Je ne suis pas comme Barbara, je ne sais pas s’il y aura du monde à mon enterrement. D’abord parce qu’il n’est pas prévu que je me fasse enterrer. Loin de moi de prétendre à quelque ridicule et vaine éternité, même pour tout l’or du monde, pas plus que pour tous les chevaux de tous les manèges, je ne voudrais rempiler. Je sais que je n’ai même pas cette curiosité de vouloir me projeter dans un futur quelconque pour voir comment les choses se passent. Et qu’y retrouverais-je ? Bah, personne qui ne m’est assez cher mais surtout, pour qui je sois assez cher. Que voulez-vous, les sentiments, l’amour, l’amitié, tout ça n’a pas de prix. Je n’ai surtout pas envie de voir les choses continuer de partir dans une direction qui n’est pas forcément celle que j’aurais choisie, moi.

Et surtout, je ne serai pas enterré. Jamais. Plutôt mourir. Non, je préfère la chaleur d’une incinération même si je sais que personne ne s’y réchauffera les mains en chantant qu’Untel est de retour, alléluia et tout ce genre de choses. Ce ne sera ni un feu de camp ni un feu de joie et pourtant, pourtant, pourtant… Pourquoi ne pas envisager la chose. Un barbecue avec des brochettes, une bonne bouteille de vin rosé, bien frais, qu’on boirait à la santé de qui j’ai été. S’il y en avait quelques-uns pour venir me dire au revoir, ça, ça n’aurait pas été pour me déplaire. Mais bon, je préfère qu’il n’y ait personne ou juste le strict minimum. Pas d’imposteur, s’il vous plaît. Pas d’intéressé(e) non plus, je vous prie. Pas d’hypocrite, non plus. Et tant qu’à faire, pas de menteur. Pourquoi ?

Parce que, on le sait très bien, un seul être vous mente et tout est… tout est triste comme la misère. Triste comme un inconsolable chagrin. En même temps, je ne serai plus là pour voir, vérifier ou m’étonner. Mais tant qu’à faire, j’aimerais mieux que les choses se fassent le plus simplement du monde. Et qu’on n’hésite pas sur le minuteur du four. Je préfère être incinéré trop cuit que pas assez. Quelque part, ça me rassure de penser ça. Et pour la tenue ? Je ne suis pas du genre à prévoir ces choses-là. Qu’on me brûle ave le minimum. Un pagne, ça aurait de la gueule mais je n’en ai pas. Tout nu avec mes écrits : poèmes, lettres et blogs ? Ce n’est pas mal, ça, oui, je trouve que ce n’est pas mal du tout. Tout doit disparaître avec moi dans mon cercueil en carton et mon posthume trois-pièces.