Hier, j’ai évoqué mon incinération (valable uniquement quand je serai constaté mort car, évidemment, tant que je suis présumé vivant, ça ne compte pas) et aujourd’hui, j’aimerais évoquer ce qui suivra cet événement, quand il aura eu lieu. Et je vous le demande, en cent comme en mille, qu’est-ce qui suit des funérailles ?  Allez, je vous laisse chercher quelques minutes mais pas plus car je suis vraiment trop impatient de vous donner la réponse. Je brûle d’envie (ça tombe bien) de parler de ce que j’ai sur le bout de la langue et qui sera l’objet de ce billet.

Oui, il s’agit donc de l’ouverture de mon testament. Et, si les choses se produisent dans leur ordre naturel, logiquement, je devrais être veuf avant de mourir moi-même. Mais je ne veux pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, on ne sait jamais, si c’est moi qui pars le premier, c’est le président qui héritera de ma fortune, celle du pot. Mais si, de nous deux, je suis le dernier vivant, alors, il faudra que je me tourne vers ma descendance. Comme je n’en ai pas, je referai demi-tour pour voir avec mon ascendance. Et là, en toute logique, je n’en aurai plus non plus.

Pardon, papa et maman, mais j’ai bien précisé que c’était en toute logique. Loin de moi de vouloir vous faire disparaître comme ça, d’un simple claquement de doigts. Et donc, il me restera les collatéraux et là, j’en ai. Un grand frère et un « petit » frère, ce dernier ayant deux enfants. Et oui, ce seront ces trois-là qui récupèreront ce qui leur reviendra, impôts et frais compris. Mais là, je ne parle que de ce qui est matériel. Il y a tout le reste. Et c’est le reste qui m’intéresse le plus car là, je peux en faire totalement ce que je veux, sans dépendre qu’une quelconque loi officielle.

Pour ce qui est de ce qui m’a pourri la vie pendant près de 40 ans, jusqu’à il y a deux ou trois ans, il y a les migraines et je les lègue toutes à la CGT, toutes, oui, celles que j’ai subies pendant bien trop de temps et celles, plus rares, qui sont encore à venir, comme aujourd’hui, ce qui rend cette journée exceptionnelle mais pas dans le bon sens du terme. Pour ce qui est de mon sentiment d’avoir été un grand incompris, je me tâte entre le léguer à Mélenchon ou à Christian Jacob. Même si Éric Ciotti pourrait en prendre une part non négligeable, lui aussi. On n’a qu’à le couper en trois.

Après, je pense avoir eu un certain sens de l’humour et un grand sens de l’à-propos et je me vois bien en faire don à la France Insoumise en général. Quant au Rassemblement National, que je ne souhaite absolument pas déshériter, je lui ai gardé toutes les autres maladies qui m’ont empêché de bien vivre : reflux gastro-œsophagien, entorses diverses, sommeil souvent perturbé… Et à Marine Le Pen, en particulier, je lègue mes boutons de fièvre et mes endoscopies qu’on peut facilement transformer en coloscopies. Après tout, ce ne sera qu’un prêté pour un rendu. 

Après, il y a tout mon patrimoine intellectuel et là, j’envisage sérieusement de tout donner à Laeticia Halliday qui sera en charge de le dispatcher aux membres de sa famille et de le faire fructifier et d’en récolter les bénéfices. Nulle autre qu’elle n’aura le droit d’utiliser mes écrits, mes pensées, mes poèmes… C’est la seule capable de gérer ça d’une main ferme et définitive. Non pas que je le pense vraiment, non, bien sûr, mais c’est pour faire chier ceux qui auraient envie de mettre leur nez et leur grain de sel dans mes affaires. Après tout, elle ou peigner la girafe, hein ?...

Il me reste une dernière chose à répartir équitablement : mes arrière-pensées et mes idées salaces. Je crois que le mieux à même de recevoir mes arrière-pensées, c’est Chouchou. Je ne vais pas lui demander son avis, je vais le coucher d’autorité dans mon testament à la rubrique « très personnel » et enfin, pour mes idées salaces, je sais très bien qui est à la hauteur pour les récupérer, je vais les prévenir verbalement après que chaque bénéficiaire m’aura prouvé que j’ai fait le bon choix. Et je peux vous dire que ce n’est pas sur le papier que je vais les coucher… Je ne sais pas pourquoi mais ça m’est venu à l’esprit comme une évidence, cette idée-là.