Alors, je t’aime.

Il paraît qu’il ne faut pas hésiter à le dire. À lui dire. Quand on aime quelqu’un, il faut lui dire qu’on l’aime. Sinon, ça peut passer à côté. On croit que, on se dit que, on pense que. Et dans ces cas-là, on croit mal, on se dit mal et on pense mal. Toujours un peu à côté de la plaque. Voire à côté de la claque, quand on est un peu trop buté dans ses certitudes. Alors que justement, aimer, c’est douter. Aimer, c’est hésiter chaque instant de chaque jour. C’est n’être jamais sûr de rien. Rien n’est jamais acquis à qui ? À qui pourrait penser le contraire. En amour, on ne peut et on ne doit pas, jamais être en terrain conquis. Même si on adore l’autre. Même si, en terrain conquis, j’t’adore.

Alors, peut-être que tu m’aimes.

Jamais, jamais, jamais dans ma vie, je n’ai été sûr de moi quand j’ai aimé. Ni quand j’ai pu dire je t’aime. Un peu. Beaucoup. Passionnément. Voire à la folie. Peut-être  une ou fois presque pas du tout mais ça ne comptait pas parce que je n’étais pas vraiment sûr de moi. Ou alors, je me suis lassé. Ce qui n’est vraiment pas arrivé souvent car, de toute évidence, quand j’aime, j’aime pour longtemps. Même loin des yeux. Parce que, avec moi, ce n’est jamais tout à fait loin du cœur. Loin s’en faut. Il y a toujours une place en moi pour celles et ceux que j’ai aimés, celles et ceux que j’aime, celles et ceux que j’aimerai. Silencieusement. Dans mon jardin secret. À l’abri de jardin secret.

Alors, je pense qu’on s’aime.

Aimer, c’est ce qu’il y a de plus beau, disait la chanson. Avec plein de Roméo et pas mal de Juliette. Moi, je pense qu’aimer, c’est peut-être avant tout ce qu’il y a de plus difficile. Être à la hauteur. Surtout quand on ne dépasse pas le mètre soixante-dix. Mais comme on dit aussi que ce n’est pas la taille qui compte… Le principal, c’est d’être en odeur de sainteté auprès de l’être aimé. Pour que l’un soit l’élu de l’autre et réciproquement. Donc, ce n’est pas la taille qui compte mais l’odeur de sainteté. Et au vu de tout ça, je peux dire avec certitude que je crois que je t’aime. Que j’aime toi et moi. Que je nous aime. Que je nous ai follement aimés. Et que j’ai encore envie de nous aimer.

Alors, on t’aime.