C’est probablement la première fois que je vais faire une passerelle d’un blog à l’autre. Oui, parce que parmi mes lecteurs, même peu nombreux, 100% d’entre eux ignorent que je tiens un deuxième blog, nettement différent de celui-ci, pour personnes initiées car très orienté. C’est un blog dans lequel je ne parle jamais des gilets jaunes. Dans lequel je ne parle jamais des djihadistes. Dans lequel je ne parle jamais de Laeticia Hallyday. Dans lequel je ne parle jamais des cégétistes. Dans lequel je ne parle jamais de Nicolas Dupont-Gnangnan (Dupond et Dupont à lui tout seul !) et dans lequel je n’évoque jamais les amours incestueuses entre Marine Mélenchon et Jean-Luc Le Pen.

Pourquoi l’évoquer aujourd’hui, ce deuxième blog clandestin à ne pas mettre en toutes les mains ? Parce que dans le billet d’hier, de ce petit matin, plutôt, j’y suis en garde à vue. Ça m’a pris comme ça. Je suis auditionné pour des choses répréhensibles mais limite anodines. Juste des attitudes et des propos qui pourraient choquer. Ça ne me ressemble guère, pourtant. Mais bon, on a chacun droit à un moment d’égarement, si léger soit-il, amen. Et le mien l’était vraiment, léger. Bon, comme faute avouée est à moitié pardonnée, je ne vais pas réciter deux pater et trois ave car je n’y croirai pas moi-même mais l’intention y est. Et là, on peut dire que pour une fois, je suis de bonne foi.

Comme je ne suis pas chien, je vais publier ici un extrait de ce billet « garde à vue » : Alors, on va reprendre : nom, prénom, date de naissance, profession, adresse, mon petit monsieur. Oui, je m’appelle… je suis né le… je suis sur le point de m’arrêter de travailler… je suis dans l’administratif, gestionnaire de stocks chez un mareyeur… j’habite à …

C’est bien non ? Ça donne envie, hein ?

Vous savez pourquoi vous êtes ici ? Oui, monsieur le policier. Je sais que j’ai dépassé certaines bornes mais si je ne m’en suis pas rendu compte, sur le moment, j’en ai pleinement conscience, désormais. Je ne cherchais pas à lui nuire.

Vous reconnaissez donc que vous avez tenté d’approcher monsieur… de… à la fois sur le salon de… où il participait sur un stand associatif et auprès de son domicile puisque vous l’avez suivi en bus jusque chez lui. Oui, monsieur le policier, je reconnais tout ça et je le regrette.

Mon Dieu, quel suspense, je trouve ! Il faudrait vraiment que j’écrive très mal pour que personne ne ressente la tension et les regrets mêlés qui sont dans ces trois passages. Mais attendez, ce n’est pas tout :

Je vous le répète pour que vous le vous rentriez bien dans votre petite tête, mon petit monsieur, vous allez d’abord présenter vos excuses à monsieur… de… Non pas de vive-voix car je pense qu’il est préférable pour vous deux de ne pas vous mettre face-à-face. Oui, monsieur le policier.

Ensuite, vous allez signer un document comme quoi vous reconnaissez les faits et que vous ne recommencerez plus. On va être indulgent avec vous car vous n’avez aucun antécédent. Merci monsieur le policier. Mais ce n’est pas tout.

Vous allez également être interdit d’approcher de monsieur… à … En gros, je vous conseille de faire profil bas et de ne plus venir dans cette ville ni au salon annuel de… D’accord, monsieur le policier. Compris ? Compris, monsieur le policier. Je regrette vraiment, si vous saviez.

Bon, voilà. Je voulais juste dire que je suis comme ça, moi, je suis double. J’ai besoin d’avoir plusieurs vies. J’ai besoin de me créer des légendes. De m’inventer des personnages et c’est ça qui fait que je ne suis jamais sombré dans la folie (mais non, je ne suis pas fou !) ni dans la dépression (j’ai super peur du présent et de l’avenir mais à part ça, ça va, merci !) et bon, puisqu’on en est au stade des confidences, je pense que je me suis vachement livré, ce midi. Peut-être parce qu’il fallait que je vive autrement le temps d’un billet, que je sois totalement moi, pour une fois. Que je sois intégralement tous les Stéphane que je suis, les apparents comme les bien cachés. Et concernant l’autre blog, inutile d’insister, pour venir me lire dans le deuxième blog, il faut une carte de membre. De membre actif.