Je suis toujours un peu (beaucoup, passionnément) agacé (pour ne pas dire plus) quand je reçois du courrier postal à des fins publicitaires mais surtout quand, sur l’enveloppe, il est écrit « ouvrez-vite ! » comme si je n’attendais que ça pour (sur)vivre. Eh bien, mesdames et messieurs les commerçants (on le sait bien, ce sont tous des voleurs), sachez que plus vous me direz, plus vous me demanderez, plus vous m’exigerez d’ouvrir vite ce que vous m’envoyez, moins j’aurai envie d’obéir. Même si c’est pour un réabonnement à un magazine ou à une revue que j’aime (bien.) Je suis comme ça, moi, je n’aime pas les ordres qui ne viennent pas d’une hiérarchie ou d’une autorité reconnue. Et ça remonte à loin, j’ai toujours détesté qu’on m’oblige à lire des livres quand j’étais à l’école.

J’ai toujours détesté qu’on m’impose des lectures car j’ai toujours lu, du plus loin que je m’en souvienne et j’ai toujours été capable, même petit, de choisir ce que j’avais envie de lire même si parfois j’ai pu être un peu jeune pour certains romans ou pièces de théâtre. Et la pire période, pour moi, ce fut celle où on a étudié les classiques : Flaubert (Emma Bovary, quand on pense combien je suis fou d’elle aujourd’hui alors que quand on m’a proposé de faire sa connaissance, je lui ai tourné le dos au lieu d’en tourner les pages !), Maupassant et autres… Il n’y a guère que quand nous avons étudié la poésie contemporaine que j’ai accepté d’être guidé. Prévert, que j’adorais, ne suffisait pas à mon besoin boulimique de prendre des vers et encore des vers, bien souvent libres.

Aujourd’hui encore, j’ai du mal à me faire à l’idée de lire un bouquin qu’on m’aura conseillé. Je déteste les phrases telles que « tu verras, tu vas adorer ! » et c’est encore rarissime que je me laisse influencer pour la littérature. Mais ça peut m’arriver. C’est d’ailleurs arrivé cet été. J’ai lu le livre en question et j’en ai parlé à celui qui me l’avait conseillé. Déjà, à sa décharge, il ne me l’a ni prêté, ni donné. Car ça, pour moi, c’est encore pire. C’est encore plus me forcer la main. Quand on sait comment je procède quand je suis chez un libraire… Je suis un mec facile. Je me laisse séduire par un titre, une couverture, un auteur déjà lu et apprécié… Mais je peux aussi succomber à un bouquin, l’acheter illico et ne pas lire avant plusieurs années… En tout cas, qu’on ne me dise jamais : « Lisez vite ! »