Je me demande si… Je me demande ce que penser une poule quand elle pond un œuf et quand elle pense qu’il sera peut-être fécondé. Peut-elle ressentir une certaine fierté mêlée d’une certaine extase à l’idée que le coq dont elle est bêtement amoureuse, soit le père de son futur poussin ?

Il paraît qu’il va pleuvoir pendant une bonne quinzaine de jours et même si on aperçoit du soleil, de temps en temps, ça ne durera pas vraiment. C’est ainsi que les choses se font et se défont : après plusieurs canicules successives sur plusieurs semaines, maintenant, ça va être le tour de plusieurs déluges successifs. Préparez vos serpillères et vos récipients, ceux qui ont des fuites (ma culotte contre les fuites urinaires est vraiment très jolie) et pour les autres, un simple parapluie fera l’affaire.

Cette poule, qui sent d’instinct qu’elle va être maman même si elle n’aura jamais l’occasion d’élever dignement son poussin comme une mère pourrait rêver de le faire, elle n’en conservera pas moins ce sentiment d’orgueil qui lui fera fermer les yeux de plaisir en se disant : « c’est moi qui l’ai fait ! »

Cette saison en plein cœur de l’automne nous offre quelques paysages magnifiques, ce n’est rien de le dire, avec les arbres de toutes les couleurs et les cimetières ensoleillés de tant de chrysanthèmes mais c’est aussi, hélas, le temps du retour des décorations de Noël dans les rues, en tout cas, celles de Bordeaux, déjà, depuis une dizaine de jours, à plus de deux mois de la date fatidique. On n’en peut donc plus de vouloir assez plus vite que la musique et de ne plus savoir attendre les jours J ?

Cette poule m’émeut car en plus, elle a eu le bonheur d’être élevée dans une ferme respectueuse et ses œufs sont systématiquement estampillés 1, parce qu’elle n’a pas non plus la chance de pouvoir espérer d’être 0 car ses propriétaires ne sont pas bio. Cela n’empêche rien en termes de toute fierté.

C’est déjà novembre, le mois qui nous fait le plus penser à la rouille. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas négatif ni péjoratif, dans ma bouche ni dans mes doigts sur le clavier. Si j’avais dit que c’était un mois rouillé, oui, là, j’aurais pu comprendre que cela en fâche certain(e)s. Ce n’est pas le cas, rendons à César, ce qui appartient à César. Aujourd’hui, plus que jamais, je pense que j’écris un peu n’importe quoi car je me laisse guider par ma pensée sans pouvoir la canaliser. Pas grave.

Cette poule dont je parle depuis le début, elle pourra figurer dans le livre des records des contrepèteries catégorie bon goût car franchement, avec tout ce qu’on sait d’elle, on peut dire qu’elle a pondu les yeux fermés des œufs fermiers. Merci à Pauline car elle me l’a soufflée, celle-là.