas Strauss, Yohann n’aime pas Schumann et Gabriel n’aime pas Ravel. Vous en voulez encore ? J’en ai encore quelques-uns dans ma besace. Non ? Vraiment ? Bon, décidément, je ne vous comprends pas.