Bonjour Gilles et John, puis-je vous poser quelques questions au sujet du grand débat national ?

Bonjour, uniquement si vous n’êtes pas journaliste et si ça vous fait plaisir de nous revoir. Sinon, non.

Oui, je confirme que je ne suis pas journaliste, juste un sociologue qui s’intéresse de près à votre mouvement et à la pertinence qu’il a.

Dis-moi, Gilles, c’est bien pour nous, un sociologue ?

Je pense, John, sinon, on le fout dehors. On n’a qu’à dire que oui. On va bien voir en fonction des questions.

Oui, donc, on va voir en fonction de vos questions mais si elles ressemblent à des questions de journalistes de BFM ou de France Télévisions, on vous foutra dehors sans préavis.

Ouais, sans préavis.

Pas de danger, je suis indépendant. Bon, sur le grand débat national, vous avez peut-être des choses à dire.

Ouais. On n’y croit pas.

On est même contre.

Ouais, on est contre.

Ouais, parce qu’on n’y croit pas.

Mais pourquoi n’y croyez-vous pas ?

Pourquoi qu’on n’y croit pas ? T’entends ça, Gilles ? Y demande pourquoi qu’on n’y croit pas !

Ouais, faut l’entendre pour le voir !

On n’y croit pas parce qu’on sait que les questions, elles sont truquées et les réponses, on les connaît déjà, on les connaît d’avance.

Ah oui ? Quelles sont-elles les réponses, alors ?

On s’en souvient plus mais elles sont déjà connues et pas seulement de nous deux.

De tout le mouvement des agiles et jeunes et des cas soc’, même.

Mais, vous avez le droit de parler de tout, c’est comme le début du référendum d’initiative citoyenne.

Non, monsieur je-sais-tout, ça n’a rien à voir avec le référendum citoyen car là, c’est Macron qui pose les questions et nous, on veut que ça soit nous qui les posent, les questions.

Et on veut que ça soit nos réponses qu’on doit répondre, pas celles que le gouvernement y veut entendre.

Oui mais là, ça veut dire que vous n’êtes pas du tout dans une démarche démocratique.  Vous n’avez pas peur de vous trouver confronter à la vindicte populaire ?

Pff ! D’abord, le peuple, c’est nous, ils l’ont dit dans Face Book et les vindictes, ils peuvent être vingt, trente, cent ou cent mille, on se laissera pas impressionner.

Ouais. Non, ce qu’on veut, c’est nos questions et nos réponses. Pas plus, pas moins. Le reste, c’est de la groupie de chansonnier.

Donc, c’est impossible d’avancer dans une notion de dialogue.

Si, mais uniquement dans ce qu’on vient de vous dire. Sinon, ça vaut pas la peine de continuer.

Bon, c’est nettement plus clair moi, maintenant et je vais donc pouvoir relayer ça auprès de…

Relayez auprès de tous ceux qui ne pensent pas comme nous, ça va vous occuper un bon bout de temps mais là, il faut qu’on y aille, hein, John ?

Ouais, Gilles, on a manif dans moins d’une heure et on n’est pas encore prêts.