Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises et pas seulement quand elles sont encore à l’état de projet de dessert ! Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises, sans aucune condition suspensive ni préalable !

Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises, le titre de ce billet est explicite même si j’aurais pu mettre « chronique d’un ratage en cuisine » à la place. Sauf que c’était moins percutant. De nos jours, si on veut marquer les esprits, il faut taper fort là où ça peut faire mal. Toucher les points sensibles. Remuer des couteaux dans les plaies. Battre son frère quand il est encore chaud parce que sinon, ça veut dire qu’il est déjà mort et ça, ça n’est pas bien, c’est comme de tirer sur une ambulance.

Oui à l’IV.G. pour les tartes aux fraises surtout et seulement quand elles ne sont vraiment pas présentables et qu’on ne vienne pas me parler de jeunisme et de je ne sais quelle théorie fumeuse.

Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises ratées. Pourquoi ? Parce que ce midi, un copain, Bernard, est venu déjeuner chez nous (parce que je l’avais invité, bien évidemment – et parce qu’il faut profiter de la terrasse pendant qu’elle est encore ouverte car nous allons bientôt la fermer, si ça continue comme ça…) et hier, j’ai eu l’idée de faire une tarte aux dernières fraises. J’ai fait précuire ma pâte sablée à blanc (une pâte sablanc ?) afin de pouvoir la garnir de crème pâtissière et de fraises, ce matin.

Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises vraiment inservables (néologisme) parce que vraiment, quand c’est trop moche, ça ne donne pas envie, bien au contraire. Il ne faut pas s’attendrir. Et tuer dans l’œuf.

Oui à l’I.V.G. pour les tartes aux fraises qui ne ressembleraient pas aux tartes aux fraises ! Et donc, ma pâte, alors qu’elle était quasiment cuite, je l’ai laissée dans le four éteint mais encore chaud. Et mal m’en a pris. Ce matin, quand je l’ai sortie, elle était trop cuite et elle s’est brisée en mille morceaux alors qu’elle devait être sablée. Et en plus, mes fraises que j’avais laissées dans un placard et non pas au réfrigérateur, mes fraises, j’en ai jeté la moitié car elles ont commencé à pourrir dans la nuit.

Alors moi, je préfère pratiquer l’avortement sur une tarte aux fraises qui ne sera de toute façon pas réussie. Et à la place, je suis allé adopter quelque chose chez mon boulanger-pâtissier. C’est tout.