Je crois que je désabuse un peu. C’est vrai. Loin de moi de minimiser cette belle victoire de l’équipe de France dans le Mondial de Foot 2018 mais quand même, on ne peut pas dire que… Non, j’ai dit que je n’allais pas critiquer. Non, même hier, je trouve que leur retour triomphal sur l’autoroute, sur les Champs Élysées et même au palais du même nom, c’était sympa, parfois émouvant et surtout, très joyeux. Bon, je reconnais que moi, les fumigènes, je ne suis pas trop beaucoup pour, j’ai même envie de dire un peu beaucoup contre mais bon, si ça leur fait plaisir… En même temps, comme le dit si bien monsieur Macron, c’est surtout eux qu’ils ont gêné avec les fumées dégagées car ça les empêchait de bien voir leurs nouvelles idoles païennes. Et ça les faisait un peu tousser, ces dernières, d’ailleurs, m’a-t-il semblé. Quant à leur entrée dans les jardins de l’Élysées, il y en a qui ont fait le show et c’est vrai que ça donnait envie d’y être. De partager la joie de Brigitte M.

Je crois que je désabuse beaucoup. Parce que comme il y avait un peu trop de vent, vers 17h30, hier, sur la terrasse, je n’ai pas pu y rester pour lire tranquillement. Je n’aime pas quand le vent me coupe la parole ou la lecture. Alors, je suis entré dans le séjour et j’ai vu que mon vieux copain, le canapé, me tendait les bras et je suis allé m’allonger sur lui mais je vous rassure, ça n’avait rien de sexuel. Je ne suis pas fétichiste des canapés. Et là, comme j’avais un coup de moi, j’ai choisi de me la couler douce en allumant la télé. Sur TF1, les Bleus qui s’apprêtaient à partir de Roissy en direction de Paris. Sur France 2, le bus des bleus qui partait de Roissy en direction de Paris et ensuite, le bus qui roulait sur l’autoroute en direction de… Et les commentaires dignes du plus grand sans intérêt des journalistes et leurs invités. Et ça a duré, duré, duré… Si encore j’avais pu m’endormir devant, ça n’aurait pas changé ma vie d’en rater quelques dizaines de minutes…

Je crois que je désabuse passionnément. Quand je vois que la prise d’antenne a duré toute l’après-midi et jusqu’au soir, je me dis qu’on nous gave. On est contents, oui, d’accord mais il n’y a pas que ça. J’ai réellement frisé l’overdose. Et outre le fait que j’ai pris vingt ans depuis notre précédente mais néanmoins première étoile de la Fifa, je crois que ce qui a changé le plus, c’est notre rapport à la communication, les réseaux sociaux, les chaînes d’information et les autres qui informent aussi, à outrance. Et ça, ça n’est plus possible. Laissez-nous respirer. À la limite, qu’on nous montre des images, d’accord mais taisez-vous, pitié, taisez-vous. Et assez de ces intervenants venus de tous les horizons. Oui, je suis un peu marri quand je pense à tout ça. J’aime quand le peuple est content mais je préfère quand il n’est pas trop moutonnier quand même. Et là, je pense qu’il y a encore du chemin à faire. Mais peut-être recherche-t-il un peu ça, le peuple, surtout quand il est heureux.