Avant toute chose et même avant le reste, tout le reste, je dois écrire mon billet du jour pour demain. Dans quelques minutes, 18 heures sonneront au campanile de notre immeuble (je dis ça mais il n’y a pas de campanile en haut de notre résidence) et j’ai plusieurs options avant de dîner : finir de préparer ce dernier, écrire à Christian (j’ai reçu une lettre de lui, aujourd’hui, justement), lire le Télérama qui est également arrivé aujourd’hui, faire quelques parties de Free Cell sur mon ordinateur, aller aux putes ou ranger mon placard à épicerie en vue d’établir des listes comme je l’ai dit dans le billet de mardi (hier, au moment où j’écris ces lignes, avant-hier au moment où elles seront publiées, demain matin, qui sera mercredi, en réalité non virtuelle…)

Je peux aussi aller prendre une douche, ça ne sera pas de trop, j’ai fait beaucoup de vélo pour aller en ville, aujourd’hui et je suis même allé chez le docteur pour faire le point sur un point précis. Oh la la, la vilaine répétition qui vient de se produire. Je pourrais aussi m’arranger pour rectifier le tir mais je n’en ai pas envie. Pour être totalement franc, je viens de m’endormir sur le canapé et je sors de cette espèce de sieste qui ne veut pas avouer son nom tout en étant encore un peu groggy et j’ai un peu de mal à me sortir de mon état un peu à côté de la plaque. Il y a des jours comme ci, il y a des jours comme ça. En gros, pour faire court, je me sens atteint d’une crise de feignasserie aiguë. Je n’ai envie de rien faire. À part l’idée d’aller me remettre en position horizontale, là, dans l’immédiat…

C’est étrange, depuis une petite semaine (qui n’a rien à voir avec une grosse semaine, cela s’entend), je me sens un peu raplapla comme à l’époque où je travaillais et surtout, en grande partie de nuit. J’ai des envies de baisser les bras, de jeter l’éponge et même, encore bien plus grave, j’ai des envies irrépressibles de hausser les épaules tout en disant « bof, à quoi bon ? » En même temps, je me connais, ce n’est que passager, ça ne durera pas aussi longtemps que les jours et les nuits des temps. Ça va me passer d’un seul coup d’un seul et d’un sursaut forcément imprévisible, je vais m’y mettre et écrire un billet qui sera publiable pour demain matin. Et après, peut-être que j’irai prendre une douche. Et que j’irai finir de préparer les dîner pour demain. Et je n’oublie pas Christian…