Décidément, depuis que Philippe est intervenu dans ce blog, je vais de caribou en chinchilla (si j’avais dit de Charybde en Scylla, je pense que ça aurait moins parlé à la majorité silencieuse – j’aurais aussi pu écrire que j’allais de Karine en Sheila mais ça me semblait moins pertinent…) parce que, à travers nos derniers échanges, il a évoqué un nom qui m’a tout de suite parlé : Gaston Couté. Et ça m’a fait plonger dans la fin de mon adolescence. À l’époque, j’étais membre actif d’un groupe folklorique mais nous n’avions pas le droit de le dire, c’était mieux de parler de groupe traditionnel. Le folklore était déjà devenu un gros mot alors que nous n’étions que dans la deuxième moitié des années 70, loin avant Internet et tous les réseaux asociaux. Bref, j’étais dans un groupe qui tentait de sauvegarder (déjà) les traditions du Poitou-Charentes et de la Vendée.

Certains d’entre nous, nettement plus musiciens et chanteurs que moi (je n’étais ni l’un, ni l’autre) ((Bon, si vous insistez, j’étais danseur, moi, plutôt !)) avaient enregistré des disques 33 tours avec des airs et des chansons anciennes mais parfois, autour d’un auteur en particulier, de préférence de chez nous. Et quand est sorti l’album autour des poèmes de Gaston Couté, j’ai immédiatement cru et su qu’il était de ma région natale. Et jusqu’à hier, un peu plus de quarante ans ont passé sans que personne n’y trouve à redire. Bon, d’accord, je n’ai pas pensé à Gaston tous les jours de ma vie, je dois même avouer que je n’ai pas dû penser à lui pendant plus de 39 ans mais bon, quand son nom apparaissait quelque part, j’avais une pensée pour mon coin. Je connais mieux l’œuvre de Maurice Fombeure, ce poète bien de chez moi et quand je pense à l’un, l’autre n’est jamais loin. Sauf que…

Sauf que… Encore une fois, je vais devoir battre ma coulpe. Parce que Philippe m’a appris la seule chose que je ne savais pas. Enfin, la seule chose que je ne savais pas au sujet de Gaston Couté : il n’est pas né en Poitou-Charentes mais dans la Beauce, dans le Loiret, pour être plus précis. Et là, je me dis que ça y est, le début de la fin a commencé pour moi. Tous mes repères partent en éclat un peu comme lors d’un feu d’artifices et je me dis que je ferais mieux de commencer à la mettre en veilleuse. Et de faire bien attention à ce que je vais désormais dire. Ou écrire. Je pense que dès demain (j’aime bien la procrastination), je tournerai sept fois (chiffre impair) les doigts qui me servent à pianoter sur le clavier de mon ordinateur avant d’appuyer sur la touche entrée. Avant de valider. Avant d’envoyer quoique ce soit en publication.