Un pensée particulière aujourd’hui pour toutes ces femmes qui sont seules et qui ne savent donc pas ce que c’est que d’être en couple, d’organiser une soirée de St Valentin avec son mec sans savoir que celui-ci a une maîtresse et qu’il aurait préféré passer la soirée avec elle plutôt qu’avec sa femme.

« Tu m’aimes, chéri ? » « Oui, ma chérie. (J’espère qu’elle ne va pas prendre entrée, plat et dessert, outre que ça va encore me coûter la peau des fesses, j’aimerais bien que ça ne s’éternise pas, ici, dans ce restaurant), oui, je t’aime. Comme au premier jour (comme au premier jour où j’ai compris que je préférais aller voir ailleurs.) »

« Bon, et si on ne prenait qu’un plat et un dessert pour qu’on puisse rentrer plus vite et qu’on se retrouve chez nous, sans personne autour ? » « Oh, tu sais, moi, je n’ai pas très faim mais vas-y, fais-toi plaisir, ma chérie (dépêche-toi de commander, dépêche-toi de bouffer et qu’on en finisse !) » « Je suis tellement contente qu’on passe la soirée ici, mon chéri. »

« (J’espère que tout à l’heure, Laurent m’enverra le SMS pour dire que je dois retourner au bureau. Avec ce qu’on a décidé, normalement ça devrait être imparable, elle n’y verra que du feu.) Oui, ma chérie, tu as eu une bonne idée de réserver dans ce restaurant (super cher), je suis ravi, moi aussi (tu parles, de toute façon, elle me le paiera !) »

Évidemment, c’est quand on est pressé d’en finir que les choses s’éternisent. Là, ça pourrait être le serveur qui tarde à prendre la commande. Ou la cuisson du plat de madame qui a forcément choisi un plat un peu sophistiqué « Ce n’est pas tous les jours, fête ! » avec des langoustines, du poisson et plein d’autres trucs qui ne nourrissent pas son homme.

Pendant le dessert, le SMS tant attendu arrive : « Paul, rappelle-moi, urgence au bureau ! » « Pardon ma chérie, il faut que je rappelle Laurent, il vient de m’envoyer un SMS, il y a urgence… » « Oh non, zut ! » « Allo ? Laurent ? Oui, qu’est-ce qui se passe ? … … … Merde, tu as bien fait de m’appeler, j’arrive. Je raccompagne ma femme et j’arrive. »

« Chéri, c’est vraiment dommage mais je vais t’attendre au fond de notre lit. Avec un peu de chance, tu seras revenu dans moins d’une heure. » « J’espère, ma chérie ! (Tu parles, avec ce que je lui ai fait boire, elle va s’écrouler comme une masse. D’ailleurs, ça lui va bien, ça, comme une masse !) » « Ouh la la, j’ai la tête qui tourne, tu fais bien me ramener. »

Une fois madame rentrée chez elle, il est urgent pour Paul de prévenir sa maîtresse qu’il sera chez elle dans moins d’un quart d’heure. « Je t’attends mon amour. Je nous ai préparé un dîner spécial St Valentin avec des langoustines, entre autres, mon amour ! Je suis si contente, je suis impatiente que tu arrives. » « À toute ! (Bon sang, la prochaine, j’en choisirai une qui n’aime pas le poisson.)»

Et c’est comme ça que Paul est capable de passer une double soirée de St Valentin : l’une avec sa femme qu’il n’aime plus et l’autre avec sa maîtresse, dont il se demande s’il ne ferait pas mieux d’en changer, elle ressemble vraiment de plus en plus à sa femme.